Garoua : un incendie électrique détruit 16 batteries, les pompiers sauvent le quartier
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Ce dimanche 28 juin 2026, un incendie d’origine électrique a ravagé une baie de 16 batteries au quartier Roumde Adjia à Garoua ; l’intervention rapide des pompiers de la 301ᵉ Compagnie d’Incendie a permis d’éviter une propagation catastrophique et de sauver des vies, mais les dégâts matériels sont considérables.

LE RÉVEIL EN SURSAUT

Il est 6h12, ce dimanche 28 juin 2026, à Garoua, la capitale du Nord. La ville s’éveille à peine. Dans le quartier populaire de Roumde Adjia, en face de la cartoucherie, une épaisse fumée noire commence à s’élever au-dessus des toits. Les premières flammes jaillissent d’une baie contenant 16 batteries électriques. Le feu gronde, les étincelles crépitent. En quelques minutes, la chaleur devient suffocante.

Les appels affluent au centre de secours. À la 301ᵉ Compagnie d’Incendie, les soldats du feu s’élancent, sirènes hurlantes. Ils savent que chaque seconde compte. Une explosion est imminente. Si les flammes atteignent les batteries voisines, c’est tout le quartier qui risque de brûler.

Mais ce matin, la chance est du côté des habitants. Les pompiers arrivent à temps. Leur intervention, rapide et maîtrisée, stoppe net l’incendie. Bilan : aucun mort, aucun blessé. Mais des dégâts matériels importants. Une fois de plus, l’électricité, ce bien si précieux, se révèle être un danger mortel quand on la néglige.

Ce récit, presque ordinaire, est pourtant un signal d’alarme. À Garoua, comme dans tout le Cameroun, les installations électriques vieillissantes et les équipements mal entretenus sont des bombes à retardement. Ce matin, le pire a été évité. Mais demain ?

Un incendie dans un quartier stratégique

Roumde Adjia est un quartier animé de Garoua, connu pour ses petites entreprises, ses ateliers et ses habitations densément peuplées. En face de la cartoucherie, une zone où se concentrent des activités artisanales et industrielles, une baie de batteries – probablement utilisée pour le stockage d’énergie ou l’alimentation de groupes électrogènes – a soudainement pris feu.

Les causes : un court-circuit, une surchauffe, un câble dénudé ? L’origine électrique ne fait aucun doute, mais les circonstances précises restent à élucider. Ce type d’incident est malheureusement courant dans les villes camerounaises, où le réseau électrique est souvent instable, où les branchements sauvages pullulent, et où la maintenance des équipements est parfois négligée.

L’intervention des soldats du feu : une course contre la montre

Alertés par de multiples appels, les éléments de la 301ᵉ Compagnie d’Incendie de Garoua se sont déployés en moins de dix minutes. Sur place, le spectacle est impressionnant : les flammes léchent déjà le plafond de la baie, des batteries explosent les unes après les autres, projetant des débris incandescents.

« Dès notre arrivée, nous avons établi un périmètre de sécurité et déployé les lances à eau sous pression. L’objectif était d’empêcher la propagation aux bâtiments voisins et de refroidir les batteries intactes pour éviter une réaction en chaîne. » confie un sous-officier, essuyant la sueur sur son front.

Grâce à leur professionnalisme, les pompiers maîtrisent l’incendie en moins de 45 minutes. Aucune flamme n’a atteint les maisons d’habitation ou les ateliers proches. Mais à l’intérieur de la baie, c’est un champ de ruines : les 16 batteries sont calcinées, les câbles fondus, la structure métallique tordue par la chaleur.

Un bilan humain nul, mais des pertes matérielles lourdes

« Nous avons eu de la chance. Personne n’est mort. Personne n’a été brûlé. » se félicite le chef de quartier, encore sous le choc. Les habitants, réveillés par les déflagrations, se sont rassemblés à distance, certains en larmes, d’autres serrant leurs enfants contre eux.

Mais le propriétaire de la baie, un petit entrepreneur, fait grise mine. Le coût des batteries, des équipements de stockage et des réparations se chiffre en millions de FCFA. Un coup dur pour une activité déjà fragilisée par la conjoncture économique.

« C’est tout mon investissement qui part en fumée. Je ne sais pas comment je vais faire pour rembourser mes dettes. » confie-t-il, la voix brisée.

L’électricité, un danger sous-estimé

Cet incendie est un nouvel avertissement. À Garoua, comme dans toutes les grandes villes camerounaises, les incidents électriques sont monnaie courante : surtensions, courts-circuits, installations vétustes, absence de mise à la terre. Les statistiques officielles, quand elles existent, montrent une hausse des sinistres d’origine électrique, en particulier en saison sèche.

Le commandant des pompiers de Garoua lance un appel : « Nous devons tous prendre conscience que nos installations électriques ne sont pas éternelles. Un simple câble usé peut mettre le feu à tout un immeuble. Vérifiez vos prises, remplacez vos équipements défectueux, faites appel à des électriciens qualifiés. »

Une réponse institutionnelle attendue

Alors que les autorités locales se sont rendues sur place, promettant une enquête pour déterminer les responsabilités exactes, des voix s’élèvent pour réclamer des campagnes de sensibilisation et des contrôles obligatoires des installations électriques, en particulier dans les zones artisanales et commerciales.

Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, interrogé par nos confrères, a rappelé que le gouvernement travaille à un programme national de sécurisation du réseau électrique. Mais sur le terrain, les habitants attendent des actes concrets.

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