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© Camer.be : Toto Jacques
- 28 Apr 2026 10:41:05
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Mort du ministre bangladais : le paludisme camerounais frappe en plein sommet mondial :: CAMEROON
Le paludisme cérébral a tué un ministre en exercice. Mahbubur Rahman, ministre bangladais du Commerce, est mort le 17 avril 2025, à l'hôpital, des suites d'un paludisme contracté lors d'un déplacement officiel à Yaoundé. Une mort qui aurait pu être évitée.
Ce qui s'est passé : un sommet, une conférence, un drame
La conférence mondiale du commerce s'est tenue au Cameroun du 26 au 29 mars 2025. Mahbubur Rahman, 58 ans, faisait partie de la délégation officielle du Bangladesh. Quelques jours après son retour, il s'est effondré. Le diagnostic tombe : paludisme cérébral, la forme la plus mortelle de la maladie.
Sa famille révèle un fait accablant : le ministre n'avait reçu aucun briefing sur les risques sanitaires au Cameroun. Aucune prophylaxie. Aucune mise en garde. Rien.
Pourquoi le Cameroun représente un risque sanitaire majeur
Le Cameroun n'est pas un pays à risque modéré. Avec un taux de prévalence du paludisme d'environ 26 %, il figure parmi les douze nations les plus touchées au monde. En 2023, plus de deux millions de cas y ont été recensés, pour 1 756 décès officiellement enregistrés.
Le paludisme au Cameroun est endémique, permanent, et particulièrement agressif dans les zones urbaines et forestières. Les visiteurs étrangers surtout originaires de zones non endémiques comme le Bangladesh n'ont aucune immunité acquise. Leur vulnérabilité est totale.
Comment le paludisme cérébral tue : un mécanisme implacable
Le paludisme cérébral se définit comme une complication neurologique grave de l'infection à Plasmodium falciparum. Sans traitement immédiat, il provoque des convulsions, un coma, puis la mort dans 15 à 25 % des cas même après hospitalisation.
La vitesse de progression est le facteur clé. Entre la piqûre du moustique infecté et les premiers symptômes sévères, il peut s'écouler moins d'une semaine. Mahbubur Rahman est décédé moins de trois semaines après avoir quitté Yaoundé. La fenêtre thérapeutique avait été manquée.
La prévention reste simple et accessible : chimioprophylaxie avant le départ, répulsifs, moustiquaires imprégnées. Aucune de ces mesures n'aurait coûté cher. Aucune n'a été appliquée.
Un angle mort diplomatique et sanitaire
À court terme, ce décès va contraindre les administrations publiques du monde entier à revoir leurs protocoles de préparation sanitaire pour les missions diplomatiques en zones endémiques. Le Bangladesh devra justifier l'absence de procédure interne. Le Cameroun, lui, verra son image de destination de conférence internationale fragilisée.
À moyen terme entre trois et cinq ans cette affaire pourrait accélérer deux dynamiques. D'abord, la normalisation des bilans de santé pré-déplacement pour les délégations officielles, sur le modèle des protocoles militaires. Ensuite, une pression accrue sur l'OMS et les organisateurs de sommets internationaux pour intégrer des modules d'alerte sanitaire obligatoires dans la logistique événementielle.
Le risque paludisme pour voyageurs officiels n'est pas une question périphérique. C'est une faille systémique dans la gouvernance mondiale des déplacements à haut niveau.
La vraie question que personne ne pose encore
Combien de délégations officielles se rendent chaque année dans des zones à forte prévalence palustre sans aucun protocole sanitaire préventif ? La mort de Mahbubur Rahman n'est peut-être pas un accident isolé. C'est peut-être le premier cas documenté d'une pratique généralisée d'impréparation.
Le décès du ministre bangladais oblige à poser la question frontalement : la protection sanitaire des diplomates sera-t-elle enfin traitée comme une priorité stratégique, ou attendra-t-on la prochaine mort ?
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