Camer.be
Ce 30 novembre 2015 , 26 ans après le décès d'Ahmadou Ahidjo, que reste t-il au Cameroun avec son successeur qui en a fait une chefferie? :: CAMEROON
CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • copy; Correspondance particulière pour Camer.be : Bidja'a Engozo'o Alphonsine
  • lundi 30 novembre 2015 11:02:53
  • 6116

Ce 30 novembre 2015 , 26 ans après le décès d'Ahmadou Ahidjo, que reste t-il au Cameroun avec son successeur qui en a fait une chefferie? :: CAMEROON

S'il était mort, récemment, quelles grandioses funérailles nationales eussent honoré la dépouille de celui dont on a salué la grandeur et l'élégance de la démission ! Décédé à soixante-cinq ans, le 30 novembre 1989, Ahmadou Ahidjo a été inhumé sans cérémonie en terre étrangère.

Ahmadou Babatoura Ahidjo (né le 24 août 1924 à Garoua, Cameroun - mort le 30 novembre 1989 à Dakar, Sénégal) est le premier président de la République du Cameroun. Fils d'un chef foulbé de religion musulmane, Ahidjo est un autodidacte qui a intégré l'administration française comme télégraphiste puis opérateur radio.
 
Élu à l'assemblée territoriale du Cameroun en 1947, il devient conseiller de l'Assemblée de l'Union française de 1953 à 1958 et président de celle-ci en 1957. Vice-Premier ministre chargé de l'intérieur après l'octroi de l'autonomie interne au Cameroun, puis ministre de l'Intérieur (mai 1957). 

Grâce à un passage en force sagement orchestré par Jean Ramadier, haut-commissaire français de l'État du Cameroun sous tutelle des Nations unies, il fait tomber le gouvernement André-Marie Mbida en démissionnant avec la totalité des ministres du Nord qui lui sont fidèles. 

Il remplace ainsi André-Marie Mbida à la tête du gouvernement en février 1952. Grâce à son parti l'Union camerounaise, à une constitution taillée sur mesure et l'aide active de l'armée française qui réduit les rébellions Bamiléké et Bassa (de l'Union des populations du Cameroun (UPC) proche des communistes de Ruben Um Nyobe), il est élu en mai 1960 président de la République. 

Proclamant l'amnistie des maquisards de l'UPC, il réussit à ramener une confiance couronnée par la réunification avec une partie du Cameroun britannique (qui refuse l'intégration au Nigeria après référendum). Le pays devient un État fédéral en octobre 1961.

Ahidjo pense mener un développement économique qui favoriserait l'unification progressive du pays. En avril 1964, Mbida Marguerite, âgée de 36 ans, mère de quatre enfants et épouse du prisonnier politique Mbida condamné à trois ans de prison ferme, se présenta comme tête de liste du PDC aux élections législatives d’avril 1964. 

Le PDC fut le seul parti politique à avoir osé se présenter à ces élections législatives. Les leaders d’opinion camerounais de cette époque sont tous soit en exil soit en prison. 

Les résultats de ces élections selon des sources dignes de foi (3) donnent une victoire massive au PDC dans ce qui s’appelle alors le Nyong-et-Sanaga. Cette victoire électorale leur fut confisquée au nom de l’unité nationale et du parti unique en gestation. Les électeurs refusèrent que leur soit volée cette victoire électorale. Le gouvernement camerounais de 1964 fit descendre la gendarmerie dans les villages et les protestataires furent massivement déportés vers les camps de concentration tristement célèbres de Mantoum, Tcholliré et Mokolo. Il est réélu en 1965.

Malgré l'opposition du Parti des démocrates camerounais et de l'aile dissidente de l'UPC, il fonde en 1966 un parti unique, l'Union nationale camerounaise (UNC), assigne André-Marie Mbida en résidence surveillée (4). Au début des années 1970, il parvient à réduire substantiellement l'activité insurrectionnelle de l'UPC grâce à des succès militaires dont le plus grand est la reddition, le jugement et l'exécution capitale en 1970 d'Ernest Ouandié, dernier chef historique de l'UPC. 

Ahmadou Babatoura Ahidjo est réélu en 1970. Un référendum approuve en mai 1972 une constitution qui fait du Cameroun un État unitaire. Si le président défend à l'extérieur les instances de l'OUA, il se retire cependant, en 1973, de l'Organisation commune africaine et malgache (OCAM).

De façon inattendue, Ahidjo âgé de 58 ans, qui tient le pays d'une main de fer en ayant réduit à néant la contestation de son régime, si forte au début de son règne, décide, tout d’un coup, de se retirer du pouvoir et de céder sa place à son successeur constitutionnel, Paul Biya, le 4 novembre 1982, officiellement pour raisons de santé. Il quitte l'UNC l'année suivante à cause de conflits internes.

Après une tentative avortée de coup d'État contre le gouvernement à laquelle il a toujours nié avoir participé le 6 avril 1984, il est accusé et condamné à mort l'année suivante par contumace.

Séjournant alors entre la France, l'Espagne et le Sénégal pendant ces événements, il ne rentra jamais au Cameroun et s'installe au Sénégal. Ahmadou Babatoura Ahidjo y meurt le 30 novembre 1989 et y demeure enterré

Les grands travaux sous Ahmadou Ahidjo (5)

•Barrages hydro-électriques de Edéa (extensions) - Song Loulou – Lagdo 
• Barrages réservoir de retenue d’eau Mbakaou – Bamendjin – Maga – Tchidifi Mokolo 
• Réseaux électriques interconnectés 
Littoral – Sud Ouest – Ouest – Nord Ouest 
Littoral – Centre Sud – 
Nord – Extrême Nord

Les routes bitumées 

Yaoundé – Mbalmayo – Sangmélima 160 km 
Yaoundé– Bafia – Bangangté – Bafoussam – Bamenda : 400 km 
Yaoundé – Nkolbisson – Zamengoué : 30 km 
Douala -N'kongsamba-Bafang- Bafoussam – Foumban : 325 km 
Bangangté – Bafang : 50 km 
Douala – Edéa – Yaoundé : 240 km 
Douala – Tiko- Limbé : 90 km 
Mutengene – Kumba : 90 km 
Mutengene – Buea : 15 km 
Ngaoundéré – Garoua – Maroua : 480 km 
Maroua - Mora – Waza – Maltam : 225 km 
Maroua – Mokolo : 80 km 
Magada – Kaélé – Yagoua : 140 km 
Golombé - Guider – Mayo Oulo : 80km 
Guider – Bidzar : 30 km 
Bogo – Maga : 36 km 
Tibati – Ngaoundal : 100 km 
Belabo – Bertoua : 90 km 

Chemin de Fer 

Construction des lignes : Yaoundé – Mbandjock - Nanga Eboko - Belabo - Ngaoundal – Ngaoundéré : 600 km
Mbanga –Kumba : 30 km 

Ports et Aéroports 

Extension du port de Douala 
Construction des aérogares de Douala ; Yaoundé ; Garoua 
Construction de l’aéroport de Bertoua 
Bitumage des pistes de Douala ; Yaoundé ; Ngaoundéré ; Garoua ; Maroua 
Abandon des pistes d’atterrissage de Yagoua ; Kaélé ; Banyo ; Tibati ; Batouri ; Dschang 

Enseignement Supérieur 

• Création de l’Université de Yaoundé et des Centres universitaires de Douala, Ngaoundéré et de Dschang 

• Création de Grandes Ecoles : ENAM, EMIA, ENS, CUSS, INJS, IRIC, Polytechnique, ENS de Police, ENP & T, ENT.P 

• Droits d’inscription à l’Université : 3 000 F 

• Bourses payées aux étudiants : 25 000 F au moins ; 60 000 F au plus. 

Bâtiments publics représentatifs construits 

Immeubles ministériels abritant : MINATD Agriculture & Elevage ; Justice & Santé ; MINEFI ; Travail & Sécurité Sociale ; P&T ; Education Nationale & Fonction Publique 
Commerce et Industrie ; Eau et Energie; Communication & Culture ; Délégation Gle à la Sûreté Nle ; Assemblée Nationale ; Palais de l’Unité - Siège CNPS - Palais des congrès - Tour CRTV/Mballa II 
Cité Bonamoussadi Douala – Maképé Douala – Buea – Garoua - Maroua 
Province du Centre ; Province du Nord – PTT Garoua – Contr Prov. Finances Garoua 
Palais présidentiels : de Buéa – Bafoussam - Douala – Kribi – Garoua – Ngaoundéré - Batchenga - Mont Febé , Maison de la radio Nationale Yaoundé , SIC Cité verte Yaoundé – Grand et petit Messa Yaoundé – Cité des Manguiers Yaoundé – Biyem Assi Yaoundé – Cité Bonamoussadi Douala – Maképé Douala – Buea – Garoua – Maroua – Palmiers Douala – Bassa Douala 

Santé publique 

Extension Hôpital Central Yaoundé 
Extension Hôpital Laquintinie Douala 
Extension Hôpital Garoua, Maroua et Ngaoundéré 
Construction Hôpital Général Ebolowa 

Sport, Arts & Lettres 

Construction 4 stades Omnisport : Yaoundé – Douala – Garoua - Bafoussam (inachevé) 
1 qualification Coupe du Monde de football 
1 médaille d’argent et 2 bronze, Olympiques 
Création Prix littéraire de l’Excellence- Fonds de développement de l’Industrie cinématographique – 
Musée National – Troupe natinnale et Orchestre Nationnal 

Entreprises publiques 

 • Création de :SEMRY – SODECOTON – SODERIM – SOCAME – Mission de Développement de la Plaine de NDOP SODECAO – UCCAO - OCB - ONCPB SOSUCAM – CAMSUCO - CHOCOCAM ZAPI/Est - SCT – MIDEVIV - SACHERIES-CDC – HEVECAM – CELLUCAM – CICAM -SOTUC - MIDEPECHE – SODEPA - Crevettes du Cameroun- SNI – BCD – SCB – BIAO – FONADER - FOGAPE – CAPME – FEICOM –CREDIT FONCIER – FODIC - LABOGENIE – MATGENIE – CERICAM – CIMENCAM – SIC - MIDIMA - SONEL – SNEC – SONARA – CSPH – SNH-CAMAIR – SOCATOUR - CAMSHIP – CNC - SOCAR – CNR – CNPS - TANNERIES 

En 2015, ce 30 novembre , 26 ans après le décès d'Ahmadou Ahidjo, que reste t-il au Cameroun avec son successeur qui en a fait une chefferie?

1- République du Cameroun (1960-1961), République fédérale du Cameroun (1961-1972) puis République unie du Cameroun (1972-1984).
2- Stéphane Prévitali, Je me souviens de Ruben: mon témoignage sur les maquis du Cameroun, 1953-1970, Karthala (1999), Collection Tropiques,(ISBN 978-2-86537-807-4).
3-Hebdomadaire l'Effort camerounais, avril 1964
4- Daniel Abwa André-Marie Mbida, premier Premier ministre camerounais (1917-1980): autopsie d'une carrière politique Racines du présent, Éditions L'Harmattan, 1993,(ISBN 978-2-7384-1593-6).
5- Le Messager, nov 2005

© Correspondance particulière pour Camer.be : Bidja'a Engozo'o Alphonsine
30nov.
Lire aussi dans la rubrique POINT DE VUE
Vidéo