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© Quotidien Mutations : Nadine Guepi
- 30 Jun 2018 11:08:52
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CAMEROUN :: Enseignements secondaires : Le nouveau mode de paiement des frais de pension inquiète :: CAMEROON
Parents et enseignants craignent davantage de désagréments avec le règlement de la scolarité par Mobile Money, qui devrait entrer en vigueur dès la prochaine rentrée.
Les salles de classe sont désertes… quelques élèves arpentent les artères du Lycée bilingue de Yaoundé. De nombreuses affiches sont visibles sur des tableaux de fortune, des portes, murs ou encore sur des babillards ce 12 juin 2018. Des communiqués bien en vue donnent des informations sur les corrections du Brevet d’études du premier cycle (Bepc), examen tenu du 05 au 08 juin dernier. Encore rien sur le mode de paiement des frais de scolarité et d’examens officiels qui aura cours dès l’année scolaire prochaine. Des parents venus d’ailleurs récupérer les bulletins de leurs enfants n’en savent rien.
«Je ne savais pas que l’année prochaine, le paiement des frais de pension et d’examens officiels change», s’étonne un parent. Le règlement de ces frais sera désormais effectué via Mobile Money. Le ministre des Enseignements secondaires (Minesec), Nalova Lyonga, a signé le vendredi 1er juin avec des responsables de quatre sociétés opérant dans le transfert d’argent par mobile, une convention en vue d’opérationnaliser dès l’année scolaire prochaine, le paiement des frais de scolarité et d’examens officiels par Mobile Money. Il s’agit de la Cameroon Postal Services (Campost), Express Union, Orange Cameroun et MTN Cameroon.
Une décision qui vise à abolir les tracasseries liées à ces versements pendant les rentrées scolaires. Assurer la traçabilité des fonds et éviter d’éventuels détournements par certains responsables d’établissements tels qu’enregistrés par le passé sont également des problèmes que cette mesure vise à solutionner. Les modalités pour la mise en place de ce processus ne sont toujours pas connues. Après plusieurs tentatives pour en savoir plus sur la mise en oeuvre de cette innovation, une source au Minesec finit par expliquer que «le processus est en train d’être mis en place. La communauté éducative sera informée en temps opportun».
Inquiétudes
En attendant ces clarifications, des enseignants émettent des craintes quant à la mise en pratique de ce nouveau mode de paiement depuis la signature du partenariat évoqué supra. «Je ne comprends pas pourquoi ces changements. A quoi vont donc servir les intendants chargés d’habitude d’encaisser ces sommes d’argent ?», s’interroge un enseignant d’histoire-géographie au Lycée bilingue de Yaoundé. Une interrogation à laquelle une collègue tente de répondre. «Je crois que les frais seront payés via Mobile Money, ensuite les parents vont revenir faire enregistrer leurs enfants auprès des intendants avec le reçu obtenu de l’opérateur où s’est effectuée la transaction. Par conséquent, le problème de files d’attente sera accru. Pour que ce procédé fonctionne, il faudra mettre sur pied une équipe bien outillée parce que c’est assez délicat», croit savoir Thierry O., enseignant d’informatique.
Les parents ne sont pas non plus rassurés par cette innovation. «Pourquoi vouloir nous imposer ce système ? Cela risque de créer plus de désordre. Je ne suis pas rassurée», avoue une maman avec pessimisme. Beaucoup ne se limitent pas seulement à la peur de l’inconnu et commencent à analyser les différents cas de figures.
«A l’Université, le fait que le paiement se fasse auprès d’une banque est une bonne chose, car c’est l’étudiant lui-même qui assure tout cela. Mais au lycée, ce sont les parents qui règlent généralement la pension. Demander à un parent, déjà assez occupé, de faire toutes ces tractations, c’est abusé. Je ne pense pas qu’on pourra payer via notre compte Mobile Money directement car, il faut une preuve physique du mouvement d’argent», déplore un père de trois élèves.
Enfin, l’autre problème relevé concerne la cartographie des points de Mobile money, concentrés en majorité dans les zones urbaines et dans certaines banlieues. Les établissements scolaires d’enseignement secondaire localisés dans les zones reculées, au regard de cet état de choses, pourraient être exempts .
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