Crise anglophone : 17 jours de «villes mortes» à Bamenda et Buea
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Les villes sont désertes depuis le 15 septembre, et ce jusqu’au 2 octobre, en raison des « ghost town » imposés par les séparatistes.

Les villes de Buea et Bamenda sont restées désertes toute la journée d’hier jeudi, 16 septembre. Les espaces marchands sont déserts, les boutiques fermées, tout comme divers établissements publics et entreprises présentes dans la capitale régionale du Nord-Ouest. Les taxis et autres moyens de transports interurbains sont invisibles. Les établissements scolaires n’ont pas ouvert leurs portes. Les élèves, quant à eux, n’ont pas quitté le domicile familial. Buea ressemble à une ville fantôme. 

Ambiance identique dans les autres départements de la région du Sud-Ouest. À Muea, Kumba, Ekondo-titi, la vie a disparu des rues. La région du Nord-Ouest n’est pas en reste. Les 17 jours de «villes mortes » imposées par une faction des sécessionnistes paralysent également la ville de Bamenda, capitale régionale du Nord-Ouest, où il est dangereux de se retrouver hors de son domicile. Dans des tracts et flyers qu’ils ont fait circuler dans ces deux régions, les sécessionnistes justifient le blocus qui a commencé le 15 septembre et prendra fin le 02 octobre par le «mensonge des Nations-Unies ». D’après certains habitants de cette partie du Cameroun, les sécessionnistes veulent montrer aux Nations-Unies et aux yeux du monde que la guerre qui secoue ces deux régions au Cameroun n’est pas achevée, contrairement à ce qui est dit en haut lieu.

Une annonce des «villes mortes » pourtant démentie par une autre faction des sécessionnistes, apprend-on. Toute chose qui n’a pas contribué à faire baisser la psychose au sein des populations. Mardi, 14 septembre, les populations ont pris d’assaut les marchés et espaces marchands pour s’approvisionner en denrées alimentaires. Surtout que, selon les sécessionnistes, les marchés ne pourront rouvrir que les week-ends. Une forte affluence dans les espaces marchands a fait sortir le maire de la ville de Kumba. L’édile a tenté de calmer les populations, en les appelant à ne pas céder à la panique, tout en les rassurant de ce que la vie va se poursuivre normalement.

Le maire de Kumba leur a demandé de vaquer sereinement à leurs activités. En vain. Une sortie qui ne rassure pas les populations. Des populations encore marquées par le décès tragique d’une jeune fille. Alors que celle-ci se trouvait dans un véhicule de transport interurbain, sur l’axe Muyuka – Kumba, elle a été mortellement atteinte par une balle perdue, alors que le véhicule roulait. Dans la région du Nord-Ouest, la psychose est également grande. Mardi, 14 septembre, veille de l’entrée en vigueur des «villes mortes », des faits inhabituels ont marqué le réveil des populations. Dans divers carrefours stratégiques de certains quartiers de cette ville, étaient posés des cercueils sur lesquels étaient posés des fétiches. Toute chose qui contribue à plonger encore plus les populations dans la psychose, plus qu’elles ne le sont déjà.

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