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© Camer.be : Toto Jacques
- 15 Jul 2026 18:21:27
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CAMEROUN :: Dschang : l'intérimaire Temgoua devient maire :: CAMEROON
> Le premier adjoint au maire, qui assurait l'intérim depuis près de quatre mois, a été élu ce mercredi 15 juillet 2026 par le conseil municipal de Dschang, succédant à Jacquis Gabriel Kemleu Tchagbou, décédé des suites d'un AVC.
C'est fait. Dschang a son nouveau maire. Ce mercredi 15 juillet 2026, le conseil municipal de la commune de Dschang s'est réuni en session extraordinaire pour élire le successeur de Jacquis Gabriel Kemleu Tchagbou, décédé le 30 mars dernier des suites d'un accident vasculaire cérébral. Et c'est le Pr. Émile Temgoua, premier adjoint au maire sortant et maire par intérim depuis près de quatre mois, qui a remporté la mise.
Comment un universitaire, enseignant à l'Université de Dschang, a-t-il réussi à transformer un intérim de crise en un mandat plein ?
La réponse tient en un mot : réconciliation. En moins de quatre mois, Temgoua a pansé les plaies d'une municipalité meurtrie par les tensions, relancé la confiance avec 200 permis de bâtir, et convaincu les 37 conseillers municipaux qu'il était l'homme de la situation. Face à lui, Sa Majesté Donfack Beaudelaire dit Fodengkop, un candidat soutenu par une frange du RDPC. Mais le parti au pouvoir, déjà en mauvaise posture dans la ville universitaire, a dû composer avec une réalité : Dschang ne voulait plus d'un maire « à temps partagé ».
Le poids de l'héritage
Le 30 mars 2026 restera une date noire pour Dschang. Ce jour-là, Jacquis Gabriel Kemleu Tchagbou, maire de la commune depuis 2020, s'éteint à Yaoundé des suites d'un AVC. La nouvelle plonge la ville universitaire dans le deuil. Et ouvre une période d'incertitude.
Mais la loi est claire. Conformément aux articles 205 et 235 de la loi n° 2019/024 du 24 décembre 2019 portant Code général des collectivités territoriales décentralisées, le premier adjoint au maire assure l'intérim. Le 6 avril 2026, le préfet de la Menoua, Peter Mbongo, signe l'arrêté préfectoral n° 000165/AP/F.34/SDL qui officialise la nomination du Pr. Émile Temgoua comme maire par intérim.
Le préfet ne se contente pas d'acter la transition. Il adresse à l'intérimaire une série d'instructions précises : gestion saine et rigoureuse, paiement régulier des salaires, respect des prérogatives des services municipaux, et surtout la mise en place de mécanismes de réconciliation entre la commune, les populations et les opérateurs économiques.
Cette dernière injonction n'est pas anodine. Elle révèle des tensions au sein de la collectivité. Des tensions que Temgoua va s'employer à dissiper.
L'intérim de la réconciliation
Dès sa prise de fonction, Temgoua imprime sa marque. Le 23 juin 2026, il réunit à l'Hôtel de Ville populations, promoteurs, société civile et administrations sectorielles pour une séance de concertation inédite. Le mot d'ordre : réconciliation. « Le temps de la réconciliation et de la proximité », martèle-t-il.
Le geste fort de cette rencontre ? Le lancement d'une « Campagne spéciale de délivrance de 200 et plus des permis de construire ». Une opération choc pour répondre à la principale doléance des populations : les lenteurs et blocages dans l'obtention des actes d'urbanisme.
En quelques semaines, le maire intérimaire envoie un signal clair : Dschang est ouvert aux affaires. Les procédures sont simplifiées. Un guide pratique est distribué. La promesse de « célérité totale » est faite.
L'administration préfectorale, présente à cette rencontre, ne cache pas sa satisfaction devant « la volonté manifeste de mettre en branle les politiques publiques locales de développement ».
Une élection sous tension
Le 8 juillet 2026, à sept jours du scrutin, MenouActuWeb dresse le portrait d'une élection qui s'annonce disputée. Deux noms se détachent : le Pr. Émile Temgoua, maire par intérim, et Sa Majesté Donfack Beaudelaire dit Fodengkop.
Mais une ombre plane sur le processus. Selon des sources concordantes, le comité central du RDPC s'apprête à désigner le futur maire par « pli fermé ». Une méthode qui fait grincer des dents à Dschang. « Cette pratique n'est pas la bienvenue dans la ville universitaire », confient des sources proches des candidats. L'argument est simple : éviter de reproduire les « cas d'Ebolowa et de Bertoua ».
Pour de nombreux conseillers et militants rencontrés, le RDPC gagnerait à laisser les 37 conseillers municipaux faire librement leur choix. « C'est même de bonne guerre au RDPC, explique un élu. Pour reconquérir les cœurs des populations de Dschang, le parti doit laisser le Conseil choisir le maire avec qui il pourra travailler en synergie ».
Le choix de la continuité et de la réconciliation
Au-delà des personnes, c'est une philosophie de gestion qui est en jeu. « Dschang n'a plus besoin de maires partagés, tranche un conseiller. Il nous faut un maire expérimenté, qui consacrera le gros de son temps à la cause de la communauté ».
Le souvenir de la mandature précédente est encore vif. « Nous sommes prêts à corriger l'erreur de 2020 portée sur des vendeurs d'illusions qui ont plongé la mairie dans la boue », lâche un autre élu sous anonymat.
Le 15 juillet, le conseil municipal se réunit en session de plein droit. Les 37 conseillers votent. Et c'est le Pr. Émile Temgoua qui l'emporte.
Le RDPC, déjà en mauvaise posture dans la ville de Dschang et dans la Menoua en général, a choisi la continuité. Un choix dicté par la réalité du terrain : Temgoua a su, en quelques mois, incarner le renouveau.
Dschang, ville universitaire en mutation
Dschang, chef-lieu du département de la Menoua dans la région de l'Ouest, est une commune de plus de 100 000 habitants. Ville universitaire, elle abrite l'une des plus anciennes universités du Cameroun. Son marché régional et ses projets de développement en font un pôle économique stratégique.
La continuité de la gestion municipale est donc un enjeu concret pour les populations. Le Pr. Émile Temgoua hérite d'une mission lourde : maintenir le cap, rassurer les agents communaux et les partenaires, tout en poursuivant le travail de réconciliation engagé.
Les défis qui attendent le nouveau maire
Le nouveau maire devra relever plusieurs défis :
1. Poursuivre la réconciliation : les tensions au sein de la collectivité ne sont pas totalement apaisées.
2. Accélérer les projets de développement : Dschang attend des réalisations concrètes.
3. Gérer la relation avec le RDPC : le parti au pouvoir, en perte de vitesse dans la région, attendra des résultats.
4. Préparer les élections municipales de 2026 : le calendrier électoral national pourrait bouleverser les équilibres locaux.
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