Ferdinand Ngoh Ngoh devrait être pendu, selon Effoudou
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Cameroun - Ferdinand Ngoh Ngoh devrait être pendu, selon Effoudou

Dans une interview choc, le capitaine Effoudou accuse Ferdinand Ngoh Ngoh de saboter la paix dans les régions anglophones et de réécrire les notes de renseignement.

Trois ans de silence, vingt-sept minutes d'accusations explosives, et une promesse de révéler le nom du commanditaire de l'assassinat de Martinez Zogo. L'ex-officier des renseignements Effoudou Awussi Kenneth Romuald a brisé l'omerta.

Le 24 juillet 2026, après trois ans d'exil en Europe, le capitaine Kenneth Romuald Effoudou Awussi a brisé le silence. Dans une interview de 27 minutes accordée au journaliste Morgan Palmer, l'ancien chef du bureau des renseignements à l'état-major particulier du président Paul Biya a livré des accusations d'une gravité inouïe contre le numéro deux du régime.

Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence depuis 2011 et ministre d'État, y est décrit comme un homme qui a « pris le contrôle exclusif » des services secrets, qui a saboté les initiatives de paix dans les régions anglophones, et qui aurait même planifié un coup d'État.

Un officier au cœur du système, aujourd'hui en exil

Avant sa radiation de l'armée camerounaise le 13 mars 2024, le capitaine Effoudou Awussi Kenneth Romuald occupait l'un des postes les plus sensibles de l'État : chef du bureau d'enquête et de renseignement à l'état-major particulier du président Paul Biya.

Recherché par les autorités camerounaises depuis 2023 pour « désertion en temps de paix », il a finalement trouvé refuge en Europe. Pendant trois ans, il est resté silencieux. Jusqu'à cette interview du 24 juillet 2026.

« Ngoh Ngoh est le président de la République de fait »

L'une des accusations les plus frappantes du capitaine Effoudou est que Ferdinand Ngoh Ngoh, en raison de la délégation de signature dont il bénéficie et du très grand âge de Paul Biya, se comporte comme le « président de la République de fait ».

Selon lui, Ngoh Ngoh a progressivement pris le contrôle de l'appareil d'État, s'arrogeant des prérogatives qui ne devraient pas être les siennes.

Sabotage des initiatives de paix dans les régions anglophones

L'ancien officier affirme que des séparatistes emprisonnés à Yaoundé, dont Ayuk Tabe, auraient tendu la main à l'État après un signal donné par le président Paul Biya. Des rencontres discrètes se seraient tenues sous l'égide de l'Église catholique, à la paroisse Jean XXIII de Yaoundé, avec la bénédiction du chef de l'État.

Des initiatives similaires portées par la Suisse et le Canada auraient connu le même sort. « Toutes ces initiatives ont été sabotées par M. Ngoh Ngoh Ferdinand », insiste-t-il.

Une « structure bis » qui réécrit les notes de renseignement

Accusation plus troublante encore : l'existence d'une « structure bis » logée au secrétariat général, chargée de réécrire les notes de renseignement transmises par la Délégation générale à la sécurité extérieure (DGSE) avant qu'elles n'atteignent le président.

« Ces dernières sont interceptées au secrétariat général et puis réécrites », dénonce-t-il, décrivant un chef de l'État qu'il qualifie de « prisonnier de monstres qu'il a lui-même enfantés ».

Asphyxie budgétaire de la DGRE et mainmise sur les services

Effoudou accuse également Ngoh Ngoh d'avoir « asphyxié » budgétairement la Direction générale des renseignements extérieurs (DGRE) depuis 2019 pour régler des comptes avec son ancien directeur, Maxime Eko Eko.

Ngoh Ngoh aurait agi par vengeance pour avoir été auditionné par la DGRE dans le cadre d'enquêtes sur la gestion de la Coupe d'Afrique des nations (CAN). Il aurait cherché à « prendre le contrôle total exclusif » des services de renseignement.

Tentative de coup d'État avec un légionnaire français

Le capitaine Effoudou affirme que Ferdinand Ngoh Ngoh aurait planifié un coup d'État en utilisant un légionnaire de l'armée française, qu'il assimile à un « Namayat Doumbouya ».

L'officier raconte qu'en 2023, un rapport a été transmis au président signalant la présence, « aux encablures de la présidence », d'un individu disposant d'armes de guerre « de très bonnes qualités » et se faisant passer pour un officier de l'armée camerounaise.

Cet individu, identifié comme Sani Mohamadou, un ancien légionnaire français, a été arrêté. Mais selon Effoudou, « Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence de la République, est intervenu efficacement et vigoureusement pour la mise en liberté sans condition et sans délai de cet individu ».

« Ngoh Ngoh devrait être pendu sur la place publique »

Le capitaine Effoudou a même ajouté, lors d'une déclaration ultérieure, que le ministre Ferdinand Ngoh Ngoh devrait être pendu sur la place publique, en raison de son impact négatif pour l'avancement du Cameroun.

Des accusations sans preuves, mais qui ébranlent le régime

À ce jour, les faits rapportés par l'ex-officier n'ont fait l'objet d'aucune confirmation officielle. Aucune preuve matérielle n'a été rendue publique. Les personnes citées n'ont pas réagi publiquement.

Mais le timing de ces révélations n'est pas anodin. Effoudou a choisi de parler au moment où le président Paul Biya est absent des radars officiels depuis plus de 53 jours. « Dans les systèmes très centralisés, le vide au sommet libère les langues et accélère les positionnements ».

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