Le dédouanement des téléphones devient 100% numérique dès le 1er avril 2026
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Dès le 1er avril 2026, plus aucun téléphone ne pourra se connecter au réseau camerounais sans être passé par le nouveau mécanisme électronique. Le ministre des Finances Louis Paul Motaze verrouille le système d’importation des terminaux numériques.

Un mécanisme digitalisé pour traquer les fraudes

Le ministre des Finances Louis Paul Motaze a signé un communiqué dont le texte annonce que le dédouanement des téléphones portables, tablettes et terminaux numériques s’effectuera exclusivement via un mécanisme électronique à compter du 1er avril 2026.

Ce dispositif s’appuie sur l’article sixième de la loi des finances pour l’exercice 2023. Le ministre précise qu’il ne s’agit ni d’une taxe nouvelle, ni d’un relèvement de la taxation existante. L’objectif affiché est de réduire les déperditions de recettes publiques, promouvoir le civisme fiscal et renforcer la lutte contre la criminalité numérique.

Les téléphones déjà connectés au réseau local bénéficient d’une amnistie fiscale. Les appareils en itinérance (roaming) sont exemptés. Les touristes en court séjour relèvent du régime de l’Admission Temporaire Normale (ATN).

Pourquoi un verrouillage électronique

La réforme s’explique d’abord par la fuite massive de recettes douanières. Chaque mois, des milliers de téléphones entrent au Cameroun sans s’acquitter des droits et taxes, et le système actuel fondé sur des déclarations papier présente des failles importantes qui facilitent ces pertes.

Elle répond également à la nécessité de lutter contre la criminalité numérique. Les téléphones non identifiés compliquent le travail des forces de l’ordre, car les auteurs de cyberdélits utilisent souvent des terminaux dont l’IMEI n’est pas enregistré, ce qui rend leur traçabilité difficile.

Enfin, cette réforme s’inscrit dans la dynamique de digitalisation de l’administration. Le système CAMCIS (Cameroun Customs Information System), déjà opérationnel pour d’autres catégories de marchandises, a vocation à être étendu aux téléphones, ce qui constitue une évolution logique du processus de modernisation.

Les mécanismes du nouveau dispositif

Le mécanisme électronique de collecte des droits et taxes s’articule autour de plusieurs composantes complémentaires. Il prévoit d’abord la déclaration via CAMCIS, à travers laquelle les importateurs et leurs mandataires procèdent à la liquidation des droits et taxes dans le système d’information des Douanes.

Il intègre ensuite le paiement électronique des sommes dues, exclusivement en monnaie locale et par tous les moyens autorisés, y compris les solutions digitales, mettant ainsi fin aux transactions en espèces.

Le dispositif comprend également un blocage réseau automatique : seuls les téléphones régulièrement dédouanés selon le nouveau mécanisme, ceux en roaming ainsi que ceux ayant bénéficié d’une amnistie pourront se connecter au réseau local des communications électroniques.

Par ailleurs, les distributeurs agréés disposant de stocks régulièrement dédouanés avant le 1er avril sont tenus de se déclarer auprès des services des Douanes dans un délai de deux mois. Les terminaux en cours d’importation à la date de mise en production du système seront, quant à eux, pris en charge par les services compétents.

Les enjeux pour les consommateurs et le marché

Ce nouveau mécanisme de dédouanement va bouleverser les habitudes des consommateurs camerounais. Il est désormais recommandé à tout acheteur de vérifier le statut douanier d’un téléphone avant acquisition, via SMS ou lien internet.

Les petits revendeurs, qui écoulent des téléphones non dédouanés par lots de moins de dix pièces, doivent souscrire des déclarations simplifiées. Faute de quoi, leur stock deviendra inutilisable. Le marché parallèle des téléphones importés sans taxes est directement visé.

La responsabilité des vendeurs et distributeurs est engagée. Ils doivent permettre à leurs clients de vérifier le statut douanier des appareils proposés. En cas de manquement, ils s’exposent à des sanctions.

L’enjeu est l’assainissement complet du secteur des terminaux numériques. Si le système fonctionne, les recettes douanières augmenteront significativement. La traçabilité des téléphones améliorera la lutte contre la cybercriminalité.

Cependant, le risque d’une exclusion numérique existe. Les Camerounais les plus pauvres, qui achètent des téléphones d’occasion non dédouanés, pourraient se retrouver sans accès au réseau. Le gouvernement devra veiller à ce que l’amnistie initiale et les déclarations simplifiées ne laissent personne de côté.

Un test grandeur nature pour le fisc camerounais

Le ministre des Finances Louis Paul Motaze lance un dispositif technique ambitieux. Le dédouanement des téléphones devient 100% numérique. La question qui reste en suspens est simple : les circuits parallèles parviendront-ils à contourner ce verrou électronique, ou bien le Cameroun réussira-t-il là où d’autres pays africains ont échoué ?

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