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© Camer.be : Toto Jacques
- 22 Apr 2026 00:32:04
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CAMEROUN :: Torture policière à Douala : Mang sort de LaQuintinie et exige des radiations :: CAMEROON
Deux semaines enfermé de force. Un commissaire accusé de torture. Un homme qui réclame justice.
Quatorze jours. C'est le temps que Jacques Bertrand Mang a passé interné de force au pavillon psychiatrique de l'hôpital Laquintinie de Douala. Il est sorti. Et il parle.
Une interpellation qui vire à l'internement forcé
Les faits se déroulent à Douala. Des éléments de la police camerounaise interpellent Jacques Bertrand Mang et le conduisent au commissariat de New Bell. C'est là, selon ses déclarations, qu'un commissaire lui aurait infligé des actes de torture.
L'étape suivante : un transfert forcé vers l'hôpital Laquintinie. Mang y est placé dans le pavillon psychiatrique sans, selon lui, aucun fondement médical justifié. Il y restera deux semaines complètes avant d'en être libéré.
Pourquoi l'hôpital psychiatrique comme destination ?
L'internement psychiatrique forcé se définit comme le placement d'une personne dans un établissement de soins mentaux sans son consentement ni décision judiciaire préalable. Utilisé contre des individus politiquement actifs ou simplement dérangeants, il constitue une forme de neutralisation reconnue par les organisations de droits humains.
Dans le cas de Mang, l'enchaînement interpellation, torture au commissariat de New Bell, puis transfert à Laquintinie suit un schéma documenté dans plusieurs contextes autoritaires africains. Le pavillon psychiatrique remplace la cellule classique. Il délégitimise la victime avant même qu'elle puisse parler.
Ce mécanisme produit un double effet : isolement physique et disqualification sociale préventive.
Ce que Mang exige concrètement
Sorti de Laquintinie, Jacques Bertrand Mang ne se tait pas. Il formule deux exigences publiques et directes.
Première exigence : la radiation de ses tortionnaires du corps de la police nationale camerounaise. Il s'adresse nommément au Délégué Général à la Sûreté Nationale, autorité hiérarchique suprême de la police au Cameroun.
Deuxième exigence : le dépôt d'une plainte formelle. Mang annonce son intention de saisir la justice. Cette démarche, si elle aboutit, contraint les institutions à produire une réponse officielle documentée ce qui constitue en soi un enjeu majeur.
La crédibilité de sa démarche repose sur sa capacité à produire des preuves médicales et des témoignages. L'hôpital Laquintinie devient un élément central : ses dossiers d'admission constituent une pièce à charge potentielle.
L'affaire Mang s'inscrit dans une tendance plus large. L'usage des structures psychiatriques à des fins de répression politique constitue une ligne rouge pour les instances internationales Union africaine, Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Si d'autres cas similaires émergent, le Cameroun s'expose à une pression diplomatique structurée.
La variable décisive reste la plainte annoncée. Déposée, elle oblige. Abandonnée, elle valide l'impunité.
Qui répondra de ces deux semaines à Laquintinie ?
Une institution qui interne un citoyen par la force dans un pavillon psychiatrique sans base médicale porte une responsabilité juridique et morale précise. Les noms sont connus. Les lieux sont identifiés. La chronologie est reconstituée.
La question n'est plus de savoir ce qui s'est passé. Elle est de savoir si quelqu'un en répondra.
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