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Cameroun, Déraillement à Eseka: Voici la version recoupée de l’accident :: CAMEROON
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  • Camer.be : Yannick Ebosse
  • dimanche 23 octobre 2016 17:27:15
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Cameroun, Déraillement à Eseka: Voici la version recoupée de l’accident :: CAMEROON

Camrail et ses responsables demeurent jusqu’ici taiseux alors qu’un certain Edgar Alain Mebe Ngo’o voudrait expliquer l’incroyable. En quête de vérités plusieurs langues se sont déliées pour offrir l’explication initiale et établir les vrais responsables du déraillement d’Eseka. Des noms, rôles et responsabilités sont ainsi dévoilés. Enquête.

Le Cameroun enregistre dans son histoire le vendredi le plus noir de son existence. Dans une journée marathon ou la rupture d’une buse au niveau de Manyai dans l’arrondissement de Matomb a envoyé un afflux massif de camerounais à la mort, les responsabilités doivent être définies. Jusqu’ici à coups de communiqué, le bilan gouvernemental appuyé par celui venant de la société Camrail qui affiche un chiffre provisoire de morts à savoir 75 est loin de la réalité. Pourquoi vouloir camoufler une vérité qui finira par se dévoiler plus tard ? Dans une quête d’éclaircis voici le vrai bilan et d’autres révélations troublantes sur un vendredi sombre pour le Cameroun.

D’après plusieurs recoupements et une descente sur le terrain le jour du drame, aux environs de 17 heures, le bilan encore provisoire affichait déjà plus de 170 morts au compteur. Un chiffre révélé également à Dieudonné Ivaha Diboua, gouverneur du Littoral venu s’enquérir de la situation. Mais pour la consolidation des résultats provisoires et au cas où il fallait afficher des noms, la Camrail a fait face à un dilemme car au départ de Yaoundé au moins 1024 passagers ont officiellement pris part au voyage sans compter ceux ayant payé à l’intérieur. Parmi ceux-ci et enregistrés dans ses documents de voyage au niveau de la gare voyageur de Yaoundé, le chiffre de 1035 passagers est sans cesse avancé. Mais que de mensonges !

Si lors du journal télévisé de la CRTV l’on a avoué avoir ajouté 8 wagons alors que s’était 6 venus du voyage de Ngaoundéré (guerre de l’information y faisant) pour palier au flux grandissant de passagers, la responsabilité de l’accident épargne bon nombre d’acteurs directs et n’en épargne pas d’autres. En premier coupable, Monsieur le Ministre des transports Monsieur Edgar Alain Mebe Ngo’o qui d’après nos enquêtes aurait par le poids de sa fonction « presque » obligé les responsables de Camrail à atteler des wagons supplémentaires pour ce voyage fatale. D’après nos enquêtes, le second coupable serait sans aucun doute le Chef de gare qui a accepté l’attelage alors que garant de la sécurité et très au courant du fait que les wagons ajoutés (nouvelles acquisitions) ne possédaient aucun frein. Raison pour laquelle le conducteur de la locomotive soucieux de se couvrir aura au préalable demandé avant de quitter Yaoundé un document engageant devant le couvrir le cas échéant ; ce qu’il obtiendra.

Poursuivant notre quête de vérité, un agent de maitrise en fonction qui a requis l’anonymat va bien nous préciser que les nouvelles acquisitions de Camrail sont des voitures chinoises avec des lacunes incroyables. Très fragiles et avec vraisemblablement des défaillances de frein, elles ont été acquises par l’ancien Directeur General parti à Benirail emportant avec lui nos anciens wagons, eux en parfaite état de marche mais qui étaient juste vieillotte. Là se trouve le troisième responsable du drame camerounais d’Eseka. L’ancien Directeur General par une roublardise et une mesquinerie à nulle pareille a vendu presqu’à rien nos wagons à Benirail du Benin en prétextant qu’ils étaient vieux et avec la bénédiction des camerounais tapis au sein du conseil d’administration et de la tutelle de l’époque. Aujourd’hui nos anciennes voitures font ainsi la fierté de Benirail et n’ont pas encore

enregistré d’accident ni d’incident. Cette performance attribuée à la robustesse de ces voitures qui devaient, d’après les éclaircis de notre agent de maitrise, bénéficier juste d’un relooking extérieur en terme d’habillage, de peinture, etc. dans l’un des garages de Camrail. Au lieu de cela et pour distribuer des prébendes issues de l’achat nouvelles acquisitions auprès des chinois inexpérimentés dans ce domaine, l’ancien Directeur General de Camrail protégé dans sa démarche a feint en proposant un nouveau plan d’acquisition, d’avoir dans la flotte de Camrail des voitures vétustes.

Appât du gain ou faute professionnelle

La société Camrail a-t-elle envoyée à la mort plusieurs Camerounais en acceptant une surcharge ? D’après nos enquêtes, la locomotive prévue initialement pour tracter les wagons prévus au départ est une locomotive rapide habitué à battre des records de temps mis entre Yaoundé et Douala et vice versa raison de son appellation péjorative « Boko Haram ».

D’après un passager du train 152 de Camrail, à l’entrée de la gare d’Eseka, le train a subitement accéléré. Logé dans le neuvième wagon à partir du derrière, il ne verra que le basculement de son wagon avant de se retrouver sans-dessus-dessous. Avec un wagon renversé, la panique de plusieurs passagers piégés dans l’accident vont causer les bris d’hublots pour s’extirper de ce « piège ». Sorti finalement de ce « piège », c’est l’humidité d’un sol mouillé par la pluie et presque boueuse qui recevra les sinistrés. Après cela, la recherche des proches va ainsi démarrer. Le pire était arrivé à quelques kilomètres de Douala. Une autre version de l’accident est consultable sur un post sur le site www.facebook.com du journaliste Armand Okol. En précisant « qu’après 11 heures, départ du train intercity de la gare de Yaoundé avec environ 50 minutes de retard que d’habitude. Le temps qu’il a fallu pour le rajout de 6 wagons de plus que d’ordinaire. Au finish 17 voitures sont rattachées à la locomotive. Au lieu dit Milor-Maloume située à 7 km d’Eseka, première défection : signalement de panne de freins et donc vitesse désormais incontrôlée. Deux voitures lâchent. Les premières victimes se signalent. Dans sa course folle et les freins désormais hors services, 7 wagons se désolidarisent à l’entrée de la ville d’Eseka au lieu dit quartier Météo. Deuxième site du sinistre et de victimes. La vitesse désormais à son maximum crée la dislocation du reste des wagons en pleine gare de Eseka en faisant un maximum de victimes : des vendeurs situés habituellement sur l’itinéraire du chemin de fer, les populations riveraines, sans compter les passagers mêmes du train. Le cheminot qui ne peut ne pas savoir qu’il roule désormais en cavalier solitaire est toutefois incapable de stopper sa machine car n’ayant plus l’usage des freins. C’est seulement à 39 Km de la gare d’Eseka au lieu dit Messondo que la locomotive va enfin se stabiliser. ». Cette version très proche de la vérité voire véridique incrimine l’attitude du conducteur de la locomotive qui est déchargé de toutes responsabilités. Pourquoi ?

Toujours d’après les précisions de notre Agent de maitrise de la Camrail, nous apprendrons qu’à l’entrée de la gare d’Eseka à savoir Milo-Maloume existe une longue pente qui d’habitude oblige le conducteur de la locomotive à accélérer. Pour le cas précis, lorsque ce dernier constatera qu’il y a eu rupture d’alliage de quelques wagons à l’arrière et voulant sauver la vie des autres passagers des autres wagons, va très certainement augmenter la vitesse pour sortir de la pente et chercher à stabiliser le train sur un sol plat. Malheureusement pour lui l’effet d’entrainement et la défaillance de frein des voitures ne permettront pas de stabiliser la locomotive.

D’après les explications, si le conducteur choisissait de freiner après la pente, ce qui techniquement est impossible, les wagons seraient venus l’encastrer et les dégâts seraient plus importants. Le train ou la locomotive lorsqu’elle engage un freinage la fait après avoir parcourue des kilomètres. La locomotive « Boko haram » étant l’une voire la plus rapide de Camrail ira alors s’arrêter à Messondo. Quoi de plus normal !!!

Si les responsabilités sont faciles à déterminer dans cet accident, il faudrait aussi noter que Camrail aura subi la pression du gouvernement qui aurait expressément demandé au top management de prendre des mesures nécessaires pour palier à la rupture de circulation de la route Yaoundé Douala. Mais les responsables de la société étaient-ils obligés de surcharger la locomotive au lieu d’organiser plusieurs autres départs ? Nos sources affirment que ce sont les wagons du train en provenance de Ngaoundéré qui seront attelés à celui en partance pour Douala.

Le dérapage de Mebe Ngo

« Lorsqu’on est un ministre de la république, il faut apprendre a garder une réserve ou bien se taire lorsqu’on a pas d’information » va nous confier un sinistré se plaignant d’une douleur au pied au moment de lui confier que le Ministre des transport a démenti formellement l’information sur le déraillement lors de l’édition du journal parlé radio de 13 heures au poste national de la chaine national CRTV. La honte l’envahira lorsqu’il va embarquer dans un hélicoptère militaire pour la destination concernée. Malheureusement, arrivé sur les lieux, le prétentieux Mebe Ngo’o ne va même pas daigner rectifier cette bourde, se contentant d’écouter les explications des responsables présents.

Dernier bilan

Le gouvernement annonce 55 morts et 575 blessés. Mais lors de la descente effectuée par certaines autorités, l’on dévoilait le chiffre de plus de 170 morts et plus de 600 blessés avec bon nombre dont le bilan vital est engagé. La compilation ayant été difficile au regard de la complexité de l’identification de plusieurs passagers, n’aura pas permis d’affirmer ledit chiffre. Les autorités en charge de gérer cette crise s’étant attardé sur les corps fichés et inscrits sur les fiches enregistrés à Yaoundé. Au regard du bilan qui s’alourdit au fur et à mesure, la seule interrogation reste à savoir qui va payer la note ? Y aura-t-il des procédures judiciaires contre Camrail? Y aura-t-il des prises en charge délivrée par Camrail pour les obsèques ? Le deuil national décrété par le Chef de l’Etat ne pourrit sécher les larmes ni diminuer les frustrations.

23oct.
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