Koutaba : Un élève meurt après son échec au BEPC
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Mohamed Arafat, élève en classe de 2nde A4 ESP au Lycée Bilingue de Koutaba, est décédé le 6 juillet 2026, quelques heures après l'annonce des résultats du BEPC, victime d'un choc émotionnel après avoir constaté son échec et subi des moqueries de ses camarades.

Il avait 16 ans. Peut-être 17. Un adolescent comme tant d'autres, qui avait passé des mois à réviser, à espérer, à croire en un avenir meilleur. Mohamed Arafat, élève en classe de 2nde A4 ESP au Lycée Bilingue de Koutaba, dans la région de l'Ouest du Cameroun, est mort le 6 juillet 2026.

Pas dans un accident. Pas d'une maladie. Il est mort après avoir appris qu'il avait échoué au BEPC.

Les résultats venaient d'être affichés. Comme des milliers de candidats à travers le pays, il cherchait son nom sur la liste. Il l'a cherché une fois, deux fois, trois fois. En vain. Et puis, une voix s'est élevée, cruelle, lancinante : « Grand-père, faut laisser ! À la rentrée, viens t'inscrire avec tes enfants ! ».

Quelques instants plus tard, Mohamed Arafat s'effondrait. Il ne s'est jamais relevé.

Ce drame, survenu au lendemain de la proclamation des résultats du BEPC 2026, soulève une question douloureuse : à quel point la pression des examens et les moqueries entre élèves peuvent-elles briser des vies ?

La proclamation des résultats du BEPC 2026

Le lundi 6 juillet 2026, les résultats du Brevet d'Études du Premier Cycle (BEPC) ont été proclamés dans tout le Cameroun. Comme chaque année, des milliers de candidats se sont rendus dans leurs établissements respectifs pour consulter les listes d'admis. Au Lycée Bilingue de Koutaba, une commune située dans la région de l'Ouest, l'ambiance était particulièrement chargée en émotions.

Entre les cris de joie des admis et les larmes de ceux qui n'ont pas réussi, la journée s'annonçait déjà difficile. Mais personne n'imaginait qu'elle se terminerait par un drame.

La tragédie : Un choc émotionnel fatal

Mohamed Arafat, élève en classe de 2nde A4 ESP, était affectueusement surnommé « Grand-père » par ses camarades. Ce jour-là, comme des centaines d'autres candidats, il s'est rendu devant le tableau d'affichage pour vérifier son admission. Il a cherché son nom une fois, deux fois, plusieurs fois. Malgré de longues minutes de vérification, il ne serait pas parvenu à le retrouver.

C'est alors que la situation a basculé. Selon des témoins, alors qu'il poursuivait ses recherches avec une détresse grandissante, un candidat admis lui aurait lancé une remarque moqueuse. Les propos rapportés sont glaçants : « Grand-père, faut laisser ! À la rentrée, viens t'inscrire avec tes enfants ! »

Ces mots, prononcés avec cruauté, ont été un coup de grâce pour le jeune adolescent déjà profondément affecté par son échec. Peu après, Mohamed Arafat s'est effondré. Malgré les tentatives de secours, il a succombé. Selon le communiqué du proviseur de l'établissement, c'est l'annonce de son échec qui aurait provoqué ce choc fatal.

Le père : Un surveillant de secteur

Le drame est d'autant plus poignant que le père du défunt, Mefire Yacouba, exerce lui-même comme surveillant de secteur dans un établissement scolaire. Un homme qui, chaque jour, veille sur la discipline et le bien-être des élèves, et qui a perdu son propre fils dans des circonstances tragiques liées à l'école. La direction du Lycée Bilingue de Koutaba a présenté ses condoléances à la famille et à toute la communauté éducative.

Le poids de la pression scolaire : Un signal d'alarme

Ce drame relance, une fois de plus, la question du poids psychologique que représentent les examens officiels pour certains adolescents camerounais. Le BEPC, comme le CEP ou le Probatoire, cristallise chaque année des espoirs familiaux immenses. L'échec est vécu comme une humiliation, une déception familiale ou une perte d'avenir.

Dans ce contexte, les moqueries peuvent aggraver la détresse émotionnelle des élèves fragilisés. Les mots prononcés dans ces moments peuvent blesser profondément, surtout lorsqu'ils visent un candidat déjà affecté par son échec.

Des statistiques qui interpellent

Les statistiques d'échec au BEPC restent chaque année autour d'une moitié des candidats, selon les chiffres généralement communiqués par l'Office du Baccalauréat du Cameroun. Un chiffre qui, mis en perspective avec ce genre de drame, pose question sur le suivi psychologique proposé aux jeunes en cas d'échec.

Ce n'est pas un cas isolé

La mort de Mohamed Arafat rappelle que ce type de drame n'est malheureusement pas isolé. Chaque année, plusieurs élèves décèdent après leur échec à un examen ; certains par suicide, d'autres par choc émotionnel. Un signal d'alarme sur l'accompagnement des élèves après les résultats et sur la nécessité d'une prise en charge psychologique dans les établissements scolaires.

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