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© Camer.be : Toto Jacques
- 26 May 2026 17:17:17
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Honorine Eyenga Ayissi, la première Miss d'un Cameroun indépendant, nous a quittés :: CAMEROON
Julienne Honorine Eyenga Fouda, couronnée Miss Indépendance le 1er janvier 1960 devant la Première Dame Germaine Ahidjo, mère de neuf enfants dont trois figures majeures de la culture camerounaise, vient de s'éteindre, emportant avec elle un pan entier de la mémoire d'une nation.
C'était une nuit de janvier 1960. Le Cameroun venait tout juste de naître en tant que nation libre.
Et ce soir-là, une jeune femme de 17 ans, née dans un village du Centre, montait sur une scène pour recevoir la toute première couronne d'un pays qui s'inventait.
Honorine Eyenga Fouda devenait Miss Indépendance.
Elle ne le savait pas encore, mais elle venait d'entrer dans l'histoire.
Aujourd'hui, le Cameroun la pleure.
Une couronne à l'aube d'une nation
Julienne Honorine Eyenga Fouda est née le 1er septembre 1942 à Nnom Ayos-Nbankomo. Un village discret dans la région du Centre. Rien ne la destinait forcément à devenir un symbole national. Et pourtant.
Le 1er janvier 1960, alors que le Cameroun accédait à l'indépendance, le ministère de la Culture organisa un concours national de beauté. À 17 ans, Julienne Honorine Eyenga Fouda remporta le tout premier titre national. Avant cette consécration suprême, elle avait déjà séduit les jurys : elle était d'abord devenue Star de beauté 1960, puis Miss Yaoundé.
Une triple couronne en une seule année. Un destin exceptionnel.
L'envol d'une icône
Sa beauté lui ouvre des portes. Sa notoriété lui permet de rencontrer des personnalités camerounaises, dont Germaine Ahidjo qui lui apportera soutiens financiers et appuis dans sa carrière de mannequin, puis d'hôtesse à Air Afrique, Air France et Cameroon Airlines de 1974 à 1978.
Hôtesse de l'air. Mannequin. Elle traverse le monde à une époque où peu de femmes africaines le faisaient. Elle incarne, sans le proclamer, une certaine idée de la femme camerounaise moderne : libre, élégante, déterminée.
La mère d'une famille de légendes
Mais c'est peut-être dans son rôle de mère qu'Honorine Eyenga Ayissi a écrit son chapitre le plus bouleversant.
Elle épouse le boxeur Jean-Baptiste Ayissi Ntsama, avec qui elle a neuf enfants. Une fratrie hors du commun. Trois d'entre eux sont aujourd'hui des stars : le danseur et chorégraphe Ayissi Le Duc, la chanteuse de Bikutsi Chantal Ayissi, et Imane Ayissi, ex-mannequin devenu créateur de mode de renommée internationale.
Cinq de ses enfants ont perdu la vie dans leur jeune âge. Une douleur que peu de mères peuvent imaginer, portée en silence pendant des décennies.
Elle a donné au Cameroun des artistes. Elle a perdu des enfants. Et elle a continué.
Une pionnière reconnue trop tard
Pendant longtemps, Honorine Eyenga Ayissi est restée dans l'ombre de ses enfants célèbres. C'est l'ironie des destins pionniers : on célèbre ceux qui suivent, on oublie celle qui a ouvert la voie.
C'est seulement à l'occasion de la 14ème édition de Miss Cameroun que le COMICA et le Ministère des Arts et de la Culture décidèrent de lui rendre hommage officiellement, saluant la beauté et le travail d'une pionnière qui a inspiré la compétition actuelle.
Un hommage tardif. Mais un hommage mérité.
Une page de l'histoire se tourne
Le décès d'Honorine Eyenga Ayissi a été relayé sur les réseaux sociaux camerounais. Aucune source officielle ou communiqué familial n'a été retrouvé au moment de la rédaction. La date et les circonstances exactes du décès restent à confirmer.
Ce qui est certain, en revanche, c'est la portée de cette vie. Julienne Ayissi Eyenga Fouda demeure la toute première reine de beauté de l'histoire du Cameroun. Une nation entière lui doit le visage de sa première couronne.
Elle avait 83 ans . Elle laisse derrière elle une famille d'artistes, une nation en deuil, et l'image impérissable d'une jeune femme de 17 ans, debout sous les lumières d'un Cameroun qui venait juste d'apprendre à marcher.
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