MÉMORANDUM DE L’ADAMAOUA : La Présidence orchestre la riposte de l’élite
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Hamadjoda Adjoudji, Sga du Rdpc, sommé de mobiliser l’élite.

Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour voir quelques ténors du Rdpc de l’Adamaoua, à Yaoundé, sortir du bois et chercher à étouffer le pamphlet jeté sur la place publique par le Cercle de Réflexion des Elites de l’Adamaoua (CREA). Juste quatre jours. Ils se sont donc retrouvés au ministère des Marchés publics dans l’aprèsmidi du 20 août 2016. Un édifice public. Tout un symbole.

Parmi les figures présentes et connues, Abba Sadou, ministre des Marchés publics et hôte de la rencontre ; Hamadjoda Adjoudji, secrétaire général adjoint du comité central du Rdpc ; l’honorable Ali Bachir, député de la Vina et figure politique montante de l’Adamaoua… Plusieurs visages étaient cependant aux abonnés absents. Baoro Théophile, actuel vice-président de l’Assemblée nationale ; Koulagna Koutou Denis, directeur général de la Sodepa ; l’ancien ministre du Tourisme, le sénateur Baba Hamadou ; l’actuel secrétaire d’Etat auprès du ministre des Forêts et de la Faune, Koulsoumi Alhadji épse Boukar… Autre grand absent, le lamido-sénateur de Banyo, Mohaman Gabdo Yaya, dont la rivalité avec Hamadjoda Adjoudji et son gendre Abba Sadou est un secret de polichinelle.

«Tout le monde a été convié à la rencontre, mais certains n’ont pu venir pour diverses raisons ou prétextes, c’est selon. Par exemple, la ministre, Mme Koulsoumi, est en vacances. C’est aussi le cas du ministre Nana Aboukakar Djalloh de l’Undp, qui a quand même tenu à se faire representer. Nous étions une centaine environ dans la salle», renseigne un participant.

Qu’est-ce qui a précipité la rencontre de Yaoundé, alors même que mardi, 16 août 2016, date de la publication de ce pamphlet dans nos colonnes, des personnalités de l’Adamaoua, manifestement surprises, recommandaient de surtout éviter l’erreur commise en son temps par une certaine élite du Grand-Nord qui s’était lancée dans des meetings géants à travers le Septentrion, pour tenter de «ridiculiser» le Mémorandum sur les problèmes du Grand-Nord portés à l’époque par Dakolé Daïssala, Issa Tchiroma, Hamadou Moustapha, Antar Gassagay…

Selon nos informations, c’est la présidence de la République qui a sonné le tocsin de la mobilisation. «Hamadjoda Adjoudji a clairement fait savoir que nous devrions nous mobiliser parce que la Présidence le lui a demandé», poursuit un autre participant. En effet, aussitôt le document rendu public, la présidence de la République a rapidement pris la mesure de la situation. Présent à une rencontre de haut niveau dans la capitale le jour de sa parution, le gouverneur de la région de l’Adamaoua, Kildadi Taguiéké Boukar, a même été interpellé sur le brûlot…

De la rencontre de Yaoundé, qu’est-ce qui en est sorti ? «Nous étions dépourvus d’arguments pour attaquer le mémorandum dans le fond, et avons opté d’allumer un contre-feu sur la forme. On nous a montrés la lune et nous, nous avons choisi délibérément de regarder le doigt. Au fond, ce n’est pas là le problème, car la question fondamentale est celle-ci : le contenu de ce document est-il exact ? Je peux vous dire que tous les participants se reconnaissent dans les revendications, ne fût-ce que parce qu’une telle revendication ne peut que les aider politiquement.

Après, je pense aussi que certains choix opérés au cours de cette réunion n’ont pas été judicieux, comme celui de faire endosser le document à Hamadjoda Adjoudji. Il représente les vestiges de l’Adamaoua, et cela va inutilement cristalliser le débat sur sa personne; lui qui, de tout temps, n’a été et n’est qu’au seul service de sa famille», lâche un haut fonctionnaire ayant participé à la réunion. Autre décision prise lors cette rencontre, la désignation du député Ali Bachir comme porte-parole de l’Adamaoua.

Le communiqué rendu public au terme du conclave de Yaoundé est le minimum que les organisateurs de la rencontre de Yaoundé pouvaient rendre à ses commanditaires. «Nous invitons nos frères et soeurs de l’Adamaoua à ne pas se laisser distraire par quelques manoeuvres que ce soit visant à nous détourner de l’essentiel, à savoir, le développement de notre Région et la lutte contre l’insécurité en droite ligne de la vision de l’émergence du Cameroun prônée par le Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Paul Biya, président de la République», peut-on lire dans le document paraphé par Hamadjoda Adjoudji.

Mais, pour beaucoup, cette sortie est trop vague et n’apporte rien de substantiel au débat, si ce n’est l’assurance que l’élite de l’Adamaoua, mise en cause dans le mémorandum, au lieu de se repentir en se livrant à un sincère meaculpa, préfère poursuivre sa politique de l’autruche en se convaincant, volontairement ou involontairement, que les choses vont bien. Les mécontents, circulez !

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