CAMEROUN :: 87e anniversaire de Paul Biya : Bal de courtisans au Palais des congrès :: CAMEROON
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  • Mutations : Cyril Marcel Essissima
  • vendredi 14 février 2020 13:39:00
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CAMEROUN :: 87e anniversaire de Paul Biya : Bal de courtisans au Palais des congrès :: CAMEROON

Sous la présidence du ministre d’Etat Sg/Pr, membres du gouvernement, associations, etc., ont soufflé la 87e bougie du chef de l’État en son absence.

La dernière fois que les jets d’eau du Palais des congrès de Yaoundé ont été activés, c’était en octobre 2019, à l’occasion du grand dialogue national. Hier jeudi,13 février dans ce même théâtre, le déluge artificiel a de nouveau été réactivé à l’occasion de la célébration du 87eanniversaire du président de la République, Paul Biya. Dès le hall du bâtiment principal, on pouvait lire sur une banderole : « Les jeunes s’engagent à accompagner le processus de décentralisation au Cameroun ». Pour marquer l’importance de l’événement, c’est la Salle inaugurale qui a servi de cadre pour accueillir élèves, étudiants, associations de jeunes, militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), membres du gouvernement, etc. D’une capacité de 1500 places assises, elle n’a pas pu contenir toute la marée humaine mobilisée pour la circonstance. Chants, danses, cris de joie, animations folkloriques et autres ont rythmé la cérémonie au grand plaisir du ministre d’État, secrétaire général de la Présidence de la République (Sg/Pr), Ferdinand Ngoh Ngoh, représentant personnel du chef de l’État.

Hystérie

Pour témoigner leur attachement à l’homme du « Renouveau national », plusieurs représentants d’associations de jeunes se sont succédés au pupitre, dont la présidente du Conseil national de la jeunesse (Cnjc). Dans son allocution, Fadimatou Iyawa Ousmanou a, « au nom de la jeunesse », exprimé sa gratitude à Paul Biya pour « ses efforts constants et indéniables (…) à restaurer la paix sur l’ensemble du triangle national ». Afin que le président de la République puisse conduire son mandat à terme, le Cnjc lui souhaite « à lui, à son épouse et à l’ensemble de sa famille santé et bonheur à la tête de [notre] cher et beau pays ». Des voeux qui ont plongé le public dans une hystérie indicible. Le clou a été renforcé par les prestation des artistes Ob Jazz et Nyangono du sud dont l’une des danseuses a époustouflé les autorités installées sur l’estrade. Le seul bémol aura été le passage de l’artiste Beau Soleil. Son titre à succès « Masculin féminin », qui fait de la femme la source des malheurs de l’humanité, a littéralement embarrassé la ministre des Enseignements secondaires (Minesec), Pauline Nalova Lyonga, et la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff), Marie-Thérèse Abena Ondoa.

Gloire

Bouclant la cérémonie, le Sg/Pr a promis à la jeunesse fortement mobilisée pour la circonstance, de « transmettre fidèlement » leur message à qui de droit. Et de les assurer : « Le chef de l’État vous aime et se soucie de vous ». Ferdinand Ngoh Ngoh a par ailleurs relayé la satisfaction du président quant à « la participation massive des jeunes au double scrutin du 09 février ». À peine achevait-il une phrase que les fanfares, les trompettes et autres chants à la gloire de Paul Biya brouillaient son message. Entre temps, le concerné soufflait sa 87e bougie dans la stricte intimité familiale à Mvomeka’a, son village natal auquel il se montre très attaché ces derniers temps. Présent en son palais d’Etoudi le 08 février dernier en prélude à son traditionnel discours à la jeunesse, Paul Biya a également a voté pour les législatives et municipales, le 09 février. Ce n’est que mardi 11 février qu’il a nouveau quitté la capitale politique.

Malgré cette absence, la communion s’est faite en esprit. « Nous sommes venus célébrer l’anniversaire du président pour montrer au monde entier que nous ne voulons pas d’un bain de sang au Cameroun. Même s’il y a encore beaucoup à faire, nous sommes-là pour lui dire merci. Merci pour la paix et le changement qui vient progressivement. Personnellement, je vois des réalisations qui me laissent espérer que demain sera meilleur. C’est la troisième année consécutive que j’assiste à cette fête. Qu’il ne soit pas présent, je ne vois pas d’inconvénients. En tant que chef d’État, il a un agenda chargé », croit savoir Dieudonné Atemengue, porteparole de l’Equipe mobile d’animation populaire urbaine et rurale (Emapur). Il poursuit : « C’est comme si je célébrais l’anniversaire de mon père qui se trouve au village. Je ne veux pas savoir s’il sera là ou pas. Ce qui m’importe c’est de savoir qu’il a un an de plus et qu’il est en vie », a-t-il achevé. Pour David Yassi, membre de la Coordination des associations des vendeurs à la sauvette du marché Mokolo, « c’est un moment de partage et de communion avec notre père, notre patriarche qu’est le chef de l’État.

Nous remercions le ciel de nous l’avoir donné. Certes, c’est ma première fois de prendre part à cette fête, mais j’ai été convaincu par sa vision et la trajectoire sur laquelle il conduit le Cameroun. Le partage n’est pas forcément physique. Il a envoyé son représentant, et nous sommes comme des privilégiés ». Quant à Pamela, étudiant à l’Université de Yaoundé I, elle est guidé par la quête du per diem. « On a été embarqué dans le bus de l’université. On nous a promis 1500 Fcfa chacun. Mais je ne peux plus tenir ici. On traine à nous payer », se lasse la jeune femme. Avant le partage du vin et du pain, les uns et les autres ont tenu a chanté, comme de tradition en français et en anglais : « Joyeux anniversaire monsieur le président ».

14févr.
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