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© Camer.be : La rédaction
- 03 Jul 2026 13:23:55
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CAMEROUN :: « Assumez votre richesse » : le pasteur et l'inspectrice :: CAMEROON
Inspectrice principale à la Direction Générale des Impôts, Crescence Awapira Baboke exigerait 20 % du montant des crédits de TVA pour débloquer les remboursements, une pratique qui dure depuis 2016 et fragilise des centaines d'entreprises camerounaises.
Elle traque les contribuables jusqu'au restaurant.
Elle exige 20 % du montant de leur crédit de TVA, un droit légal pour daigner traiter leur dossier.
Elle est inspectrice principale à la Direction Générale des Impôts du Cameroun. Elle s'appelle Crescence Awapira Baboke. Et ses collègues l'ont surnommée "Jézabel".
Depuis 2016, cette haute fonctionnaire aurait transformé le remboursement du crédit de TVA un mécanisme fiscal conçu pour soutenir les entreprises en une machine à cash. Selon des sources concordantes, elle conditionne tout suivi de remboursement au versement de 20 % du montant principal du crédit.
Les victimes ? Des entreprises des Unités de Gestion spécialisées (DGE, CIME, CSI), des missions diplomatiques, des organismes reconnus d'utilité publique.
Son mari, Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil de la présidence de la République, est lui aussi sous le feu des projecteurs. Ensemble, ils auraient bâti un empire économique hydrocarbures, restauration de luxe, immobilier que leurs seuls salaires de fonctionnaires ne sauraient expliquer.
Le Directeur Général des Impôts, qui verserait mensuellement 100 millions de FCFA à sa collaboratrice, est désormais interpellé. Une question brûle toutes les lèvres : comment deux fonctionnaires peuvent-ils devenir milliardaires sans trafics ?
LE MÉCANISME : UN DROIT DEVENU PRISON
Le remboursement du crédit de TVA est une modalité fiscale élaborée par l'État camerounais pour permettre aux entreprises éligibles de récupérer la TVA déductible lorsqu'elle est supérieure à la TVA collectée. En théorie, c'est un droit. En pratique, un calvaire.
Les pouvoirs publics ont réduit les délais de traitement. Les conditions d'éligibilité identifient clairement les contribuables bénéficiaires. Mais depuis 2016, un "chapelet de mauvaises pratiques" s'est instauré, alimenté et mis en œuvre par une seule personne : Mme Awapira Baboke Crescence.
Après avoir assuré les fonctions de Chef de cellule du suivi, des analyses et des recours gracieux, elle a jeté son dévolu sur le suivi des remboursements et des restitutions des crédits d'impôts. C'est là que le piège s'est refermé sur les contribuables.
20 % : LE PÉAGE OBLIGATOIRE
"Elle conditionne tout suivi de remboursement du crédit TVA au versement de 20 % du montant principal du dit crédit", révèle une source proche du dossier.
Concrètement, une entreprise qui attend légitimement 100 millions de FCFA de remboursement de TVA doit s'acquitter de 20 millions de FCFA de "frais" informels pour voir son dossier aboutir. Un racket organisé. Une taxe parallèle.
Les contribuables relevant des Unités de Gestion spécialisées DGE, CIME, CSI paient au quotidien ces faux frais issus de l'arnaque et de la corruption. Les missions diplomatiques et les organismes reconnus d'utilité publique ne sont pas épargnés.
DES MÉTHODES DE PRÉDATEUR
Pour obtenir cet argent, l'inspectrice n'hésite pas à poursuivre les contribuables dans les restaurants ou les hôtels. Elle les traque. Elle les harcèle. Elle exige.
Au point que certains l'ont surnommée "Jézabel" référence biblique à cette reine phénicienne qui persécutait les prophètes et s'appropriait les biens d'autrui.
Le contraste est saisissant. Le dimanche, elle prie. Le reste de la semaine, elle rançonne.
L'EMPIRE BABOKE : UNE FORTUNE QUI INTERROGE
Crescence Baboke n'est pas seule dans cette affaire. Son époux, Oswald Baboke, directeur adjoint du Cabinet civil de la présidence de la République, est lui aussi au cœur d'un scandale économique qui secoue le Cameroun.
Selon les révélations de Jeune Afrique, le couple a bâti un empire tentaculaire :
- Hydrocarbures : Jociddalo Petroleum, créée en 2022, a obtenu une autorisation gouvernementale d'importer 20 000 tonnes métriques de carburant. L'entreprise est présente dans quatre villes de la région de l'Est.
- Restauration de luxe : "Le Continent 237" un établissement polyvalent de 700 places à Bastos, à Yaoundé et "Le Parfum d'Eden".
- Immobilier : Un terrain de 2 185 m² à Bata-Nlongkak, malgré les protestations de la famille Mballa Bounoung, qui revendique un titre foncier depuis 1959.
- Complexe événementiel : Une salle de fêtes à Yaoundé.
- Propriétés agricoles et villas.
La structure actionnariale de Jociddalo Petroleum révèle une répartition familiale du capital : Awapira Crescence épouse Baboke détient 17.500.000 FCFA, ses deux enfants 3.750.000 FCFA chacun.
"L'épouse, Crescence Baboke, inspectrice principale des Impôts, sait mieux que personne qu'aucun salaire de fonctionnaire ne permet de lever des milliards".
UNE QUESTION BRÛLANTE
La question est simple et brutale : comment deux fonctionnaires un attaché à la Présidence devenu directeur adjoint et une inspectrice principale des Impôts peuvent-ils devenir milliardaires sans trafics ?
LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DES IMPÔTS INTERPELLÉ
Le Directeur Général des Impôts, qui verserait mensuellement 100 millions de FCFA à sa collaboratrice Crescence Baboke, est désormais sommé de réagir.
Une source proche du dossier l'exhorte à méditer sur ces paroles de la Bible, Éphésiens 4, verset 25 : "La corruption commence souvent par le mensonge et la malhonnêteté".
Le remboursement du Crédit de TVA est un droit reconnu aux contribuables, pas un moyen d'affaiblir les contribuables pour se couvrir de louanges le dimanche.
LA RÉPONSE DE CRESCENCE BABOKE
Face à ces accusations, Crescence Baboke a tenté de se défendre. Dans une publication, elle a écrit : "J'emploie des centaines de Camerounais. Je paie d'importants impôts. Alors, est-il vraiment anormal que je puisse m'offrir une belle voiture ou construire une belle maison ?"
Mais cette défense peine à convaincre. "Vous ne pouvez mentir qu'aux gens de votre église. Pas nous autres. Et surtout pas l'État", lui a répondu un observateur.
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