Enseignant recherché : la vidéo qui accuse
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Un enseignant de 40 ans est activement recherché par la gendarmerie de Yaoundé III pour viol répété sur une élève de 10 ans, après que le père a remis aux enquêteurs une vidéo où l’homme se filmait en plein acte.

Elle s’appelle Suzanne. Elle a dix ans. Elle a commencé l’année scolaire comme toutes les petites filles de son âge : un cartable neuf, des cahiers à spirale, la peur des dictées. Mais dans la salle de classe du groupe scolaire Manumba, à Toutouli (Yaoundé), c’est une autre terreur qu’elle a apprise. Celle d’un homme de 40 ans, stylo en main, regard glaçant, qui fermait la porte.

Rameaux Abomo Ngono n’est pas un inconnu. C’est son professeur. Et aujourd’hui, la gendarmerie le traque.

Car l’homme, recherché depuis le 20 avril, aurait non seulement abusé de ses propres élèves, mais il prenait soin de tout filmer. La vidéo est entre les mains des enquêteurs. Elle montre l’insoutenable. Et elle change tout.

Le poste de gendarmerie de Meyo, dans l’arrondissement de Yaoundé III, n’avait pas connu d’affaire aussi glaçante depuis longtemps. Le 19 mai, à 6h30 précises, un père de famille, Mebenga Ndongo, franchit le portail. Il ne vient pas pour un vol ou un différend de voisinage. Il vient livrer une guerre.

« Ma fille… c’est son professeur », aurait-il dit, selon une source proche du dossier.

Sa fille, Suzanne M. (prénom modifié), 10 ans, scolarisée en CM2 au groupe scolaire bilingue Manumba (lieu-dit Toutouli), subissait depuis plusieurs mois des viols répétés de la part de son enseignant titulaire, Rameaux Abomo Ngono, la quarantaine.

L’enfant s’est finalement confiée à un membre de la famille. Un récit précis, des dates, des lieux et une révélation qui a glacé le sang : « Il me filmait avec son téléphone. »

Le père a alors exigé la confrontation. Et la famille a obtenu la preuve absolue : une vidéo, tournée par le suspect lui-même, dans laquelle il abuse de la petite Suzanne.

Une vidéo comme pièce maîtresse

Contacté par nos soins, le commandant de compagnie de gendarmerie de Yaoundé III, le chef d’escadron Chick, confirme sans détour : « Cet individu est accusé d’avoir abusé de ses propres élèves au cours de cette année scolaire. Le suspect prenait d’ailleurs plaisir à se filmer pendant qu’il commettait ses obscénités. »

L’avis de recherche a été émis dès le 20 avril soit près d’un mois avant le dépôt de plainte officiel. Un décalage temporel que la gendarmerie explique par des recoupements préliminaires et d’autres témoignages d’élèves.

Le silence des murs de l’école

Interrogée, la direction du groupe scolaire Manumba n’a pas souhaité réagir officiellement. Une employée, sous couvert d’anonymat, confie : « On voyait qu’il restait souvent après les cours avec certains enfants. On pensait qu’il donnait des cours de soutien. Personne n’imaginait ça. »

Combien de victimes ? Pour l’heure, une plainte formelle. Mais les enquêteurs n’excluent pas d’autres signalements. « Le mode opératoire filmer, la proximité forcée laisse penser qu’il y a eu d’autres passages à l’acte », ajoute une source judiciaire.

Fuite et cavale

Depuis l’émission de l’avis de recherche, Rameaux Abomo Ngono a disparu. Son domicile est vide. Son téléphone, éteint. Les gendarmes quadrillent Yaoundé et ses environs. L’affaire prend une ampleur nationale, alimentée par la nature insoutenable des preuves.

Le père de Suzanne, lui, ne décolère pas : « Je veux qu’il pourrisse en prison. Mais surtout, qu’aucune autre petite fille ne subisse ça. »

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