France: « Cindy Fashion », la coupe afro d’un couple camerounais
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France: « Cindy Fashion », la coupe afro d’un couple camerounais

Merline Djounzo et Elvis Roberto sont promoteurs d’un salon de coiffure et d’une boutique de vente de produits adéquats au 203, Rue Saint-Maur, à Paris 10ème.

Ce samedi du début du mois d’octobre, quand nous nous rendons au 203, Rue Saint-Maur, à Paris 10ème pour un reportage, plusieurs clients, certains en famille, profitent du week-end pour se refaire une petite beauté et changer de tête. Dans l’espace assez spacieux, les choses sont bien compartimentées. Une partie du salon est réservée aux femmes, l’autre, aux hommes. Car, les maîtres des lieux sont aussi des as de la coupe. Elvis Roberto s’occupe des hommes pendant que trois autres coiffeuses s’attèlent avec doigté et amour à bichonner le cuir chevelu de ces dames et enfants, avec détente. Merline Djounzo supervise, assise à son bureau, le déroulement des opérations.

« Comme une équipe de foot… »

« J’ai fondé, voici déjà 11 ans, avec mon compagnon Elvis Roberto, la société Cindy Fashion Paris, du nom de ma fille née en 2010. Elle comprend un salon de coiffure et une boutique de vente de produits capillaires et accessoires », confie Mme Djounzo. Elle ajoute : « Elvis Roberto et moi avons galéré au début. Mais sommes restés soudés, élaborant les projets ensemble. Aujourd’hui, nous commençons à apprécier les fruits de notre ténacité ». Et ce n’est pas tout ! « Je suis aussi une maman de quatre merveilleux enfants : l’aîné va avoir 22 ans en décembre, le suivant a 21 ans, la troisième, 15 ans et le benjamin, 9 ans. C’est mon conjoint, mes enfants et ma famille, qui me donnent le courage et la détermination que j’ai jusqu’à aujourd’hui ». Pourtant, il a fallu cravacher dur, s’accrocher, travailler sans relâche pour en arriver là. « Dans la vie, il faut savoir d’où on vient, où on va, ce que l’on veut, aimer qui on est, ce que l’on fait et pourquoi on existe. J’essaie d’inculquer à mes enfants ce que j’ai appris et reçu comme éducation de mes parents, surtout de ma mère. Je l’aidais toute petite dans diverses tâches ménagères, et c’est ce que j’ai transmis à mes enfants. A savoir qu’ils doivent accomplir des tâches, se prendre en main, je leur dis que nous devons nous organiser, un peu comme une équipe de football. Chacun doit être à son poste, le papa et moi-même sommes des entraîneurs », lance-t-elle.

« Rencontre avec une gouvernante »

Pourtant, il a fallu cravacher dur, s’accrocher, travailler sans relâche pour en arriver là. « Je suis née à Bafoussam, dans l’Ouest du Cameroun, mais j’ai passé beaucoup de temps avec ma mère à Bamendjou. J’ai beaucoup appris d’elle et mon parcours c’est aussi grâce à elle. Je ne lui dirais jamais assez merci. Puis, je suis arrivée à Yaoundé, où je vendais des produits de beauté au marché d’Elig Edzoa », témoigne encore Merline, qui va s’envoler pour l’hexagone. « J’ai débarqué en France, en 2005. Les débuts étaient difficiles. J’ai habité chez une sœur, j’ai travaillé dans un hôtel. J’avais 25 ans, j’y rencontre une Gouvernante qui me dit vous êtes jeune ma belle. Pourquoi ne ferez-vous pas une formation ? Cette suggestion, je ne l’oublierais jamais. Je l’ai prise et gardé dans un coin de ma tête. Après cela, je me suis lancée dans la coiffure, en apprenant sur le tas », note-t-elle, insistant : « Je n’avais aucun diplôme et n’avais jamais coiffé. J’ai commencé la coiffure chez les amis. Mais je suis allée encore plus loin, en intégrant le bien-être général à la coiffure et aux soins capillaires. Avec l’expérience, je me suis aperçue que le soin du cheveu est un élément essentiel du bien-être ».

Trois questions à… Merline Djounzo, Promotrice de « Cindy fashion Paris », pour les soins capillaires et le bien-être, elle parle de ses projets à venir.

« Je rêve d’une extension mondiale de Cindy fashion »

Il y a maintenant 10 ans que vous avez créé votre entreprise dans l’hexagone. Quels sont vos autres projets ?

Je veux faire des ateliers pour proposer aux parents et familles de profiter des bienfaits des soins capillaires comme point de départ du bien-être général. La toute première aura lieu le 24 octobre prochain(lire par ailleurs). Le train-train quotidien est générateur d’angoisse, de soucis, stress. Je veux que mes clients prennent le temps de se poser, de retrouver une paix intérieure qui rejaillit à l’extérieur, qu’ils renouent avec le sourire et la bonne humeur. Ce qui va inévitablement impacter le climat social à la maison avec les enfants.

Et la marque Cindy Fashion, on imagine qu’elle est appelée à se développer davantage…Est-ce bien cela ?

Mon projet, mon vœu le plus cher, c’est une extension de Cindy Fashion un peu partout dans le monde. A commencer par le Cameroun, où je rêve de créer un Centre de formation des métiers du cheveu et du bien-être. Car, pour moi, la beauté doit rayonner partout. Nous devons faire connaître notre savoir-faire et aider ceux qui en ont besoin à en bénéficier. Nous sommes convaincus que nul ne peut être heureux tout seul. C’est en voyant les autres heureux que nous le sommes également.

Si vous aviez un message destiné aux jeunes qui rêvent d’entreprendre ?

A l’adresse des jeunes générations, je dis qu’il faut toujours croire en ses rêves et ne jamais laisser quelqu’un d’autre les réaliser à votre place. Il faut toujours se battre jusqu’à la victoire finale. La vie est un merveilleux cadeau de la providence, mais elle ne pas de cadeau. Mais la détermination, l’envie et l’énergie que l’on met à concevoir pour à réaliser son projet sont des indicateurs pour mesurer la réussite potentielle de ce qu’on veut construire.

Recueilli à Paris par J.-C.Edjangué

Atelier coiffure

Pour la première fois depuis la création de son entreprise, Cindy fashion offre une formation gratuite, le 24 octobre prochain dans ses locaux, 203 rue de Saint-Maur, à Paris 10ème.

Parents et enfants découvrent le cheveu*

« De par mon expertise et mon expérience, comme coiffeuse, je me suis rendu compte des difficultés que les parents et leurs enfants rencontrent au quotidien pour prendre soin de leurs cheveux. Et parfois, les problèmes de soins capillaires peuvent avoir des répercussions sur le bien-être général des uns et des autres, pourrissant la vie de toute la famille ». Ce constat, Merline Djounzo le dresse après plus de dix ans d’exercice à redonner des têtes bien faites à son public. Des clients, femmes et hommes qui se confient volontiers sur le malaise d’avoir une chevelure abîmée. Et comme elle ne supporte pas de voir les autres malheureux alors qu’elle pétille de joie de vivre, la coiffeuse s’est engagée dans une réflexion pour savoir comment mettre fin au calvaire des têtes négligées.

« Resserrer les liens »

En accord avec son compagnon(lire par ailleurs), lui aussi coiffeur professionnel, ils décident de lancer des formations gratuites permettant au plus grand nombre de découvrir le cheveu sur toutes ses teintures, sur toutes ses facettes.« Ce que j’attends le plus, au plus profond de moi-même, c’est que dans les jours, mois et années à venir, les parents qui viendront puissent passer des moments agréables, sans stress, pour mieux s’occuper des cheveux de leurs enfants, dans une ambiance conviviale d’échange, partage et de fou rire, afin qu’à terme, au fil des ateliers, les liens soient resserrés entre parents et enfants. C’est donc aussi un moment pour profiter de la vie de famille et de bien s’amuser avec son enfant », souligne encore Mme Djounzo. Pour elle, les bienfaits de cette animation autour de la découverte des soins capillaires, est aussi une vraie thérapie comportementale qui façonne la tête, se reflète sur le corps et touche l’âme. Gageons que le résultat sera à la hauteur des attentes de tous.

*Inscription : https://cutt.ly/TECEI0r  Tél. +330171976595 ou 06 59 12 85 45

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