Le Conseil constitutionnel va-t-il censurer le président ?
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Le Conseil constitutionnel du Cameroun a fixé au 17 juin 2026 l’audience du recours du MRC contre la prorogation des mandats des conseillers municipaux – une décision qui pourrait contraindre le pouvoir à organiser des élections locales ou valider un allongement inédit de mandat par décret.

Le 31 mai 2026, le mandat des conseillers municipaux camerounais a expiré. Normalement, cela signifie : élections. Urnes, bulletins, campagne, votes.  

Mais rien ne s’est passé.  

À la place, un décret présidentiel a glissé une prolongation jusqu’au 28 février 2027. Sans consultation. Sans retour aux citoyens.  

Le MRC de Maurice Kamto a dit non. Saisi le Conseil constitutionnel.  

Et ce dernier vient de répondre.  

Rendez-vous le 17 juin 2026 à 11 heures, au Palais des Congrès de Yaoundé. Les juges vont examiner si un mandat électoral peut être allongé par simple signature présidentielle.  

Ce n’est pas une querelle de techniciens. C’est la question qui vous touche, vous : votre maire, votre quartier, votre droit de choisir.  

La démocratie ne se décrète pas. Elle se vit. Et le 17 juin, elle aura un visage.

Contexte : des municipales en souffrance

Le 9 février 2020, des millions de Camerounais se sont déplacés pour élire leurs conseillers municipaux. Cinq ans de mandat, comme le prévoient la Constitution et le Code général des collectivités territoriales décentralisées.  

Fin théorique du mandat : 31 mai 2026.  

Mais le calendrier électoral national a dérapé. La crise sécuritaire, les tensions politiques, les reports à répétition… Le gouvernement a pris une décision controversée : un décret présidentiel prolonge les mandats jusqu’au 28 février 2027.  

Motif officiel : permettre l’organisation simultanée d’élections locales et régionales. Motif réel soupçonné par l’opposition : la peur d’une défaite aux urnes.

Le recours du MRC : une bataille constitutionnelle

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), principal parti d’opposition dirigé par Maurice Kamto, ne l’a pas accepté.  

Dès le lendemain du décret, Kamto a saisi le Conseil constitutionnel. Son argument : la prolongation sans base légale violerait l’article 2 de la Constitution (souveraineté du peuple) et les principes de la décentralisation.  

Selon ses avocats, seul un scrutin peut renouveler une assemblée élue. Un décret peut organiser une élection, pas la supprimer.

La date décisive : 17 juin 2026, 11h, Palais des Congrès

Le Conseil constitutionnel a rendu sa décision procédurale : le recours est recevable. L’audience se tiendra le 17 juin 2026 à 11 heures au Palais des Congrès de Yaoundé, une enceinte habituellement réservée aux grands événements politiques.  

Symbole fort : le pouvoir judiciaire s’invite sur le terrain de l’exécutif.  

Les juges devront trancher deux questions :  
1. Le décret présidentiel est-il conforme à la Constitution ?  
2. Si non, faut-il annuler la prorogation et convoquer immédiatement le corps électoral ?

Les enjeux : votre commune, votre quotidien

Derrière le jargon juridique, il y a des réalités concrètes.  
Un maire dont le mandat est prolongé sans vote, c’est une légitimité affaiblie. Des conseillers municipaux qui restent en poste alors que leur temps est écoulé, c’est une épée de Damoclès sur chaque décision locale : budgets, marchés publics, écoles, voirie.  

Pour les citoyens, c’est le sentiment que leur voix ne compte pas.  

« J’ai voté en 2020. On me dit que mon maire reste jusqu’en 2027. Mais moi, je n’ai rien signé pour ça », témoigne un habitant de Douala, qui préfère garder l’anonymat.

Les réactions : Kamto mobilise, le pouvoir se tait

Maurice Kamto a appelé ses militants à suivre l’audience « comme le lait sur le feu ». Sur sa page Facebook, il écrit : « Le 17 juin, nous saurons si le Cameroun est une république ou une affaire de famille. »

Côté gouvernement, silence radio. Aucune déclaration officielle depuis l’annonce de la date. Une discrétion qui en dit long, selon l’opposition.

Perspective : deux scénarios possibles

Scénario 1 : Le Conseil constitutionnel valide le décret. La prolongation jusqu’à février 2027 est confirmée. Le pouvoir exécutif gagne du temps. Les municipales auront lieu (peut-être) dans un an.  

Scénario 2 : Le Conseil censure le décret. Il ordonne l’organisation d’élections municipales dans un délai contraint (par exemple trois mois). Ce serait une défaite retentissante pour la présidence, et un triomphe pour le MRC.  

Les juges constitutionnels camerounais sont-ils prêts à braver l’exécutif ? Le précédent de 2018 (invalidation partielle de la liste électorale) montre qu’ils peuvent être indépendants… mais pas trop.

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