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© Camer.be : Paul Moutila
- 10 Mar 2026 14:49:51
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ÉTATS-UNIS :: Trump face à la guerre en Iran : la pression des prix du pétrole et des sondages qui change tout :: UNITED STATES
Cent dollars le baril. Le seuil psychologique a été franchi, brièvement, plongeant l'administration américaine dans une fébrilité inhabituelle. Derrière les déclarations martiales, une réalité s'impose : la guerre coûte cher, et l'opinion publique ne suit plus.
La révélation du Wall Street Journal sur les dissensions internes
Le quotidien économique américain a levé le voile sur des discussions jusqu'ici confidentielles. Selon le Wall Street Journal, plusieurs conseillers de Donald Trump l'exhortent en privé à chercher une issue au conflit avec l'Iran. Ces responsables, proches du président, l'encouragent à tracer une voie de sortie tout en présentant la campagne militaire comme ayant déjà atteint ses objectifs. L'information, rapportée par des sources anonymes mais recoupées, révèle des fissures au sein d'une administration jusqu'ici présentée comme monolithique sur la question iranienne.
Revirement stratégique
Deux facteurs expliquent cette précipitation vers une sortie négociée. Le premier est économique : la hausse des prix du pétrole a brièvement dépassé les 100 dollars le baril, selon les données du marché . Le second est politique : les sondages d'opinion montrent qu'une majorité d'Américains s'opposent désormais à la guerre. Un récent sondage PBS News/NPR/Marist indique que 56% des Américains désapprouvent les frappes militaires en Iran . Une enquête Quinnipiac confirme ce rejet avec 53% d'opposition, tandis que 74% des électeurs refusent l'envoi de troupes au sol . Ces chiffres, ajoutés à une inflation persistante, créent un cocktail dangereux pour un président en année de midterms.
Le mécanisme d'une sortie sous pression
Les conseillers de Trump élaborent un scénario précis : déclarer la victoire et procéder à un retrait contrôlé. Cette stratégie vise à protéger le soutien électoral du président, alors que l'opposition à la guerre grandit jusque dans son propre camp. Des républicains influents ont appelé l'administration, inquiets des conséquences des élections de mi-mandat sur leur majorité parlementaire . Le calcul est simple : un conflit prolongé éroderait le capital politique accumulé et offrirait aux démocrates un angle d'attaque imparable sur les questions de pouvoir d'achat et de priorités budgétaires.
Les contradictions d'une communication présidentielle
Donald Trump lui-même alimente la confusion. Le 9 mars, il déclarait aux journalistes que l'opération serait terminée "très bientôt", tout en ajoutant : "Nous pourrions aller plus loin, et nous irons plus loin" . Cette ambivalence traduit les tiraillements internes. D'un côté, les faucons réclament une pression maximale sur Téhéran, y compris contre le nouveau guide Mojtaba Khamenei. De l'autre, les pragmatiques alertent sur les conséquences d'une guerre qui pourrait s'enliser. Le coût du conflit est estimé à près d'un milliard de dollars par jour pour le contribuable américain .
Les enjeux d'un désengagement à court et long terme
À court terme, l'administration doit gérer la contradiction entre ses déclarations de victoire et la réalité d'un Iran qui ne plie pas. La décision d'accorder des dérogations pétrolières à certains pays importateurs vise à faire baisser les prix à la pompe avant que l'impact ne devienne électoralement insoutenable . À long terme, la crédibilité des États-Unis est en jeu. Annoncer une mission accomplie alors que les objectifs stratégiques (démantèlement du programme nucléaire, fin du soutien aux proxies régionaux) sont loin d'être atteints pourrait affaiblir la dissuasion américaine pour les décennies à venir. Les experts estiment que le vrai danger est une instabilité durable dans le détroit d'Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole mondial .
Le dilemme iranien de Trump
La question qui hante les nuits de l'administration est simple : comment quitter une guerre sans perdre la face, quand l'adversaire refuse de capituler ? Les conseillers de Trump misent sur une reconfiguration narrative où le retrait serait présenté comme une décision souveraine et non comme une concession. Mais les images des frappes continuent de nourrir les chaînes d'information, et le prix de l'essence reste accroché au-dessus de trois dollars et demi le gallon . Dans ce jeu d'équilibriste, la moindre étincelle peut rallumer un incendie que Washington aspire pourtant à éteindre.
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