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© Camer.be : Paul Moutila
- 04 May 2026 12:54:38
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AFRIQUE :: Franc CFA : pas de dévaluation, la BEAC coupe court aux rumeurs alarmistes :: AFRICA
Zéro dévaluation. Zéro fondement aux alertes qui circulent. Le gouverneur de la BEAC l'affirme sans détour : le franc CFA est stable, ses indicateurs sont sains. La panique n'a pas de base factuelle.
Le gouverneur de la BEAC sort du silence pour rassurer la Zone Franc
Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque des États de l'Afrique Centrale, a pris la parole publiquement pour mettre fin aux spéculations. Son message est sans ambiguïté : aucune dévaluation du franc CFA n'est envisagée à ce jour.
La BEAC se définit comme l'institution d'émission monétaire commune aux six États membres de la CEMAC : Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Équatoriale, République Centrafricaine et Tchad. Elle fixe et défend la parité du franc CFA avec l'euro, héritée des accords de coopération monétaire avec la France.
Cette sortie officielle intervient dans un contexte de circulation intense de rumeurs sur les réseaux sociaux et dans certains cercles économiques régionaux. Des analyses qualifiées d'approximatives par la banque centrale ont alimenté une inquiétude disproportionnée au sein des populations et des opérateurs économiques.
Pourquoi les rumeurs de dévaluation trouvent un terrain fertile en Afrique centrale
Pourquoi ces rumeurs de dévaluation monétaire en Afrique centrale émergent-elles maintenant ? Plusieurs facteurs explicatifs coexistent. La pression inflationniste mondiale, accélérée par les conflits géopolitiques et la remontée des taux directeurs occidentaux, a fragilisé les économies émergentes. Dans ce contexte global tendu, la Zone Franc n'échappe pas aux projections alarmistes.
S'y ajoute un déficit structurel de communication institutionnelle. Quand les banques centrales parlent peu, les marchés comblent le silence par la spéculation. Des analyses non sourcées, parfois produites hors des cadres académiques ou institutionnels reconnus, ont circulé comme des certitudes.
La BEAC juge ces diagnostics insuffisamment étayés. Elle oppose à ces discours ses propres données : des indicateurs économiques vérifiés, conformes aux normes du FMI et des instances internationales de surveillance monétaire. La banque ne se contente pas de démentir : elle revendique la solidité de son dispositif analytique.
Ce qui protège concrètement le franc CFA d'une dévaluation
Le mécanisme de défense de la parité du franc CFA repose sur deux piliers. D'une part, un compte d'opérations ouvert auprès du Trésor français, qui garantit la convertibilité illimitée de la monnaie. D'autre part, une politique de réserves de change gérée par la BEAC, qui doit maintenir un taux de couverture externe suffisant.
Une dévaluation du franc CFA interviendrait uniquement si ces réserves s'effondrent durablement en dessous du seuil minimal de couverture, ou si un désaccord structurel survenait entre les États membres et la France sur les termes de l'accord monétaire. Ni l'un ni l'autre ne caractérise la situation actuelle selon la banque centrale.
Yvon Sana Bangui joue ici un rôle pédagogique autant que politique. Restaurer la confiance des agents économiques entreprises, ménages, investisseurs est une condition nécessaire à la stabilité réelle de la monnaie. La crédibilité d'une banque centrale se construit sur la cohérence entre ses déclarations et ses actes. Cette prise de parole directe s'inscrit dans cette logique.
Stabilité confirmée aujourd'hui, souveraineté monétaire en débat demain
Si les rumeurs de dévaluation monétaire persistaient malgré le démenti officiel, elles pourraient provoquer des comportements préventifs : fuite vers les devises étrangères, thésaurisation, gel des investissements régionaux. Ces comportements, même irrationnels, créent les conditions d'une instabilité qu'ils prétendent anticiper.
La Zone Franc fait face à un débat de fond sur sa gouvernance. La réforme de 2019, qui a rebaptisé le Franc CFA d'Afrique de l'Ouest en Eco sans modifier substantiellement les mécanismes a relancé les questions de souveraineté monétaire. En Afrique centrale, ce débat reste moins avancé, mais la pression citoyenne et intellectuelle monte.
La BEAC devra non seulement gérer la parité, mais aussi convaincre durablement que son cadre analytique est robuste et son indépendance réelle. La transparence de ses publications deviendra un facteur de stabilité à part entière.
Un démenti suffit-il quand la confiance institutionnelle est déjà fragilisée ?
La parole d'une banque centrale vaut ce que valent ses preuves. Yvon Sana Bangui a tranché : pas de dévaluation, des chiffres solides, des rumeurs sans fondement. Mais dans des économies où la confiance institutionnelle reste fragile, un démenti suffit-il vraiment à dissiper la peur ?
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