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© Camer.be : Toto Jacques
- 01 Apr 2026 11:02:49
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Criminalité financière au Cameroun :Interpol et la SRC déclarent la guerre aux 1000 milliards perdus :: CAMEROON
1 000 milliards de FCFA : le prix de l'impunité
Chaque année, le Cameroun perd plus de 1 000 milliards de FCFA à cause de la criminalité financière. Ce chiffre n'est plus une estimation d'experts. C'est désormais le point de départ d'une offensive judiciaire et diplomatique d'envergure internationale.
La riposte est engagée. Elle passe par Interpol.
Un séminaire stratégique à Yaoundé
Du 30 mars au 3 avril 2026, les cadres de la Société de Recouvrement des Créances (SRC) et de la Délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN) se réunissent à Yaoundé. Objectif : maîtriser les techniques d'enquête financière de pointe, dispensées par des experts internationaux mandatés par Interpol.
Au programme : analyse de données massives, traçage des flux financiers illicites sur la blockchain, procédures de saisie internationale d'avoirs. Ces outils permettent de transformer un indice en preuve judiciaire recevable devant n'importe quelle juridiction étrangère.
La formation n'est pas protocolaire. Elle est opérationnelle.
Pourquoi Interpol, pourquoi maintenant
Les détournements de fonds publics ont changé de nature. Les capitaux mal acquis ne restent plus dans des coffres locaux. Ils transitent par des montages financiers opaques, s'abritent dans des paradis fiscaux ou se convertissent en crypto-monnaies pour effacer toute traçabilité.
Face à cette sophistication criminelle, les dispositifs nationaux classiques atteignent leurs limites. La porosité des frontières numériques rend le dossier intraitable sans coordination transfrontalière.
Le recours à Interpol répond à cette nécessité concrète : accéder aux réseaux d'alerte internationaux, déclencher des procédures de gel d'avoirs à l'étranger, et agir avant que les fonds disparaissent définitivement dans une autre juridiction.
Asphyxie financière
Le Colonel Richard Evina Engolo, représentant d'Interpol, pose le principe directeur : démanteler une organisation criminelle exige de l'asphyxier financièrement. Couper les flux, c'est réduire la capacité de nuisance. C'est aussi tarir les ressources qui alimentent la corruption.
Cette logique structure toute la doctrine du partenariat SRC-Interpol. Robert Bapooh Lipot, Président du Conseil d'administration de la SRC, confirme que l'institution se positionne comme le bras opérationnel de l'État dans la protection du patrimoine public. Sa crédibilité internationale devient un levier d'action directe.
Marie-Rose Thérèse Odile Messi, Directrice générale de la SRC, identifie le maillon critique : la coordination nationale. Entre la police, la justice et les organismes de recouvrement, une minute de retard suffit à un délinquant pour transférer des fonds hors de portée.
La vitesse d'exécution est désormais une variable judiciaire à part entière.
Ce que ce dispositif change concrètement
Ce renforcement de capacité produit des effets mesurables. Les agents formés disposent d'outils d'analyse qu'ils n'avaient pas. Les procédures de recouvrement des créances publiques deviennent applicables au-delà des frontières camerounaises.
Le signal envoyé aux investisseurs est tout aussi important. Un pays capable de traquer ses capitaux détournés à l'international démontre une maturité institutionnelle. C'est un argument de crédibilité pour attirer des partenaires économiques sérieux.
L'enjeu est l'assainissement durable du climat des affaires au Cameroun. Si les procédures de saisie internationale deviennent systématiques, les détournements perdent leur garantie d'impunité. La dissuasion opère en amont, pas seulement en aval.
La fin de l'impunité par l'exil des capitaux
Le Cameroun intègre une architecture mondiale de sécurité financière. Ce n'est pas une déclaration d'intention. C'est une transformation opérationnelle en cours, avec des agents formés, des protocoles activés et un partenaire institutionnel de rang mondial.
La question qui reste ouverte est celle de la durée. Les formations passent. Les engagements politiques varient. Ce dispositif deviendra une réalité structurelle seulement si la coordination entre police, justice et SRC s'institutionnalise indépendamment des cycles électoraux et des priorités du moment.
L'impunité financière a-t-elle enfin trouvé son adversaire à la hauteur ?
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