Hugues Seumo : « Le Pr. Gervais Mendo Ze laisse un vide difficile à combler »
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Journaliste à Bruxelles, membre de plusieurs associations de défense des droits de l’homme et de la démocratie, il témoigne sur le père de la Voix du Cénacle, qu’il a eu à rencontrer.  

L'ancien Dg de la Crtv, Pr. Gervais Mendo Ze, est décédé le 9 avril dernier, à Yaoundé. Votre réaction ? 
Le 9 avril dernier, Le Pr Gervais Mendo Ze s’en est donc allé comme une mine d’or qui se referme, nous privant de ses trésors de culture, d’expériences et de secrets. De lui, ne subsisteront pour le grand public, que ses oeuvres à succès et dont les plus populaires, « L’Etoile de Noudi » et « Le retraité », qui ont fini par identifier le personnage mieux que toutes les nombreuses et prestigieuses autres distinctions dues à sa brillante carrière de serviteur de son pays. Permettez-moi aussi d’avoir une pensée pieuse, pour l’illustre disparu. Je profite pour également présenter mes condoléances les plus attristées à son épouse, maman Germaine Mendo Ze, et à toute sa famille, pour la disparition dans les circonstances atroces du Prof Gervais Mendo Ze.

Que la terre des ancêtres lui soit légère. A chaque fois qu’il s’agit du Pr Gervais Mendo Ze, c'est comme écrire un livre. Les leçons de culture qu'il nous a données, ses actions sociales qu'il a posées pour le Cameroun sont si immenses qu'il sera difficile de les décrypter. Je retiens simplement un homme de culture, un enseignant, un auteur prolifique. Il était connu comme un homme d’action pour son franc-parler, un homme qui avait le courage de regarder vers la bonne direction. Bien que condamné à 20 ans d'emprisonnement ferme, il a toujours clamé son innocence jusqu'à ce qu'il décède.

A la Crtv, Le Pr Mendo Ze était le concepteur, le réalisateur, technicien, le manager…, infatigable. Voilà un homme qui finissait ses journées de boulot au bureau, et qui retournait chez lui à 21h ou 22h. Pendant que nous, jeunes, déjà épuisés, étions pressés de rejoindre nos chambres. Je retiens aussi qu’il m'a dit en 1992 quand il me reçoit dans son bureau de Mballa 2 qu’on ne s'engage pas dans les bonnes causes républicaines pour des postes et qu’un citoyen averti doit être flexible. C’est avec lui aussi que j'ai appris que le monde du journalisme, c’est le terrain et qu’il faut y foncer quand on a des capacités. 

On le savait très proche du président Biya dont i l a contribué des années durant au culte de la personnalité, avant d'être rattrapé par l'opération épervier. Quelle image  gardez-vous de lui ?
De lui, je retiens toujours également que la solidarité, la loyauté, la sincérité sont très importantes dans la construction d'un Homme. Il faut tout faire pour garder ces valeurs et rester soi-même. C’est tout cela qui faisait de lui, un noble citoyen qui se distinguait de plusieurs intellectuels de son acabit. Pendant les moments de détresse, il suffisait de rencontrer Mendo Ze (le DG, comme on aimait à l’appeler) pour avoir le sourire : il avait les mots justes pour galvaniser, il savait encourager matériellement et financièrement.

C’est un homme pragmatique, qui, au moment où tu es en train de lui poser ton problème, prend immédiatement son portable pour appeler celui qui peut le résoudre ou il le fait lui-même sur le champ, quand il peut le faire. Combler le vide d’un homme comme Mendo Ze, sera difficile. Mais nous pouvons dire que nous sommes satisfaits de ses oeuvres ; de tout ce qu’il a laissé. Sa proximité effarante avec le pouvoir de Yaoundé avait fini par écorcher l'estime que le peuple meurtri nourrissait à travers lui. Il versait dans le griotisme avec le pouvoir en place au Cameroun. Rappelezvous que presque toutes les émissions à la Crtv se terminaient par : " selon une idée originale du professeur Gervais Mendo Ze. Une manière de dire qu'il avait imposé son diktat pour pérenniser voire bonifier les frasques du pouvoir de Yaoundé, Ce qui n'a pas empêché que ce dernier l'abandonne en prison quand bien même il a toujours clamé son innocence dans les faits qui lui étaient reprochés. 

En quoi peut-on dire qu'il manquera au Cameroun ?
Un homme de sa trempe, sa disparition ne se ressent pas seulement par sa famille biologique, c’est tout le pays qui en prend un coup. L’homme avait des astuces pour placer haut le débat. Il savait anticiper, lire en avance les problèmes et prendre très tôt le bon chemin. Il était toujours en avance sur les autres. Il savait écouter, valoriser, même si parfois il fouettait aussi, en bon Camerounais. Le prof. Gervais Mendo Zé nous laisse des oeuvres musicales et littéraires de référence à explorer en profondeur pour ceux et celles qui ne l'ont pas encore fait. Ses oeuvres culturelles continueront de résonner en chacun de nous. 

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