Affrontements à Zoétélé : le Pr Aba'a Oyono dénonce le déficit d'éducation civique
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Une foule furieuse, des pillages, des affrontements entre communautés. Zoétélé a été le théâtre d'un drame intercommunautaire dont les causes profondes dépassent largement la simple querelle de voisinage. Le Pr Aba'a Oyono a pris la parole. Son diagnostic est sévère.

Ce qui s'est passé à Zoétélé

Les affrontements intercommunautaires à Zoétélé ont opposé des groupes dont les tensions, enracinées dans des logiques ethniques et foncières, ont dégénéré en violences ouvertes. Des biens ont été pillés. Des personnes ont été menacées. Les autorités judiciaires ont été saisies.

Le Pr Aba'a Oyono, figure intellectuelle et éducative, a choisi de réagir publiquement. Sa prise de position tranche par sa clarté et son exigence républicaine.

Le déficit d'éducation civique, cause identifiée

Pour le Pr Aba'a Oyono, le déficit d'éducation à la citoyenneté est directement responsable du drame. Sa formulation est précise : le droit légitime à la justice ne dispense pas de l'obligation républicaine de ne pas se faire justice soi-même.

Ce distinguo est fondamental. Il sépare la revendication légitime de l'acte de violence, deux réalités que les foules en colère amalgament. C'est dans cet écart que naît la barbarie.

Comment une communauté bascule dans la violence

Le mécanisme décrit par Aba'a Oyono est clair. Une population insuffisamment formée aux valeurs constitutionnelles égalité des droits, liberté de circulation, droit à la sécurité devient vulnérable à la manipulation identitaire. La distinction entre autochtone et allogène, instrumentalisée par des intérêts politiques étroits, devient un levier de mobilisation violente.

Le professeur l'affirme sans détour : des voix tordent ces vérités constitutionnelles pour des intérêts égoïstes, nourris par une façon "détestable" de faire de la politique. L'éducateur, dit-il, a l'obligation morale de nommer cette réalité.

Le droit camerounais est formel. Tout citoyen peut se déplacer et s'installer librement sur le territoire national, sans distinction ethnique. La sécurité des personnes et de leurs biens est une garantie constitutionnelle partagée. Ces principes n'ont visiblement pas été suffisamment intériorisés par ceux qui ont basculé dans le pillage.

De Zoétélé à la cohésion nationale

L'enjeu immédiat est judiciaire. Le Pr Aba'a Oyono insiste : la juridiction pénale doit pouvoir travailler en toute sérénité. Les voies de recours légales existent. Elles doivent être utilisées, pas contournées par la force.

Sur un horizon de trois à cinq ans, la question posée est systémique. Le Cameroun investit-il suffisamment dans l'éducation civique au sein de ses établissements scolaires et de ses espaces communautaires ? La prévention des conflits intercommunautaires ne se gère pas uniquement par la répression. Elle se construit dans les salles de classe, dans les familles, dans le discours public.

Une République, rappelle Aba'a Oyono, repose sur des fondations équilibrées. Sans ces fondations, elle vacille. Zoétélé en est une démonstration douloureuse.

La vérité que personne ne veut dire

Le Pr Aba'a Oyono a dit ce que beaucoup taisent. La violence à Zoétélé n'est pas née de nulle part. Elle a été cultivée dans un terreau d'ignorance civique et d'instrumentalisation politique. Le vrai défi du Cameroun n'est pas seulement de juger les pillards. C'est de former des citoyens. L'un sans l'autre ne suffit pas. La question reste entière : combien de Zoétélé faudra-t-il encore pour que l'État prenne au sérieux sa dette éducative envers sa propre population ?

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