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© Camer.be : Toto Jacques Avec CT
- 02 Jun 2026 13:17:21
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CAMEROUN :: Il était leur maître. Il est devenu leur bourreau :: CAMEROON
À Douala, un maître de cours moyen est accusé d’avoir violé au moins quatre écolières âgées de 13 ans. C’est une mère attentive qui a fait éclater l’affaire. L’enseignant a été déféré vendredi. Mais combien d’autres petites voix se taisent encore ?
Elle a vu sa fille changer. Des silences. Des regards fuyants. Un malaise inexplicable.
Marie-Claire (prénom modifié), mère camerounaise, a écouté son instinct. Un soir, elle a posé la question qui dénoue tout : « Ma fille, qu’est-ce qui ne va pas ? »
La réponse lui a glacé le sang. Depuis le début du deuxième trimestre, le « maître » celui qu’elle appelait « monsieur Laurent » obligeait sa fille de 13 ans à des pratiques oro-génitales. Et elle n’était pas la seule.
Laurent M., 31 ans, enseignant en CM1 et CM2, a été déféré vendredi. Mais derrière ce défèrement se cache un malaise bien plus profond : combien de prédateurs continuent d’enseigner, protégés par la honte et la peur ?
Le signal d’alarme venu d’une mère
Tout commence à la « Zone Léproserie » à Bwang-Bakoko, dans l’arrondissement de Douala III. Une mère, Marie-Claire, observe sa fille de 13 ans adopter des comportements étranges : repli sur soi, refus d’aller à l’école, cauchemars répétés.
Elle insiste. Doucement. L’enfant craque.
« Maman, c’est le maître… Il me fait des choses quand on reste seuls. »
Les « choses », ce sont des pratiques oro-génitales imposées, selon les premières auditions. Et l’enfant révèle que d’autres camarades subissent le même calvaire.
Marie-Claire en parle à son mari. Celui-ci a une sœur dont les filles fréquentent la même école. Interrogées, elles aussi avouent avoir été « touchées ».
Le constat est glaçant : au moins quatre fillettes auraient été victimes de Laurent M. L’enseignant assurait les classes de CM1 et CM2, mais donnait également des cours de répétition à domicile une porte dérobée idéale pour un prédateur.
Plainte, garde à vue, défèrement : que sait-on ?
La famille porte plainte à la gendarmerie. Laurent M. est interpellé, placé en garde à vue « pour besoins d’enquête ». Il est d’abord libéré après audition, puis finalement déféré vendredi par le parquet signe que les éléments recueillis sont jugés suffisamment graves.
Selon nos informations, plusieurs victimes potentielles ont été identifiées. Les enquêteurs cherchent à savoir si d’autres petites filles ont subi des faits similaires, y compris dans les familles où le suspect donnait des cours particuliers.
Pourquoi ce drame est-il un signal d’alarme national ?
Ce n’est pas un fait divers isolé. Selon l’UNICEF, chaque année dans le monde, près de 120 millions de filles subissent des violences sexuelles avant l’âge de 20 ans. Au Cameroun, les chiffres officiels sont largement sous-estimés en raison du tabou et des pressions familiales.
Le rôle crucial des parents et des voisins
Marie-Claire a sauvé sa fille et peut-être d’autres parce qu’elle a su voir les signes. Les experts en protection de l’enfance rappellent quelques indicateurs :
- Changement brutal de comportement
- Refus d’aller à l’école ou chez un tiers
- Connaissances sexuelles inappropriées à l’âge
- Troubles du sommeil ou cauchemars
- Douleurs, saignements ou infections
Mais la responsabilité ne pèse pas que sur les parents. Les écoles doivent renforcer leurs protocoles de signalement. L’administration doit réagir dès le premier soupçon.
Que risque Laurent M. ?
Si les accusations sont confirmées par la justice, l’enseignant encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le code pénal camerounais punit le viol sur mineur de moins de 15 ans avec les peines les plus sévères, y compris la possibilité de la détention à vie.
Pour l’instant, le parquet de Douala a ouvert une information judiciaire. L’enquête se poursuit pour identifier d’éventuelles autres victimes.
L’affaire a provoqué une onde de choc dans le quartier de Bwang-Bakoko. Des parents ont retiré leurs enfants de l’école. Une réunion d’urgence a été convoquée par les responsables pédagogiques.
Mais au-delà de l’émotion, c’est une question de fond qui se pose : comment protéger nos enfants sans les enfermer ? Comment faire confiance sans naïveté ?
La réponse ne viendra pas seulement des tribunaux. Elle viendra de chaque parent, chaque enseignant, chaque voisin qui décide de briser le silence.
« Le pire crime qu’un prédateur puisse commettre, c’est de faire taire sa victime. La meilleure arme d’un parent, c’est d’apprendre à écouter. »
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