Vivement le remaniement
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"Veuillez donc, car vous ne savez ni le jour, ni l'heure...". Cette phrase biblique s'applique à merveille à la situation que vivent de manière récurrente et cyclique les membres du gouvernement sous le Renouveau. Depuis le lendemain de l'élection présidentielle de 2018, c'est reparti pour un tour. Des journaux font mousser le suspense, parfois sur fond de chantage et de règlements de comptes, les consultations des aspirants et des titulaires de postes ministériels se multiplient chez les marabouts et exorcistes, qui réalisent évidemment de bonnes affaires pour la circonstance, le prince envoie des signaux et contre-signaux avant-coureurs sur l'instant fatidique, les coeurs des ministres battent la chamade, Alfred Hitchcock, le maître du suspense, tourne u Cameroun. 

Il y'a quelque trois mois de cela qu'un diplomate européen en poste à Yaoundé trouvait la juste formule pour qualifier cet "événement", plusieurs fois annoncé et plusieurs fois différé. " Il s'agit d'un serpent de mer", tranchait- il, le sourire en coin. Ainsi donc, comme sur beaucoup d'autres plans, le Cameroun brille par la complexification et la mystification sur des actes, des décrets, qui ailleurs relèvent du train-train de   gouvernance et du fonctionnement de l'Etat. La démission  d'un gouvernement et la formation d'un autre, comme on le voit ailleurs, y compris dans des pays africains qui fonctionnent sous le même régime politique que le nôtre, après une ou des élections, continuerons à coup sûr  d'être une réalité bien lointaine pour nous. 

Le prince tient à rester le monarque républicain au point de soumettre ses "créatures" à une épreuve de nerfs qui inhibe finalement leurs capacités à produire  le rendement attendu.  Ce d'autant plus qu'avec l'avènement des réseaux sociaux, les équipes gouvernementales se forment quasiment tous les jours sans  qu'on ne sache la marge de  vraisemblance et la proportion de manipulation dans ces remaniements virtuels, au propre comme au figuré. L'attente se fait encore plus pressante et stressante, tout au moins pour certains membres du gouvernement jetés à tort ou à raison à la vindicte populaire pour des faits présumés de corruption et de détournements de deniers publics.

En  effet, le "grand camarade" a pris l'habitude de faire emprisonner des ministres après les avoir oints  de son illustre confiance pendant de longs mois, voire de longues années. Le contingent en détention est certes déjà assez imposant, mais son appétit de voir ces  nciens collaborateurs dégringoler du Capitole à la roche Tarpéienne paraît gargantuesque. Il faut offrir des têtes     à ce peuple affamé, mais toujours aussi avide de sang, tant que cela fait le lit de la conservation du pouvoir. 

Le drame c'est que depuis quelques années, cette redistribution des cartes au sein du gouvernement, qui suscite d'interminables batailles et une suffocante attente, n'a que très rarement apporté l'inflexion attendue ou la rupture escomptée. L'absence d'une véritable  vison stratégique et fédératrice ainsi que les notes de cacophonie font généralement que l'orchestre est peu ou prou audible et impactant, surtout lorsqu'on en vient à chercher en vain le chef de cette équipe, censé donner le tempo.

Est-il à l'Immeuble étoile ou alors dans le plus proche entourage administratif éclaté de la présidence de la République? Malgré tous ces déterminants, plus ou moins flatteurs ou glorieux, le remaniement ministériel au  Cameroun  reste un temps fort attendu et redouté de la vie de la République, au cours duquel l'impérium présidentiel s'exerce. Il suffit d'un hochement de la tête pour faire et défaire les destins....La séquence historique est connue. Vivement donc le prochain remaniement! 

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