Hôpital général de Yaoundé: Encore une grève des dialysés
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Ces patients exigent une bonne prise en charge pour éviter des complications de leur mal. «Personne n’entre ! Personne ne sort ! Aujourd’hui, tout est à l’arrêt », scande la trentaine d’hémodialysés dans la cour de l’Hôpital général de Yaoundé (Hgy) ce 29 juin. 

Bloquant l’entrée principale, ils sont insensibles aux doléances des garde-malades et des visiteurs. «Seuls les hommes de médias sont autorisés à entrer», lancent-ils en chœur. Les reporters vont donc se frayer un passage à travers la foule. Une fois à l’intérieur, en ce jour de la 41ème session ordinaire de l’hôpital, la mine serrée, le visage pâle, des malades en attente de dialyse (technique médicale qui permet de filtrer le sang et ses déchets normalement éliminés par le rein, Ndlr) depuis deux semaines se lâchent.

La tension monte, le rythme cardiaque s’accélère au fur et à mesure que les patients du Dr Aristide Nono, néphrologue, s’entretiennent avec des journalistes. «Trop c’est trop ! Pas de machines, pas d’eau, pas de consommables.

Pour une séance de quatre heures, nous avons besoin de 120 L d’eau», hurle un malade, visage et pieds enflés. Autres raisons de ce mouvement d’humeur, les promesses «non tenues» du ministre de la Santé publique que ces malades brandissent comme un élément d’insouciance de trop. «Il faut qu’il vienne nous expliquer ce qui ne va pas», lance courroucé un malade atteint de diabète. «Lors de la première grève, on nous avait promis 25 machines de plus.

Seuls sept sur 20 appareils fonctionnaient. Actuellement, il n’y a que neuf de disponibles. Seulement cinq appareils ont été réquisitionnés depuis la fameuse annonce. Nous n’avons qu’une séance par semaine au lieu de deux», énumère un gréviste.

Approvisionnement

Autant d’énumérations battues en brèche par le directeur général de cet établissement de 1ère catégorie. «Nous disposons de 14 machines pour environ 160 patients réguliers. Nous avons un problème de régulation et d’approvisionnement de consommables depuis deux mois. Nous n’en avons plus assez, parce que nous avons ravitaillé d’autres structures. Nous attendions d’être approvisionnés au mois d’avril», a expliqué hier le Pr Claude Ndam Njitoyap, lors de sa communication à ce sujet. Une source affirme que l’origine de la lenteur dans l’approvisionnement serait le non-paiement d’une ardoise d’environ 1 milliard Fcfa auprès du fournisseur.

Selon le patron des lieux, les différents problèmes seront réglés d’ici peu. «Nous avons tenu une réunion hier (mercredi, Ndlr) avec le ministre et ce jour, nous comptons tenir une autre», informe-t-il. D’après les spécialistes, si des solutions ne sont pas trouvées dans de brefs délais, les malades peuvent développer des complications ou perdre la vie. A en croire ces patients et certains prestataires, 32 dialysés sont décédés des suites de «bricolage» depuis octobre 2016, date de la première grève. Une révélation démentie par l’administration de cette formation hospitalière.

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