Affaire Martinez Zogo : au tribunal, Amougou Belinga lie Eko'o et Savom par alliance
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Lundi 9 mars 2026, le patron du groupe l'Anecdote a directement interrogé le commandant du groupement de recherche opérationnelle de la DGRE. La scène se déroule au tribunal militaire de Yaoundé, où Amougou Belinga fait face à la justice depuis plus de trois ans dans le cadre de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo. L'audience, ouverte à 11 heures, s'est achevée après vingt et une heures, témoignant de l'intensité des débats.

La cross-examination d'un témoin clé

La commissaire Charlotte Angwei Mbah, qui commandait le groupement de recherche opérationnelle à la DGRE au moment des faits, a été appelée à la barre comme témoin du commissaire du gouvernement . Maxime Eko'o Eko'o, ancien directeur général de la Direction générale de la recherche extérieure, et Martin Savom, maire de Bibey, figurent parmi les dix-sept accusés dans cette affaire qui a débuté en janvier 2023 . L'audition du 9 mars 2026 s'inscrit dans la phase de jugement ouverte après la clôture de l'information judiciaire en mars 2024 .

La stratégie défensive du Zomloa

Jean Pierre Amougou Belinga a déployé une argumentation visant à créer une proximité entre les deux accusés. Le président du groupe l'Anecdote a demandé au témoin si elle savait que Violong Emmelienne, l'une des épouses de l'ancien DGRE, est la sœur de Martin Savom. Cette révélation vise à démontrer l'existence d'un lien familial que la défense présente comme la preuve d'une complicité ayant abouti à l'assassinat du journaliste .

Le mis en cause a également exploité les écoutes téléphoniques qui avaient fuité dans les médias. Il a opposé l'absence de preuves audio concernant un prétendu complot contre Martinez Zogo, martelant son innocence. Cette stratégie s'appuie sur un constat : si les écoutes ont existé, pourquoi n'ont-elles rien révélé ?

Les mécanismes d'une défense offensive

La cross-examination obéit à une logique précise. En reliant Maxime Eko'o Eko'o et Martin Savom par un lien familial, Jean Pierre Amougou Belinga tente d'établir l'existence d'un réseau occulte au sein des services de renseignement. L'objectif est de déplacer le centre de gravité des accusations vers ceux qui, selon lui, auraient eu les moyens et les motifs d'éliminer le journaliste d'Amplitude FM .

Sa formule "Ce n'est qu'au Cameroun que les tables-bancs donnent des cours aux menuisiers" résume sa posture. Le Zomloa des Zomlo'o, surnom dont il est affublé, retourne la situation en suggérant que des subalternes ou des personnes moins qualifiées que lui instruisent le procès. Une manière de disqualifier la procédure tout en maintenant sa ligne de défense.

Le témoignage du commandant Angwei Mbah a été déterminant pour la suite. La magistrate a dû répondre sur la connaissance qu'elle avait des liens familiaux entre les mis en cause, un élément que le parquet n'avait pas mis en avant jusqu'ici.

Ce que cette audience change pour la suite

À court terme, l'interrogatoire du témoin relance les débats sur l'implication réelle de chaque accusé. La défense d'Amougou Belinga cherche à établir que les véritables commanditaires se trouvent ailleurs. Cette stratégie pourrait influencer les prochains témoins cités par le ministère public. L'audience du 10 mars 2026, qui doit voir la suite des auditions, permettra de mesurer l'impact de ces révélations sur les autres accusés .

À moyen terme, l'affaire expose au grand jour les réseaux d'influence qui traversent l'appareil sécuritaire camerounais. Les liens familiaux entre un ancien patron de la DGRE et un maire mis en cause pour complicité d'assassinat interrogent sur la porosité des frontières entre sphère publique et intérêts privés .

À long terme, la capacité de la justice militaire à faire la lumière sur l'assassinat de Martinez Zogo déterminera la confiance des citoyens dans les institutions. Trois ans après la découverte du corps du journaliste, le peuple camerounais attend des réponses que seule une procédure transparente peut apporter .

Une affaire qui n'a pas livré tous ses secrets

Alors que le tribunal militaire suspend ses travaux jusqu'au lendemain matin, une question demeure : pourquoi les liens familiaux entre Maxime Eko'o Eko'o et Martin Savom n'ont-ils été évoqués qu'après trois années d'instruction ? La réponse, quel que soit son camp, scellera en partie la perception que l'histoire retiendra de ce procès hors norme.

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