Vents contraires dans les journaux camerounais :: CAMEROON
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CAMEROUN :: MéDIA Vents contraires dans les journaux camerounais :: CAMEROON
  • Apanews : Félix Cyriaque Ebolé Bola
  • jeudi 29 août 2019 17:23:00
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Vents contraires dans les journaux camerounais :: CAMEROON

Les fronts perturbés de la politique et du social se déclinent dans les journaux camerounais parus jeudi.

Voici un grand absent qui fait bruyamment parler de lui dans les colonnes de Mutations : le président Paul Biya. Il ne s’est pas rendu à la 7ème Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (Ticad), ouverte mercredi au Japon. Le chef de l’État, déplore le quotidien à capitaux privés, a séché ce forum, duquel devraient jaillir de nouvelles offres de soutiens aux économies du continent, alors que son pays a tant besoin de financements pour poursuivre son programme infrastructurel.

Une fois de plus, Paul Biya vient de confirmer sa réputation d’as du contrepied, au grand dam des réseaux sociaux où les commentaires les plus fantaisistes fleurissent sur le désistement du numéro 1 camerounais, confirme InfoMatin qui s’empresse aussitôt de lui trouver une excuse : le chef de l’État a choisi d’accorder toute son attention à la finalisation des grands dossiers nationaux de l’heure.

La coopération nippo-camerounaise, constate Défis Actuels, embrasse aujourd’hui quasiment tous les secteurs de la vie nationale, de la santé aux infrastructures en passant par l’agriculture, la pêche la communication, la sécurité ou encore le développement du capital humain.

L’envoyé spécial de son confrère gouvernemental Cameroon Tribune, qui rend compte des travaux qui s’achèvent vendredi à Yokohama, confirme le caractère stratégique de ces assises, se gardant bien, quant à lui, d’évoquer l’absence de M. Biya.

Mais la publication bilingue (anglais-français) focalise plutôt sur la traque lancée, par le ministère de la Santé publique, des centres de santé clandestins, nombreux à travers le pays. Il s’agit d’«un assainissement opportun» de la carte sanitaire nationale, au moment où le Cameroun s’apprête à mettre en place un système de couverture santé universelle.

Une autre opération d’assainissement, sur laquelle se penche L’Anecdote, c’est celle du fichier solde de l’État avec la mise au point de l’e-bulletin, une application visant à faciliter la consultation du bulletin de solde par les agents émargeant au budget de la fonction publique, mais aussi à mettre hors d’état de nuire les fonctionnaires fictifs.

Toujours est-il que le tri-hebdomadaire consacre sa principale manchette à la rentrée scolaire de lundi prochain, placée sous le signe de l’impératif républicain : alors que le gouvernement fait preuve de détermination pour un retour effectif des classes en zones anglophones, au moment où élites, politiques et membres du clergé local se mobilisent, certains leaders séparatistes appellent plutôt à un «bouclage» desdites régions pour deux semaines.

Mais la manœuvre semble avoir du plomb dans l’aile, avance The Guardian Post, décrivant de violents tiraillements entre chefs séparatistes. Et Défis Actuels de rappeler le triste souvenir du confinement imposé en mai dernier, pendant 10 jours, pour empêcher la célébration de la fête nationale et qui avait été suivi de combats ayant fait plusieurs victimes.

«Dans les faits, de nombreux habitants ont choisi de migrer en masse vers les villes francophones, par crainte de se retrouver pris au piège de ce mouvement de protestation. Des familles entières ont ainsi déferlé dans les agences de voyage, provoquant une inflation immédiate des prix de transport.»

S’il est exact que tous les ressortissants du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ne militent pas pour la sécession, il est également établi que tous les séparatistes ne sont pas partisans de la lutte armée et du boycott des écoles par des groupes terroristes de plus en plus isolés, analyse Mutations, dénonçant des bandes armées sécessionnistes qui menacent l’école et compromettent le dialogue inclusif.

«Nord-Ouest et Sud-Ouest : les réseaux sociaux réclament l’école», titre Cameroon Tribune, se faisant l’écho de la campagne baptisée «OpenSchoolsNow», lancée par un groupe de citoyens qui appellent au retour effectif des enfants à l’école dans ces régions.

Il apparaît néanmoins, et clairement, soupire Le Messager, que le pouvoir de Yaoundé est en panne de stratégie pour résoudre ce qui, depuis octobre 2016, est devenu la crise anglophone.

29août
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