HOMMAGE PARISIEN A PAPA PIERRE FANKEM DECEDE
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FRANCE :: HOMMAGE PARISIEN A PAPA PIERRE FANKEM DECEDE

Papa Fankem Pierre a pris le chemin des ancêtres. De ces illustres africains, preux travailleurs, ardents artisans, courageux paysans dont Bernard Dadié disait qu’ils ne sont pas morts, présents à jamais dans le souffle du vent, dans les vagues de la mer, dans le ruissellement des rivières.

Papa Fankem Pierre a suivi ces patriarches du terroir Bandenkop, ces hautes terres, où la fidélité, la loyauté et la sagesse ont la verdeur des coteaux. Il rejoint ses parents, Feu NGOTCHE Lazare et Feue Domché Lydie, ceux qui lui ont appris comme le disait le poète Verlaine, « le suc de la vie, la valeur des choses, la grandeur des plus humbles, l’optimisme sous l’orage, la tempérance au milieu des tempêtes ».

Ces parents de qui, aussi, il tenait cet attachement au patrimoine si riche, foisonnant, ardent de l’Ouest Cameroun comme l’ont décrit dans leurs merveilleux ouvrages, Jean Paul Notué, auteur de la panthère et la mygale ou Haman Mana et Mireille Bissek, plumes du beau livre, Rois et Royaumes Bamiléké.

Cet africain modèle avait au fil des ans, par le brio de ses réalisations, les prouesses de ses entreprises, l’acuité de sa vision, confirmé une réputation d’une belle brochette de Camerounais. Ces êtres exceptionnels qui savaient transformer le plomb de la dureté du quotidien en or.

Ces êtres baroudeurs qui savaient surpasser leurs conditions, tels des Lions indomptables au pied du mur dans ces coupes qu’ils finissaient par remporter, pour devenir des modèles pour tous.  Papa Fankem, dont les 3 enfants et 7 petits enfants sont si fiers de la trajectoire, est en effet, par sa trajectoire une belle histoire de réussite sociale, d’un enfant du Cameroun.

Il avait fréquenté les bancs d’écoles du secondaire, au Collège Elie Allegret à Mbouo par Bafoussam et au légendaire Collège Sacré Cœur de Makak, avant de voler de ses propres ailes. Il faisait partie de ces autodidactes dont Eboa Lotin, célèbre artiste africain du Cameroun, chantait les louanges, la dextérité face aux opportunités et défis du quotidien. 

Une des illustrations est son inscription dans l’histoire industrielle du Cameroun, après un emploi correct de fondé de pouvoir à la Société de Banques au Cameroun, un des fleurons de son époque. Il devient en quelques années, une des références parmi les employés, sorte d’homme aux solutions pratiques, un couteau suisse de la maison.

C’est un temps de pionnier où la camerounisation des cadres favorise le mérite, celui de ceux qui savaient se démarquer, faire preuve d’innovation et d’abnégation dans les tâches.  L’enjeu, ces années-là, était de faire la preuve aux yeux du monde, que de jeunes africains pouvait relever avec talent un défi des temps d’indépendance : remplacer les colons et administrateurs français et imposer un style propre. 

Après ces années racontés dans de savoureux ouvrages par l’abbé Ngongo, Daniel Abwa ou Dika Akwa, Papa Fankem, deviendra à la force du poignet, tel un Fotso Victor, un Théodore Bella ou un Ebobo et avec les armes de l’intelligence tel un James Onobiono, un des inspirateurs et artisans d’une belle aventure industrielle : la création d’entreprises devenues cultes notamment Cam Yaourt et plus tard Yaourt Saplait. 

C’est un temps exaltant. Il entrait avec le cofondateur et ses partenaires dans une cour bien balisée de princes de l’économie camerounaise. Son génie et ses mille talents s’y révèleront. Papa Fankem deviendra l’une des têtes pensantes et un homme de terrain de l’implantation d’une dynamique camerounaise que Florent Elie Etoga, historien de l’économie camerounaise, a appelé l’âge des fleurons de la pépinière industrielle camerounaise. 

En homme de foi, il reprit à son compte le crédo de ceux qui comme Saint Augustin, qu’il célébrait en ancien d’église à Nkongsamba, faisait des hommes d’action, de ceux qui travaillent avec ardeur, des élus de la grâce divine. Il était de ceux qui comme Calvin sanctifiait le labeur. Il était du côté de ceux qui comme les moines dans les abbayes, loue le Seigneur autant qu’ils s’adonnent avec rudesse à leurs tâches.

Il était de ceux qui tel Douleur disait, dans son célèbre Travailleur Immigré, que travailler, c’est trop dur, mais voler ce n’est pas beau. Il était ce preux chevalier de la Fontaine. Il était ce baroudeur infatigable dont parle Alain Mabankou dans Black Bazar.

Il célébrait ces valeurs d’effort avec délectation au point où il a occupé des places prééminentes et pionnières dans ces différentes entreprises. A Yaoundé, Douala et Bafoussam, l’industrie du yaourt et laitière au Cameroun et en Afrique Centrale lui doivent bien des lettres de noblesse. Il a réussi l’implantation, dans ces villes emblématiques, de Cam Yaourt et Saplait avec la force du lion et l’agilité de l’aigle. 

Dans le monde de la banque et de la finance, cet homme aux mille talents et cordes à son arc, a marqué son époque, par de belles prouesses. Il fait en effet partie de l’aventure de la Banque Unie de Crédit, ces initiatives lancées par des Camerounais afin d’adapter la finance aux besoins locaux.

Il en sera un des directeurs généraux à Douala, au cœur de New Bell, afin de symboliser un ancrage dans le quotidien des populations. Préfigurant des banques modèles comme Afriland First Bank, la BUC à travers Papa Fankem a tracé le sillon du lustre des banques camerounaises.  Au crépuscule de sa carrière, il se tourna vers l’or de la terre : l’agriculture.

Un autre champ d’expression de son brio. Les fruits en furent abondants, délicieux et porteurs : une grâce !  Que ceux qui l’ont aimé, gardent cet amour ! Que ceux qu’il a aimés lui demeurent reconnaissants ! Que ceux qu’il a offensés lui pardonnent comme Dieu nous a pardonné. Et que ceux qui l’ont offensée reçoivent de dieu le pardon de leurs offenses.

Votre serviteur,  Rév. Dr Joël Hervé BOUDJA Christi servus in patriam aeternam

Serviteur du Christ dans la patrie éternelle ! 

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