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© Camer.be : Paul Moutila
- 28 Jul 2026 00:05:35
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Cameroun - Samuel Mvondo Ayolo : « Biya n'est pas hospitalisé »
Samuel Mvondo Ayolo dément l'hospitalisation de Paul Biya en Suisse. Le président de 93 ans serait en bonne santé, mais son absence record de 50 jours alimente les spéculations.
Le directeur du Cabinet civil de la présidence affirme que Paul Biya n'est pas hospitalisé et se porte bien, alors que le chef de l'État de 93 ans entame son 50e jour d'absence du Cameroun un démenti qui soulève autant de questions qu'il n'en résout.
« Paul Biya n'a jamais été hospitalisé en Suisse. » La déclaration est ferme. Elle émane de Samuel Mvondo Ayolo, l'un des hommes les plus proches du président camerounais. Pourtant, ce démenti, aussi catégorique soit-il, intervient alors que le chef de l'État de 93 ans est absent du Cameroun depuis cinquante jours son plus long séjour à l'étranger depuis son accession au pouvoir en 1982. Alors, simple séjour privé ou opacité soigneusement entretenue ? Plongée dans les coulisses d'une communication présidentielle qui alimente plus de doutes qu'elle n'en dissipe.
Un démenti qui vient de très haut
C'est par la voix de Samuel Mvondo Ayolo, ministre directeur du Cabinet civil de la présidence, que le Cameroun a répondu aux rumeurs. Interrogé par Jeune Afrique, le proche collaborateur de Paul Biya a assuré que le chef de l'État « n'a jamais été hospitalisé en Suisse » et qu'il est en « très bonne santé ».
Un démenti qui fait écho à un communiqué officiel du 18 juin 2026, signé par le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, qui qualifiait les informations de Jeune Afrique de « conjectures malveillantes et infondées ».
Ce que dit Jeune Afrique
Le magazine panafricain a pourtant enquêté. Dans un article intitulé « Paul Biya en Suisse : coulisses d'un nouveau séjour médical du président camerounais », il affirme que le chef de l'État a été « pris en charge dans une clinique privée de Genève » depuis le 7 juin 2026.
Selon Jeune Afrique, ce séjour médical fait suite à un malaise survenu lors de la fête nationale du 20 mai. Certaines sources évoquent même une chute lors de la réception au palais d'Etoudi. L'article précise que le séjour, initialement prévu pour deux semaines, a été prolongé.
La position du gouvernement : un démenti qui laisse des zones d'ombre
Le gouvernement camerounais confirme bien que Paul Biya se trouve à Genève. Mais il précise qu'il « ne séjourne nullement dans un quelconque établissement hospitalier » et que son état de santé « ne nécessite point une prise en charge médicale » dans les proportions évoquées par le magazine.
Mais c'est une phrase du communiqué qui retient l'attention : « Quand bien même le chef de l'État pourrait légitimement saisir l'opportunité de son séjour à Genève pour envisager de simples consultations médicales ».
En reconnaissant la possibilité de consultations médicales, le gouvernement entretient le flou et n'écarte pas totalement l'idée d'un suivi médical.
Cinquante jours d'absence : un record qui interroge
Le 27 juillet 2026 marque le 50e jour du séjour de Paul Biya en Suisse. Un record pour le président camerounais, qui n'était jamais resté aussi longtemps hors du pays depuis son accession au pouvoir.
Cette absence prolongée, couplée à une communication minimaliste, alimente toutes les spéculations. Pourquoi un séjour aussi long ? Pourquoi aucun retour annoncé ? Pourquoi tant de flou ?
Samuel Mvondo Ayolo, le porte-voix du président
À 93 ans, Paul Biya est le plus vieux président en exercice au monde. Il est au pouvoir depuis 1982, soit plus de 44 ans. Samuel Mvondo Ayolo, ministre directeur du Cabinet civil, est l'un de ses plus proches collaborateurs. Il est régulièrement chargé de rassurer l'opinion sur la santé du chef de l'État, comme il l'avait déjà fait en octobre 2024 en démentant des rumeurs de décès.
Le poids du silence et les risques politiques
Au Cameroun, la santé de Paul Biya est l'un des sujets les plus sensibles de la vie publique. Chaque rumeur, chaque démenti ravive les interrogations sur la continuité du pouvoir dans un pays dirigé depuis plus de quatre décennies par le même homme.
L'absence prolongée du président, couplée à une communication jugée insuffisante, nourrit un sentiment d'incertitude. Pour les observateurs, cette situation est un test grandeur nature pour le régime camerounais : que se passerait-il si le président venait à disparaître ? La machine étatique est-elle prête ?
Jeune Afrique contre-attaque
Face au démenti cinglant du gouvernement, Jeune Afrique maintient ses informations. Le magazine, qui jouit d'une notoriété établie en Afrique francophone, a vu ses méthodes mises en cause par Yaoundé, qui l'accuse de s'être éloigné des « principes élémentaires du journalisme professionnel ».
Un affrontement entre la presse d'investigation et le pouvoir qui illustre les tensions entre transparence et opacité.
Les leçons d'une communication de crise
Cette affaire illustre les limites de la communication officielle camerounaise. En multipliant les démentis sans apporter de preuves tangibles (photos, vidéos, apparitions publiques), le gouvernement alimente involontairement les rumeurs qu'il entend combattre.
Le paradoxe est frappant : plus on dément, moins on est cru. Dans un contexte de défiance généralisée, la transparence serait sans doute la meilleure des stratégies. Mais le régime Biya, depuis toujours, privilégie le secret.
Un mystère qui s'épaissit
Alors que Paul Biya entame son 51e jour en Suisse, la question demeure : séjour privé ou hospitalisation discrète ? Le démenti de Samuel Mvondo Ayolo est clair. Mais l'absence de preuves, la durée record du séjour et les informations contradictoires entretiennent le doute.
Une chose est sûre : cette affaire, au-delà de la santé d'un homme, interroge sur la transparence du pouvoir et la capacité du Cameroun à gérer une transition. Et cela, aucun communiqué officiel ne pourra le dissiper.
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