Bafia : plusieurs morts dans un accident, le pays pleure encore
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Collision frontale entre un véhicule de la police de prévention routière et un minibus de transport urbain au pont d’Ebenda : un bilan provisoire fait état de plusieurs morts et de nombreux blessés, plongeant la localité de Bafia et tout le Cameroun dans une nouvelle vague d’émotion.

Le soleil se levait à peine sur la région du Centre quand le choc a retenti. Un bruit sourd, déchirant, suivi du crissement du métal froissé. Sur la route qui relie Yaoundé à Bafia, au niveau du pont d’Ebenda, deux véhicules viennent de se percuter de plein fouet. L’un transportait des agents chargés de la prévention routière. L’autre, un transport en commun, bondé de passagers qui commençaient tout juste leur journée.

« J’ai entendu une explosion, puis des cris. Des gens couraient partout. » Le témoignage, glaçant, d’un habitant de Kon-Yambetta résume l’horreur de ce qui s’est joué ce matin sur la nationale.

Pendant que les sirènes des secours déchirent le silence, les familles attendent, anxieuses, dans les hôpitaux de la région. Les premiers bilans sont lourds. Le Cameroun, une fois de plus, se réveille endeuillé. Les images de la tôle froissée et des corps allongés sur le bitume font le tour des réseaux sociaux, ravivant la colère et la douleur face à l’insécurité chronique des routes camerounaises.

Contexte : une route, des morts, une répétition sans fin

Le Cameroun est régulièrement secoué par des accidents de la route d’une violence inouïe. L’axe Yaoundé-Bafoussam, dont dépend la portion Bafia-Kon-Yambetta, est tristement célèbre pour son nombre d’incidents mortels. Le drame de ce matin au pont d’Ebenda n’est, hélas, que le dernier épisode d’une série noire qui ne cesse de endeuiller le pays.

Selon les premières informations parvenues à notre rédaction, un véhicule de la Police de Prévention Routière, en patrouille sur l’axe, aurait percuté de plein fouet un véhicule de transport urbain. Le choc, d’une rare violence, a projeté les deux engins sur le bas-côté, dans un amas de ferraille et de débris.

Un drame à plusieurs niveaux : des policiers et des civils fauchés

La collision a coûté la vie à plusieurs personnes. Parmi elles, des agents de la police de prévention routière, venus pour assurer la sécurité des usagers, ainsi que le conducteur du véhicule de transport en commun et plusieurs passagers. Les corps sans vie, encore prisonniers des carcasses, ont été extirpés par les sapeurs-pompiers sous les regards hagards des témoins.

« Ils étaient là pour nous protéger. Comment se fait-il qu’ils soient les premières victimes ? » s’interroge un habitant de Bafia, le visage marqué par l’incrédulité. Cette question, douloureuse, résonne comme un symbole de l’échec des politiques de sécurité routière.

Un lourd tribut pour les familles

Alors que les opérations de secours se poursuivent, les hôpitaux de Bafia et de Yaoundé accueillent les blessés, dont l’état est jugé préoccupant par les équipes médicales. Les proches, dans l’angoisse, tentent d’obtenir des nouvelles. Sur place, des scènes de désolation : des femmes en pleurs, des hommes abattus, des enfants orphelins qui ne comprennent pas encore pourquoi leur père ou leur mère ne reviendra pas à la maison.

« Chaque jour, c’est une nouvelle famille qui entre en deuil. C’est une hécatombe. » Ce cri du cœur, partagé par des milliers de Camerounais sur les réseaux sociaux, résume l’impuissance collective face à ce fléau.

L’état des routes et la vitesse en question

Si les causes exactes de l’accident restent à déterminer, plusieurs pistes sont privilégiées par les enquêteurs. La vétusté de la route, le manque de signalisation, et surtout, les excès de vitesse sont pointés du doigt. Le pont d’Ebenda, situé sur la Sanaga, est un passage étroit et dangereux, où les dépassements hasardeux et les vitesses excessives sont monnaie courante.

Selon un rapport de la gendarmerie, 47 personnes avaient déjà trouvé la mort dans un accident près de Bafia, tandis que d’autres drames, comme la noyade de neuf personnes après une cérémonie de dot, ont endeuillé la région en avril dernier. La région du Mbam-et-Inoubou, dont Bafia est le chef-lieu, est un véritable coupe-gorge.

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