Biya en Suisse : le communiqué qui en dit long sans tout dire
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Le 18 juin 2026, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a publié un communiqué démentant les allégations de Jeune Afrique sur une hospitalisation du président Paul Biya à Genève, tout en confirmant sa présence en Suisse – un séjour qui attise les interrogations sur l'état de santé du chef de l'État âgé de 93 ans.

LE COMMUNIQUÉ QUI NE DISSIPE PAS TOUTES LES OMBRES

Il a 93 ans. Il est au pouvoir depuis 1982. Il est le plus vieux président en exercice au monde.

Et ce 18 juin 2026, Paul Biya est à Genève. Le gouvernement le confirme. Mais il dément avec force les allégations de Jeune Afrique sur une prétendue hospitalisation.

« Le Président de la République n'est donc pas hospitalisé », martèle le communiqué signé du ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi.

Pourtant, le magazine panafricain affirmait que le chef de l'État avait été pris en charge dans une clinique privée de la ville suisse, à la suite d'un malaise lors de la fête nationale du 20 mai.

Le gouvernement qualifie ces informations de « conjectures malveillantes et infondées ».

Mais en reconnaissant que le président « pourrait légitimement saisir l'opportunité de son séjour à Genève pour envisager de simples consultations médicales », le communiqué entretient le flou.

Alors, que cache réellement ce séjour genevois ? Et pourquoi le gouvernement camerounais tient-il tant à rassurer ?

L'affaire est loin d'être close.

Le communiqué du gouvernement – un démenti cinglant

Le 18 juin 2026, le ministère de la Communication a publié un communiqué officiel en réponse à un article de Jeune Afrique paru la veille.

Le magazine avait affirmé que Paul Biya était « pris en charge dans une clinique privée de Genève » à la suite d'un malaise survenu lors de la fête nationale du 20 mai.

Le gouvernement s'inscrit en faux contre cette « affirmation procédant manifestement de conjectures malveillantes et infondées ».

Le texte précise que le chef de l'État est bel et bien à Genève, mais « ne séjourne nullement dans un quelconque établissement hospitalier ».

Son état de santé « ne nécessite point une prise en charge médicale à la mesure de celle que laisse entendre Jeune Afrique ».

Enfin, le gouvernement assure que Paul Biya « regagnera le Cameroun dans les plus brefs délais ».

Jeune Afrique : une enquête qui ne dit pas son nom

De son côté, Jeune Afrique a publié un article intitulé « Paul Biya en Suisse : coulisses d'un nouveau séjour médical du président camerounais ».

Selon le magazine, le président aurait été admis dans une clinique privée genevoise et son séjour, « initialement prévu pour deux semaines, a d'ores et déjà été prolongé ».

L'article évoque également un malaise lors de la fête nationale du 20 mai, qui « a relancé le débat sur sa santé ».

D'autres sources ont rapporté que Paul Biya « a chuté lors de la réception du 20 mai au palais d'Etoudi ». Certains responsables du palais ont évoqué un simple « coup de fatigue ».

Face à ces informations, le gouvernement a choisi la réponse officielle. Mais le flou demeure sur les raisons exactes de ce séjour prolongé.

Un malaise lors du 20 mai : les rumeurs persistent

Le 20 mai 2026, le Cameroun célébrait sa fête nationale. Selon plusieurs sources, Paul Biya aurait été victime d'un malaise.

Des responsables du palais présidentiel ont évoqué un « coup de fatigue », tandis que d'autres sources ont fait état d'une chute.

CRTV, la télévision publique, aurait coupé ses images, et une évacuation sanitaire aurait été envisagée.

Ces rumeurs ont alimenté les spéculations sur l'état de santé du président, déjà fragilisé par son âge avancé 93 ans.

Genève : une destination médicale privilégiée pour les dirigeants camerounais

Les séjours de Paul Biya à Genève ne sont pas nouveaux. Depuis des années, le président camerounais se rend régulièrement en Suisse.

Il a déjà fréquenté plusieurs établissements de santé VIP, notamment la très huppée et secrète clinique de Genève.

En 2021, il avait atterri à Genève pour un séjour privé. En 2024, il était en convalescence à l'hôtel Intercontinental de Genève avec une assistance médicale.

La Suisse est une destination prisée par les dirigeants africains pour des raisons médicales et de discrétion. Mais pour les contribuables camerounais, ces séjours ont un coût.

Les enjeux : succession, transparence et pouvoir

Au-delà de la question médicale, ce séjour genevois soulève des enjeux politiques majeurs.

Paul Biya est au pouvoir depuis 1982. À 93 ans, la question de sa succession est sur toutes les lèvres.

Les spéculations sur sa santé sont fréquentes, et le gouvernement camerounais a déjà interdit aux médias de débattre de son état.

En réagissant aussi vivement à l'article de Jeune Afrique, le gouvernement montre sa sensibilité sur ce sujet.

Mais en confirmant que le président pourrait « envisager de simples consultations médicales », le communiqué alimente les interrogations.

Ce que le communiqué dit et ce qu'il ne dit pas

Le communiqué du 18 juin est un exercice d'équilibriste.

Il confirme la présence de Paul Biya à Genève.

Il dément l'hospitalisation.

Il laisse entendre que des consultations médicales sont possibles.

Il assure que le président suit les affaires du Cameroun depuis la Suisse.

Il promet un retour « dans les plus brefs délais ».

Mais il ne précise pas la date exacte du retour. Il n'explique pas pourquoi le séjour a été prolongé. Il ne donne aucun détail sur l'état de santé du chef de l'État.

Ce flou est propice à toutes les interprétations.

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