Hôpital central de Yaoundé : Soupçons de trafic d’organes
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D’après les proches d’Hilaire Ayissi Mengue décédé dans cet établissement, les différentes mutilations visibles sur la victime portent à croire qu’il y aurait eu des prélèvements.

L’affaire d’un présumé trafic d’organes à l’Hôpital central de Yaoundé (HCY) crée de l’émoi. Raison : une vidéo devenue virale montrant la dépouille d’un jeune homme « mutilée » avec d’énormes bandages donne des sueurs froides. Celle-ci est réalisée devant le bureau du directeur de l’HCY après sa mise en bière, vendredi 24 septembre. « Ce n’est pas normal. Qu’on nous explique ce qu’il s’est réellement passé dans le bloc opératoire. Nous avons l’impression que des organes ont été prélevés. Ce corps est méconnaissable », s’indignent des proches du disparu.

Sur les réseaux sociaux, cette formation hospitalière est mise au banc des accusés. « Encore l’hôpital central ! Trop de mauvaises choses se passent au sein de ce lieu », écrit un internaute visiblement courroucé. Des commentaires dégradants en l’endroit de son directeur et de ses collaborateurs inondent la toile. Pour le Pr Pierre Joseph Fouda, il n’en est rien. « C’est vraiment dommage que sur les réseaux sociaux tout le monde est médecin. Ils font des interprétations et donnent des conclusions également », se désole-t-il.

Dans l’optique d’éclairer l’opinion publique, le patron de l’HCY a rendu public un communiqué le jour de l’incident. « […], le patient en question malheureusement décédé, âgé de 22 ans avait été admis aux urgences chirurgicales le 10 septembre pour plaie pénétrante au niveau de la fosse lombaire gauche. Une décision d’exploration chirurgicale est prise. Malheureusement le malade sort contre avis médical malgré toutes les explications sur les risques encourus », lit-on.

À en croire ledit document, Hilaire Ayissi Mengue revient quatre jours après dans un état critique. « Les efforts ont été déployés par le personnel malgré le comportement anti-médical des garde-malades, il décède deux jours plus tard de sepsis généralisé », souligne le directeur. Cette version des faits est battue en brèche par les proches du défunt. Joint au téléphone le 28 septembre, le chef de famille réagit : « C’est l’équipe médicale qui était en charge de mon neveu qui a autorisé sa sortie. Les blessures légères se sont compliquées alors que le médecin disait que tout va bien. Vivement que la lumière soit faite sur cette affaire. Mon neveu ne peut pas mourir pour rien. Nous exigeons des explications sur cette mutilation ».

Invité au journal de 13h sur les antennes du Poste national hier, le Pr Pierre Joseph Fouda a déclaré que le corps a été scellé et qu’il souhaiterait que la famille du disparu vienne avec un médecin légiste pour faire une autopsie. « On ne peut pas salir un grand hôpital qui est au service des populations. De telles allégations peuvent créer la psychose », a-t-il déploré. Et d’expliquer : « On devait ouvrir le ventre. C’est la technique adéquate qu’on devait utiliser pour le traiter ».

Dans un tweet, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie a informé qu’il venait d’instruire une enquête pour établir les responsabilités dans cette affaire. Il a également qualifié d’inacceptable les agressions exercées sur le personnel de santé, puisqu’il existe des voies de recours. Le Conseil de l’Ordre national des médecins du Cameroun (ONMC) a lui aussi condamné « avec la dernière énergie ce cas de violence ainsi que d’autres sur les confrères notamment sur le Pr Pierre Joseph Fouda ». Dans un communiqué signé le 25 septembre par la vice-présidente du Conseil de l’Ordre, le Pr Gloria Ashuntantang, l’ONMC en appelle au gouvernement pour que des mesures appropriées soient prises afin que les auteurs de tels actes répondent devant la loi et que les médecins puissent travailler en toute sérénité.

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