MRC : Willy Mengue exclu, la guerre interne s'intensifie
CAMEROUN :: POLITIQUE

CAMEROUN :: MRC : Willy Mengue exclu, la guerre interne s'intensifie :: CAMEROON

Willy Mengue, figure médiatique et ancien responsable du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a été définitivement exclu du parti par le Comité national de médiation et d'arbitrage le 29 juin 2026, une décision validée à l'unanimité par le Directoire le 7 juillet, alors que deux militants saisissent la justice pour contester la légitimité de Maurice Kamto.

Les murs du siège national du MRC, à Yaoundé, ont tremblé. Une réunion du Directoire, tenue en juillet 2026, a validé une décision qui promet de faire des vagues : l'exclusion définitive de Willy Mengue.

Mais cette sanction, prononcée le 29 juin par le Comité national de médiation et d'arbitrage (CNMA) pour « violation répétée du devoir de loyauté », est bien plus qu'une simple mesure disciplinaire. Elle s'inscrit dans un contexte de tensions profondes qui menacent l'unité du principal parti d'opposition camerounais, à quelques mois des élections législatives et municipales de 2026.

Car Mengue n'est pas un militant ordinaire. C'est un communicant chevronné, une voix médiatique du MRC, celui qui, sur les plateaux de télévision, osait critiquer ouvertement la direction de Maurice Kamto, allant jusqu'à évoquer l'existence de « deux MRC ». Sa radiation est le point d'orgue d'une guerre des clans qui ne cesse de s'amplifier.

Pire encore, l'affaire prend une tournure judiciaire. Willy Mengue, aux côtés de Laure Noutchang, a saisi le Tribunal de première instance d'Ekounou pour contester la légitimité de Maurice Kamto à la tête du parti. L'audience, fixée au 9 juillet 2026, pourrait bien être le théâtre d'un séisme politique. D'un côté, la direction du MRC, qui brandit la discipline. De l'autre, des militants qui estiment que le parti est en train de s'éloigner de ses idéaux. Au milieu, une question : le MRC survivra-t-il à ses propres démons ?

Une opposition sous pression

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), dirigé par Maurice Kamto, est la principale formation politique d'opposition au Cameroun. À l'approche des élections législatives et municipales de 2026, le parti fait face à un double défi : maintenir sa cohésion interne et éviter que ses querelles ne se transforment en vulnérabilité juridique. C'est dans ce climat tendu que la décision d'exclusion de Willy Mengue est intervenue.

L'exclusion : Une procédure disciplinaire

La procédure disciplinaire a été engagée après une plainte déposée par Joseph Taffo, membre de la fédération régionale du Littoral II. Le CNMA reproche à Willy Mengue d'avoir multiplié, ces derniers mois, des prises de position publiques mettant en cause la direction du MRC.

Parmi les griefs retenus contre lui :
- Avoir contesté la légitimité des dirigeants issus de la convention du 21 décembre 2025.
- Avoir affirmé qu'il existait « deux MRC ».
- Avoir qualifié le parti de « tribaliste ».
- Avoir appelé à la démission de Maurice Kamto.

Selon le CNMA, Willy Mengue avait été invité à présenter ses observations dans un délai de quatre jours, mais aucune réponse n'a été transmise dans le délai imparti. La procédure s'est donc déroulée en son absence. À l'issue de ses délibérations, le comité a estimé que les faits reprochés constituaient une violation répétée du devoir de loyauté, un refus de se conformer à la ligne officielle ainsi que des actes assimilés à une trahison des intérêts de la formation politique.

La validation du Directoire

La décision du CNMA a été soumise au Directoire national du MRC, réuni en sa première session du mois de juillet 2026 au siège national. Les membres du Directoire ont approuvé à l'unanimité l'exclusion définitive de Willy Mengue. La sanction est entrée en vigueur immédiatement.

La riposte judiciaire : Une contestation en règle

Mais Willy Mengue ne compte pas en rester là. Aux côtés de Laure Noutchang et d'un troisième militant, il a saisi le Tribunal de première instance d'Ekounou pour contester la légitimité de Maurice Kamto.

Les requérants ont déposé deux référés d'heure à heure, une procédure d'exception réservée aux situations de péril imminent. Ils demandent au juge :
1. D'interdire à Maurice Kamto de s'exprimer publiquement au nom du MRC.
2. D'annuler l'intégralité des décisions prises pendant son absence.
3. De désigner un mandataire provisoire pour diriger le parti.

Leurs arguments reposent sur une thèse précise : Maurice Kamto aurait démissionné du MRC en juin 2025 pour adhérer au MANIDEM dans le cadre de la présidentielle de 2025, laissant le parti en vacance de direction. La Convention extraordinaire du 21 décembre 2025, tenue dans ces conditions prétendument irrégulières, serait donc nulle.

La défense du MRC : Une argumentation juridique serrée

La direction du MRC ne compte pas se laisser faire. Me Roland Dieuwou, secrétaire national chargé des affaires juridiques du parti, a qualifié la saisine des dissidents de « légère » et leur a lancé : « Allez chercher autre chose ! ».

Dans une argumentation juridique détaillée, l'avocat démontre que la procédure est infondée. Il rappelle que le Directoire du MRC avait déjà constaté le 21 juillet 2025 que la démission de Maurice Kamto « n'entre pas dans les prévisions de l'article 68(2) du règlement intérieur », et que le Conseil National du 6 septembre 2025 avait ratifié cette position avant de confirmer le retour à la tête du parti de son président.

Me Dieuwou souligne également que l'article 19 des statuts permet au Conseil National de prendre des décisions relevant de la compétence de la Convention en cas d'urgence. Il rappelle que le règlement intérieur est subordonné aux dispositions des statuts.

Les enjeux : Une bataille pour l'avenir du MRC

Cette affaire dépasse largement le cas de Willy Mengue. Elle révèle des fractures profondes au sein du MRC, qui pourraient compromettre ses chances lors des prochaines échéances électorales.

D'un côté, la direction du parti, incarnée par Maurice Kamto, tente de maintenir la discipline et de présenter un front uni. De l'autre, des militants estiment que le parti s'est éloigné de ses idéaux démocratiques et que la direction est illégitime.

La bataille judiciaire du 9 juillet 2026 pourrait être décisive. Si les requérants obtiennent gain de cause, c'est l'ensemble de l'édifice du MRC qui pourrait s'effondrer. Si la direction l'emporte, elle sortira renforcée, mais au prix d'une exclusion qui laisse des traces.

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp 

Lire aussi dans la rubrique POLITIQUE

Les + récents

partenaire

canal de vie

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo


L'actualité en vidéo