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© Camer.be : Avec Abdelaziz Moundé
- 04 May 2026 12:18:41
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CAMEROUN :: « Rendez à Issa Tchiroma Bakary sa victoire » : la tribune choc d’Abdelaziz Moundé :: CAMEROON
L’auteur s’appelle Abdelaziz Moundé Njimbam. Il publie une tribune virulente après la présidentielle camerounaise de 2025. Il accuse le pouvoir d’avoir volé la victoire à Issa Tchiroma Bakary. Il dénonce la transmission biologique du pouvoir en Afrique et cible directement Frank Biya, fils du président sortant.
Trois élections contestées, un même mécanisme
Abdelaziz Moundé affirme être « viscéralement opposé aux pouvoirs biologiquement transmissibles ». Il cite trois scrutins majeurs : 1992, 2018 et 2025. À chaque fois, selon lui, le vainqueur des urnes est devenu le perdant officiel après validation par ELECAM et le Conseil constitutionnel.
Le Conseil constitutionnel se définit comme l’institution camerounaise qui proclame les résultats définitifs des élections nationales. Il a remplacé la Cour suprême dans ce rôle. Moundé lui reproche d’entériner « l’usurpation de la victoire ».
La tribune soutient explicitement Maurice Kamto, candidat à la présidentielle 2025. Elle qualifie l’élimination de sa candidature de « sauvage » et de « gangstérisme d’État ». L’auteur évoque un ministre ayant piraté le site de son ministère avec un complice.
Pourquoi cette colère après la présidentielle 2025 ?
Les causes sont structurelles. Première cause : l’absence d’alternance démocratique au Cameroun depuis 1982. Paul Biya est au pouvoir depuis 43 ans. Deuxième cause : la modification constitutionnelle de 2008, qui a supprimé la limite des mandats présidentiels. Moundé la qualifie de « féodalité républicaine ».
Troisième cause : la gestion contestée des élections par ELECAM. L’opposition dénonce régulièrement des fraudes massives. L’auteur affirme que « le vainqueur dans les urnes soit le perdant d’ELECAM ». Il cite Issa Tchiroma Bakary comme dernière victime en date.
La transmission biologique du pouvoir se définit comme le projet de faire succéder un fils à son père à la tête de l’État. Moundé y voit un « poison lent » qui détruit les démocraties africaines.
Comment le pouvoir verrouille-t-il les résultats ?
Le mécanisme repose sur plusieurs outils. Premier outil : la nomination des membres du Conseil constitutionnel par le président. Deuxième outil : ELECAM, dont les cadres sont proches du pouvoir. Troisième outil : la modification des règles en cours de scrutin.
Moundé décrit une méthode plus violente. Il évoque des « snipers dans la résidence voisine du vainqueur de l’élection ». Selon lui, ces tireurs visaient à menacer la population d’un carnage pour imposer l’usurpation.
L’auteur cite encore la traque de Tchiroma pour « installer le fils ». Il fait référence à Frank Biya, dont la montée en puissance au sein du parti au pouvoir est régulièrement commentée.
Une parole isolée ou le début d’une contestation plus large ?
Abdelaziz Moundé conclut : « On ne négocie pas sa dignité, on la défend ». Il appelle à rendre justice à Issa Tchiroma Bakary et aux « milliers de Camerounais tués et emprisonnés » pour cause d’avidité du pouvoir. Mais combien d’opposants oseront reprendre ce discours ? Et à quelles sanctions s’expose-t-il pour cette tribune ? La réponse du gouvernement dira si la parole se libère ou se muselle.
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