-
© Camer.be : Avec JA
- 08 Jul 2026 01:18:08
- |
- 338
- |
CAMEROUN :: Faux décret : Oswald Baboke auditionné par la DSP, une tentative de coup d'État ? :: CAMEROON
Un faux décret annonçant la nomination d'un vice-président a failli être lu à la CRTV le 12 juin 2026. L'enquête menée par le Secrétariat d'État à la Défense (SED) et la Direction de la sécurité présidentielle (DSP) pointe vers Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil de Paul Biya, dont le nom figurait sur le document original. Alors que Baboke dénonce un complot, les investigations révèlent une possible tentative de « coup d'État institutionnel » dans un contexte de bataille sourde pour la succession du président Biya, 93 ans, absent de la scène publique depuis plus d'un mois.
Le 12 juin 2026, à 16h45, un homme franchit les portes du siège de la CRTV, la télévision nationale du Cameroun. Il tient une enveloppe. À l'intérieur, deux documents. Deux décrets présidentiels. Le premier annonce la nomination d'un vice-président de la République. Le second détaille un remaniement ministériel.
Les sceaux officiels de la Présidence y sont apposés. La signature attribuée à Paul Biya est là, impeccable. Le document doit être lu au journal de 17 heures.
Mais le projet échoue. Un responsable de la CRTV, alerté par plusieurs anomalies, contacte le directeur du Cabinet civil de Paul Biya. La réponse est sans appel : le texte ne provient pas de la présidence.
L'homme, Johann Sitchom, est arrêté. Mais l'affaire ne fait que commencer.
Car en fouillant le dossier, les enquêteurs du Secrétariat d'État à la Défense font une découverte troublante : le nom qui figurait sur le décret original n'était pas celui de Sitchom. C'était celui d'Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil, homme de l'ombre, proche de la Première Dame Chantal Biya.
Ce mardi 7 juillet 2026, Baboke est convoqué par la Direction de la sécurité présidentielle. L'affaire, qualifiée de « tentative de coup d'État institutionnel » par les services de renseignement, pourrait bien révéler une lutte sourde pour la succession du président Biya, 93 ans, dont on est sans nouvelles depuis plus d'un mois.
Le Cameroun retient son souffle.
Le 12 juin 2026 : un faux décret à la CRTV
Tout commence le 12 juin 2026. Ce jour-là, Johann Sitchom se présente au siège de la CRTV, la télévision nationale, porteur d'une enveloppe contenant deux prétendus décrets présidentiels. Le premier annonce la nomination d'un vice-président de la République ; le second détaille un remaniement ministériel. Les documents, avec sceaux officiels et signatures attribuées à Paul Biya, doivent être lus au journal de 17 heures.
Sitchom, un diplômé en sciences politiques de l'université de Soa, demande à être orienté vers la direction des actions de souveraineté, affirmant avoir été mandaté par le palais présidentiel. Il est finalement conduit auprès d'Aimé Robert Bihina, le patron de la radio gouvernementale. Alerté par plusieurs anomalies, Bihina contacte le directeur de la CRTV, Charles Ndongo, qui joint Samuel Mvondo Ayolo, directeur du Cabinet civil de Paul Biya. Ce dernier confirme aussitôt que le texte ne provient pas de la présidence.
Le ministère de la Défense dépêche des militaires de la sécurité militaire pour procéder à l'arrestation du jeune homme. Le dossier est transmis au Secrétariat d'État à la Défense (SED), où les investigations sont coordonnées par Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence.
Johann Sitchom : un instrument ou un manipulateur ?
Interrogé, Johann Sitchom livre une première version : le document lui aurait été envoyé rempli par son interlocuteur. Deux jours plus tard, il en livre une seconde : on lui aurait donné le nom d'une application permettant d'extraire un décret authentique, d'en conserver la signature et le cachet, puis d'en modifier le contenu. C'est lui-même qui aurait ensuite inscrit son patronyme sur le document.
La mère de l'intéressé, elle aussi questionnée par les enquêteurs, a déclaré que son fils souffre de troubles dépressifs depuis plusieurs années, au point qu'il a effectué une « retraite spirituelle » de trois mois au sein de l'église de la famille. Selon elle, un homme aurait profité de son présumé état de vulnérabilité pour le convaincre de télécharger une application permettant de fabriquer le faux décret.
Mais les enquêteurs notent que Sitchom n'aurait montré aucun signe de faiblesse mentale lors de son passage à la CRTV et que son discours était parfaitement cohérent. Cette contradiction alimente les suspicions sur une possible manipulation.
La découverte qui change tout
C'est ici que l'affaire prend une tournure explosive. Selon des sources qui ont consulté le rapport d'enquête, en lieu et place du nom de Sitchom, le faux décret aurait en réalité mentionné Oswald Baboke comme vice-président nommé.
Le document, daté du 8 juin 2026, présentait le profil d'un « vieux routier de la politique, proche de la Première Dame Chantal Biya » des éléments qui correspondent trait pour trait à Oswald Baboke.
Oswald Baboke est directeur adjoint du Cabinet civil de Paul Biya. Ministre plénipotentiaire, il est considéré comme l'un des conseillers les plus influents de la Première Dame. Son ascension fulgurante dans l'appareil d'État en fait un acteur clé du sérail.
Une tentative de « coup d'État institutionnel » ?
Des rapports de la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) au chef de l'État évoquent une possible tentative de « coup d'État institutionnel », s'éloignant de la théorie d'une action isolée menée par un déséquilibré.
Cette qualification, si elle se confirme, donnerait à l'affaire une dimension politique majeure. Il ne s'agirait plus d'une simple tentative d'escroquerie, mais d'une manipulation visant à déstabiliser les institutions de la République.
Les investigations sont menées conjointement par le SED, sous la direction de Galax Yves Landry Etoga, un proche de Ferdinand Ngoh Ngoh, et par la Direction de la sécurité présidentielle (DSP), sur instruction directe de Paul Biya.
La visite mystérieuse de la mère de Sitchom
Un épisode crucial reste à éclaircir : la visite de la mère de Sitchom au domicile d'Oswald Baboke quelques jours après l'arrestation de son fils. Cette visite a été documentée par des agents de la DGRE et des clichés ont été versés au dossier d'enquête.
Pour les proches d'Oswald Baboke, cette visite relève d'un « coup monté ». Ils dénoncent un complot dans le contexte de la discrète bataille pour la future vice-présidence, qui pourrait précéder celle pour la succession du chef de l'État. Ils démentent par ailleurs que la mère de Sitchom serait une fidèle de l'église de Baboke et assurent que ce dernier n'a jamais entretenu de relations avec elle.
La convocation de Baboke par la DSP
Ce mardi 7 juillet 2026, Oswald Baboke doit être auditionné par la Direction de la sécurité présidentielle (DSP). Le directeur adjoint du Cabinet civil avait déjà été entendu ces derniers jours au Tribunal criminel spécial (TCS).
La DSP est une unité d'élite dirigée par le Général de Division Ivo Desancio Yenwo, un gendarme chevronné de 83 ans qui veille sur la protection rapprochée du président Paul Biya depuis 2004. Le choix de confier l'enquête à ce chef militaire souligne la dimension hautement stratégique de l'affaire.
Selon des informations concordantes, Paul Biya a personnellement marqué son accord pour que cette audition spéciale se tienne, malgré son absence prolongée du territoire.
Le contexte : un président absent, une succession en jeu
L'affaire Baboke intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. Paul Biya, 93 ans, n'a pas été vu en public depuis la fête nationale du 20 mai 2026. Le gouvernement affirme qu'il est en Suisse pour un « séjour privé », mais aucune preuve de vie n'a été fournie.
Sa fille, Brenda Biya, a déclaré que « son père est mourant ». Le magazine Jeune Afrique a révélé qu'il aurait été hospitalisé dans une clinique privée de Genève après un malaise. Le gouvernement a démenti, mais le doute persiste.
Dans ce vide sidéral, la question de la succession du « Sphinx de Mvomeka'a » est sur toutes les lèvres. L'affaire des faux décrets pourrait n'être que le symptôme d'une lutte plus large pour le contrôle du pouvoir, alors que le président vieillissant s'éloigne de la scène publique.
Baboke, victime ou coupable ?
Pour ses proches, Oswald Baboke est la victime d'un complot ourdi par ses adversaires au sein du sérail. Ils pointent du doigt Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, qui coordonne les investigations.
Pour les enquêteurs, Baboke pourrait être le commanditaire de cette tentative de manipulation, visant à se faire nommer vice-président en profitant de l'absence de Paul Biya.
La vérité est peut-être entre les deux. L'affaire Baboke révèle en tout cas les luttes de pouvoir qui animent le sommet de l'État camerounais, à un moment où la santé du président suscite les plus vives inquiétudes.
Les prochains jours seront décisifs
L'audition d'Oswald Baboke par la DSP pourrait permettre de faire la lumière sur les commanditaires réels de cette tentative de manipulation. Les prochains jours pourraient être décisifs pour l'avenir politique du Cameroun.
Une chose est sûre : le Cameroun n'a jamais été aussi proche d'une crise institutionnelle majeure. Et cette fois, les fantômes du palais de l'Unité pourraient bien être démasqués.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi dans la rubrique SéRAIL
Les + récents
Faux décret : Oswald Baboke auditionné par la DSP, une tentative de coup d'État ?
SNH : Adolphe Moudiki absent depuis 3 ans, sa femme dirige à sa place
Maroc : « Nous ne représentons pas l'Afrique », déclare le ministre des Sports
MRC : Willy Mengue et Laure Noutchang attaquent Kamto en justice
SNH : huit ans de location, zéro infrastructure
LE DéBAT
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- 17 December 2017
- /
- 242435
canal de vie
Vidéo de la semaine
évènement
