Le spectre d’une nouvelle augmentation du prix de la bière
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Forte pression fiscale, flambée de cours des matières premières et du fret…, les sociétés brassicoles crient à l’asphyxie et demandent une réforme du droit d’accise.

Les principales entreprises brassicoles en activité au Cameroun que sont la Société anonyme des brasseries du Cameroun (SABC), l’Union camerounaise des brasseries (UCB) et Guinness Cameroon, réunies au sein de la Cameroon Alcohol Producers Association (Capa), font planer le spectre d’une nouvelle hausse du prix de la bière. Si les patrons de ces entreprises laissent entendre qu’il n’est nullement dans leur intérêt et celui des consommateurs que le prix de ce produit soit à nouveau revu à hausse, ils disent ne pas être en capacité de continuer à tenir face non seulement à la pression à la pression fiscale jugée trop élevée dans leur secteur depuis plusieurs années, mais surtout à la flambée des cours des matières premières sur le marché international et au triplement du fret consécutif à la pandémie de Covid-19, sans en chiffrer l’impact financier. « Aujourd’hui nous sommes asphyxiés. On ne s’en sort plus avec notre modèle économique.

Nous fabriquons pratiquement tous les produits à perte. Les apporteurs de capitaux attendent d’être rémunérés sur leurs capitaux, mais à cette allure, nous leur dirons en fin d’année que nous sommes incapables de le faire. Nous ne sommes pas capables, en ce moment, de dire que nous avons une perspective pour le développement du secteur », explique le directeur général adjoint (Dga) de UCB, Jean-Pierre Tiemani.

Au cours d’une conférence de presse conjointe donnée la semaine dernière à Yaoundé par les membres de la Capa, ce responsable a dit regretter que le gouvernement n’ait pas jusqu’ici prix en compte les propositions qui lui avaient été faites dans le sens de la satisfaction aussi bien du consommateur, de l’administration fiscale que de l’industrie dont les capacités d’investissement se trouvent ainsi réduites, au-delà des menaces sur les emplois, notamment l’épineuse question de la base de calcul du droit d’accise sur les bières.

« Au lieu de nous taxer sur le prix de vente au public qu’on ne maîtrise pas, qu’on revienne au prix de vente de l’industrie, conformément aux directives de la Cemac. Le Cameroun fonctionne en marge de la réglementation communautaire qui dit que la base de calcul c’est la sortie usine. On continue de nous taxer sur le prix de vente au consommateur qui est quatre fois plus cher que le prix sortie usine », dénonce le Dga de UCB.

Compétitivité

La dernière hausse du prix de la bière au Cameroun, à hauteur de 50 Fcfa sur chaque bouteille de 65 centilitres, remonte à 2019. Elle avait été validée au terme d’un long bras de fer entre les entreprises brassicoles et le gouvernement, à la suite de l’’introduction de nouvelles mesures fiscalodouanières dans la loi de finances, notamment des droits d’accise spécifiques qui ont augmenté la charge fiscales du secteur brassicole, désormais la plus élevée de la sous-région Afrique centrale. Le directeur général de la SABC, Emmanuel de Tailly, estime pour sa part que l’industrie brassicole nationale est face à un mur de compétitivité, surtout dans un contexte de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale  africaine (Zlecaf). Or, « produire une bière au Nigeria coûte aujourd’hui 40% moins qu’au Cameroun.

Le coût de l’énergie au Cameroun demeure aussi trop élevé », regrette-t-il. Pour mémoire, en termes de valeur ajoutée, les entreprises membres de la Capa qui se définit comme un partenaire incontournable de l’Etat dans le cadre du développement économique du Cameroun, ont contribué pour 770 milliards au Pib du pays en 2020. Elles sont reversé 322 milliards Fcfa à l’administration fiscale en termes d’impôts et taxes au cours du même exercice.

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