Clarifications A/S du courrier du B.R.I.C du 1er octobre 2021 adressé au Président de la République
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CAMEROUN :: Clarifications A/S du courrier du B.R.I.C du 1er octobre 2021 adressé au Président de la République :: CAMEROON

Professeur Elisabeth Carniel, Ex Directeur Général du Centre Pasteur du Cameroun ,Arrivée en fin de mandat le 30 Septembre 2021

Son Excellence Monsieur Paul Biya Président de la République du Cameroun

Paris, le 2 octobre 2021

Excellence Monsieur le Président de la République,

En date du 1er Octobre 2021, un courrier du Bloc pour la Reconstruction et  l'Indépendance économique du Cameroun (BRIC), vous a été adressé pour dénoncer 
la situation au terme de mon activité de Directeur Général du Centre Pasteur du  Cameroun en ce que j’aurais : - Outrepassé le délai de mon mandat, - Fait des délégations illégales de mes attributions de Directeur Général du CPC, - Diminué les primes du personnel du CPC, - Acquis un logiciel d’analyse médicales inadéquat à hauteur de 100 millions, - Engagé des travaux d’installation d’un système d’énergie photovoltaïque en violation de la réglementation des marchés publics en vigueur au Cameroun,
- Retourné des fonctionnaires à leur administration d’origine sans l’aval du Conseil d’Administration, - Lancé des procédures judiciaires contre le personnel à n'en plus finir,
- Acheté une fausse machine de 100 millions en versant une avance de 30 millions à des amis.

En vous remerciant très sincèrement pour la confiance que vous m'avez accordée en me nommant Directeur Général du Centre Pasteur du Cameroun, il m’a semblé 
nécessaire d’apporter des clarifications face aux allégations mensongères, et sans  doute commanditées, du BRIC. 

1- Au sujet de mon mandat prétendument dépassé : selon votre décret du 7 aout 2017, mon mandat était de 3 ans renouvelable 2 fois. Au bout de 4 ans, j'étais donc bien loin de la fin de mon mandat au Cameroun qui pouvait durer 9 ans. Toutefois, mon contrat avec le gouvernement français étant de 4 ans et arrivant à son terme le 30 septembre 2021, j’ai arrêté mon activité à la date prévue de fin de mon contrat. 

2- Pour ce qui est des délégations illégales, m'étant absentée au début du mois de septembre, j'ai en effet délégué certaines de mes fonctions aux différents directeurs du CPC, selon leurs compétences respectives. Ceci s'est fait dans le respect de l'Article 25, alinéa 3 du décret N°2018/505 du 20 septembre 2018 portant 
réorganisation du Centre Pasteur du Cameroun, qui stipule que le Directeur Général peut déléguer certains de ses pouvoirs. Ma suppléance était, conformément à la loi et à ma note, assurée par la Directrice Générale Adjointe.

3- S’agissant de la réduction des primes du personnel (qui avait fait l'objet du préavis de grève pendant l'intérim qui avait précédé mon arrivée), cela n’a pas été une initiative de ma part mais une instruction du Conseil d'Administration. Après des échanges constructifs avec les délégués du personnel, c'est d'un commun accord que nous avons fixé le montant de ces primes qui a été accepté par tous.

4- En ce qui concerne le logiciel de gestion des analyses, celui qui était utilisé au CPC non seulement coutait très cher mais ne permettait pas d'apporter les modifications nécessaires à son adaptation à d'autres logiciels. Les biologistes étaient d'accord après concertation pour l’acquisition d’un nouveau logiciel mais il a fallu renoncer à sa mise en place face à l'opposition de la DGA qui assurait alors la responsabilité des activités médicales. La somme de 100 millions n’a jamais été payée, seules les dépenses initiales de la société qui devait installer le nouveau logiciel ont été versées.

5- Concernant le système d'énergie photovoltaïque, il s’agit d’un don du gouvernement français dans le cadre d'un appel à candidature s'intitulant "Solutions innovantes pour la ville durable en Afrique". Des centaines de candidatures de différents pays d'Afrique ont été déposées et la société Entech Smart Energies qui avait proposé un projet pour un système d'énergie photovoltaïque intelligent au CPC (Yaoundé et Garoua) a fait partie de la vingtaine de projets retenus. Mon époux n’a jamais été propriétaire ni même actionnaire ou employé de cette société. Les fonds donnés par la Direction Générale du Trésor en France pour effectuer l'installation ont été intégralement versés à la société Entech, aucune somme n'a été perçue par le CPC. Il n'y a donc eu aucunepassation de marchés sans appel d'offre. 6- Il est exact que j'ai demandé le retour à leur administration d'origine de trois  fonctionnaires. Pour l’un il s'agit d'un technicien auteur de détournement des fonds du 
CPC. Il apportait des prélèvements de laboratoires extérieurs qu'il analysait sur les automates et avec les réactifs du CPC pendant ses heures de service au CPC. Les 
résultats étaient ensuite retournés aux laboratoires privés qui les facturaient à leurs  clients. Le conseil de discipline saisi de son cas a décidé à l'unanimité qu'il ne pouvait  continuer à travailler au CPC. Etant fonctionnaire, j'ai donc demandé qu'il soit rendu à  son administration d'origine. Les deux autres fonctionnaires sont des biologistes dont  le travail ne donne pas satisfaction. Or pour que le Centre Pasteur du Cameroun  continue à être performant il a besoin de personnel performant. Je n'ai en aucune façon enfreint la loi en demandant leur retour à leur administration car aucun texte n'indique que cette demande doit recevoir l'aval du Conseil d'Administration.

7- Le BRIC me reproche également des procédures judiciaires à n'en plus finir. Les poursuites en cours ne concernent heureusement que quelques personnes dont la 
preuve a été faite de façon incontestée et reconnue en conseil de discipline, de détournement de fonds du Centre Pasteur du Cameroun et donc des deniers de l'Etat, 
pour des sommes pouvant s'élever à plusieurs dizaines de millions Fcfa. Il n'est pas envisageable, et il serait même contraire à la bonne marche d'un Etablissement Public, de laisser de telles personnes effectuer leurs malversations impunément.

8- Enfin, concernant l'achat d'une fausse machine de 100 millions pour laquelle j'aurais fait payer 30 millions à mes amis en avance, aucune information n'est donnée 
concernant cette machine "fantôme". Comme pour ce qui précède, cette allégation complètement mensongère ne repose sur aucun fondement.Il est en effet à noter que le courrier du BRIC fait régulièrement référence à des "indiscrétions", sans jamais apporter la moindre preuve à l'appui. 

Excellence Monsieur le Président de la République, au terme de mes 4 années passées au CPC je pense avoir apporté des améliorations significatives au fonctionnement de cet Etablissement Public, notamment par le rétablissement d'une situation financière saine, l'ouverture du laboratoire d'analyses médicales 24h/24 et 7j/7 ; la rénovation de l'espace Accueil des patients avec une nette diminution des temps d'attente ; le rendu des résultats d'analyses en ligne ; l'acquisition d'un automate 
de haute technologie (Maldi-tof, don du gouvernement japonais et de la Fondation Mérieux) pour le diagnostic des infections causées par des bactéries et des 
champignons (le premier de ce type au Cameroun et en Afrique Centrale) ; et l'installation en cours d'un système d'énergie photovoltaïque intelligent qui éliminera les variations d'intensité électrique et les microcoupures qui détériorent nos  équipements.

La situation que je laisse à mon départ contraste nettement avec celle trouvée à mon arrivée en septembre 2017, suite aux 9 mois d'intérim assuré par la DGA actuelle, où régnaient un climat social extrêmement tendu avec des préavis de grève du personnel et un état des finances désastreux. 

Excellence Monsieur le Président de la République, non seulement je ne laisse pas le CPC dans le chaos, mais au contraire je transmets à mon successeur une situation 
beaucoup plus saine. J'espère simplement pour lui que les commanditaires du courrier du BRIC qui ont tout tenté, sans y parvenir, pour me faire trébucher pendant mon mandat, et qui continuent à me dénigrer même après mon départ, ne procèderont pas de même avec lui.

Je vous prie de bien vouloir recevoir, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

 Pr. Elisabeth CARNIEL 
Ex Directeur Général du Centre Pasteur du Cameroun

Lire la lettre du BRIC adressée à Paul Biya, président du Cameroun sur ce lien

 

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