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© Camer.be : Paul Moutila
- 08 Jul 2026 00:13:24
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Maroc : « Nous ne représentons pas l'Afrique », déclare le ministre des Sports :: MOROCCO
À l'approche du quart de finale Maroc-France en Coupe du monde 2026, le ministre marocain des Sports, Mohammad Saad Berrad, a déclaré que les Lions de l'Atlas ne représentent pas l'Afrique mais le Maroc seul une position qui, en cette période où des millions d'Africains portent leurs espoirs sur la sélection marocaine, a suscité de vives réactions sur le continent.
Le 8 juillet 2026, à quelques heures du coup d'envoi du quart de finale entre le Maroc et le France, une déclaration a traversé le continent africain comme un coup de tonnerre.
Mohammad Saad Berrad, ministre marocain des Sports, a pris la parole. Sa position est claire, presque brutale : « Le Maroc représente le Maroc. Les Lions de l'Atlas ne sont pas les porte-drapeaux de l'Afrique. »
Derrière ces mots, une rupture. Une rupture avec des décennies de solidarité continentale, où chaque victoire d'une nation africaine était célébrée comme une victoire pour tout le continent. Une rupture avec le discours panafricaniste qui, de la CAN à la Coupe du monde, unit les peuples autour de leurs représentants.
Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi à ce moment précis, alors que des millions de Sénégalais, d'Ivoiriens, de Nigérians et de Sud-Africains ont choisi de soutenir le Maroc ?
La réponse, peut-être, est dans une volonté d'affirmation nationale. Le Maroc, pays aux ambitions continentales et mondiales, ne veut plus être perçu comme le « représentant » de l'Afrique il veut être reconnu pour lui-même, pour sa propre identité, pour sa propre puissance.
Mais à quel prix ?
Une déclaration qui résonne comme une rupture
Ce mardi 8 juillet 2026, le ministre marocain des Sports, Mohammad Saad Berrad, a tenu une conférence de presse qui restera dans les annales du football africain. Alors que les Lions de l'Atlas s'apprêtent à affronter le France en quarts de finale de la Coupe du monde, le ministre a clarifié ce qu'il considère comme la mission de la sélection nationale.
« Les Lions de l'Atlas se déplacent avant tout pour défendre les couleurs, les intérêts et l'identité du Maroc, plutôt que de porter le statut de représentant global du continent africain », a-t-il déclaré.
Cette mise au point, rapportée par plusieurs médias dont Africa Top Sports et Match Afrique, remet en question l'idée reçue d'une solidarité continentale automatique lors des grands rendez-vous sportifs. Pour le ministre, chaque nation engagée dans une compétition internationale porte la responsabilité première de faire briller ses propres symboles.
Le contexte d'une affirmation nationale forte
Cette déclaration ne sort pas de nulle part. Elle s'inscrit dans un débat récurrent autour de la place des sélections africaines dans les grandes compétitions internationales. La progression d'une nation du continent est souvent lue à travers l'idée d'une représentation plus large de l'Afrique.
Mais le ministre marocain a écarté cette lecture automatique. Selon lui, le Maroc n'est pas en quête de soutien continental pour justifier sa présence. Une déclaration qui souligne une volonté d'affirmation nationale forte, au-delà des solidarités régionales habituelles.
Cette prise de position suscite de vifs débats au sein du monde sportif, ravivant les discussions sur la frontière entre patriotisme et unité continentale.
Le paradoxe d'un pays qui veut incarner l'Afrique
Le paradoxe est saisissant. Le Maroc est, ces dernières années, l'un des pays africains les plus actifs sur la scène continentale. Il a organisé la CAN 2025, il est candidat à l'organisation de la Coupe du monde 2030, il a développé des partenariats économiques et diplomatiques avec de nombreux pays africains.
Pourtant, sur le terrain sportif, le discours change. Le ministre des Sports choisit l'affirmation nationale plutôt que la solidarité continentale.
« Alors que certains y voient une affirmation légitime de souveraineté et d'indépendance sportive, d'autres y perçoivent une distance volontaire vis-à-vis des élans de solidarité traditionnels qui unissent souvent les pays africains face au reste du monde », analyse Africa Top Sports.
Les réactions : entre soutien et indignation
Sur les réseaux sociaux, les réactions ne se sont pas fait attendre.
Certains soutiennent le ministre. Sur une publication Facebook relayant la déclaration, un commentaire résume cette position : « Il a entièrement raison, je le soutiens. Est-ce que c'est l'Afrique qui a payé les billets d'avion des joueurs marocains ? Non. Merci Monsieur le Ministre. Votre message n'est pas une attaque, c'est une vision claire et un encouragement ».
D'autres, en revanche, y voient une trahison de l'esprit panafricain : « je comprends pourquoi la coupe du monde aura du mal à venir en Afrique. la coupe du monde n'est pas la coupe d'Afrique, donc si un pays africain est encouragé et soutenu par ses frères africains c'est un mal. soyons un peu humble lorsque parle de l'Afrique et ses pays sachant que nous sommes tous africains ».
Les enjeux politiques derrière le sport
Au-delà du football, cette déclaration soulève des questions politiques fondamentales.
Le Maroc, sous le règne de Mohammed VI, mène une politique africaine active depuis le retour du pays au sein de l'Union africaine en 2017. Le royaume a multiplié les accords économiques, les investissements et les partenariats diplomatiques avec ses voisins du continent.
Mais cette politique africaine semble coexister avec un discours sportif qui, lui, revendique une indépendance totale. Le ministre des Sports ne parle pas au nom du ministre des Affaires étrangères. Sa déclaration est strictement sportive. Mais dans le contexte actuel, elle prend une dimension politique incontestable.
L'impact sur la Coupe du monde 2026
À quelques heures du quart de finale Maroc-France, cette déclaration pourrait avoir un impact sur l'état d'esprit des joueurs et des supporters.
Les Lions de l'Atlas, qui ont réalisé un parcours exceptionnel en atteignant les quarts de finale, se retrouvent soudainement au centre d'une polémique qui dépasse le cadre sportif.
Certains observateurs craignent que cette prise de position ne crée une pression supplémentaire sur l'équipe, qui devra non seulement gagner pour le Maroc, mais aussi répondre aux critiques venues du reste du continent.
Une affirmation de souveraineté assumée
La déclaration de Mohammad Saad Berrad est une affirmation de souveraineté sportive. Le Maroc, pays qui a investi massivement dans ses infrastructures sportives, qui a formé des générations de joueurs talentueux, qui a développé une académie de football reconnue mondialement, ne veut plus être perçu comme un simple « représentant » de l'Afrique.
Il veut être reconnu pour lui-même. Pour son identité. Pour sa puissance.
« Le Maroc n'est pas en quête de soutien continental pour justifier sa présence », a-t-il martelé.
Une position qui, si elle est assumée jusqu'au bout, pourrait redéfinir les relations entre les nations africaines sur la scène sportive internationale.
Les réactions des autres nations africaines
La déclaration du ministre marocain a également suscité des réactions de la part des autres nations africaines. Des responsables sportifs sénégalais, ivoiriens et nigérians ont exprimé leur désaccord, rappelant que la solidarité continentale est une valeur fondamentale du sport africain.
Un responsable de la Fédération sénégalaise de football, interrogé par Africa Top Sports, a déclaré : « Nous avons toujours soutenu les équipes africaines dans les compétitions internationales. C'est une tradition. Le Maroc a le droit de dire ce qu'il veut, mais il ne doit pas oublier que le soutien du continent est important ».
La position du Maroc dans le football mondial
Le Maroc est aujourd'hui l'un des pays africains les plus respectés dans le monde du football. La sélection nationale a atteint les demi-finales de la Coupe du monde 2022, une performance historique. Les Lions de l'Atlas sont devenus une référence, un modèle pour de nombreux pays africains.
Mais cette position de leader impose aussi des responsabilités. Le Maroc ne peut pas, d'un côté, profiter du soutien et de l'admiration du continent, et de l'autre, affirmer qu'il ne représente que lui-même.
C'est tout le paradoxe de cette déclaration. Elle est à la fois une affirmation de puissance et un renoncement à un leadership continental.
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