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© Camer.be : Paul Moutila
- 15 Jun 2026 11:29:07
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MONDE ENTIER :: FIFA : Hakimi, Vinicius, De Jong — trois stars muselées pour avoir parlé espagnol :: WORLD
Hakimi, Vinicius Jr et De Jong ont chacun tenté de s'exprimer en espagnol lors de cette Coupe du Monde 2026 et chacun a été rappelé à l'ordre. Une règle de la FIFA qui soulève une question fondamentale : le football mondial est-il vraiment inclusif ?
Imaginez. Vous êtes l'un des meilleurs footballeurs de la planète. Devant vous, un journaliste vous pose une question dans une langue que vous parlez couramment. Vous ouvrez la bouche pour répondre.
Et quelqu'un vous coupe.
"En anglais, s'il vous plaît."
C'est exactement ce qu'ont vécu Achraf Hakimi, Vinicius Jr et Frenkie de Jong lors de cette Coupe du Monde 2026. Trois joueurs. Trois moments différents. Une seule règle : ici, c'est l'anglais ou rien.
Dans un tournoi qui se targue d'être la plus grande fête du sport universel, la FIFA vient peut-être de révéler une contradiction qu'elle ne peut plus cacher.
FIFA 2026 : QUAND LA LANGUE DEVIENT UNE CAGE
La Coupe du Monde 2026 devait être celle de tous les records. 48 nations. Trois pays hôtes. Un milliard de téléspectateurs. Le football dans toute sa diversité planétaire.
Mais au cœur de ce spectacle se joue une controverse discrète, révélatrice, et de plus en plus impossible à ignorer.
Trois incidents. Un seul problème.
Tout a commencé avec Achraf Hakimi. Le latéral marocain du Paris Saint-Germain, polyglotte reconnu, a voulu aider un journaliste de TV Azteca qui lui posait une question en espagnol. Geste naturel, humain, professionnel. Il a immédiatement été corrigé. L'échange a pris une tournure gênante. Hakimi, avec son calme légendaire, a finalement répondu en anglais. Mais l'incident n't pas passé inaperçu.
Quelques jours plus tard, c'est Vinicius Jr qui se retrouve dans la même situation. L'attaquant brésilien, dont l'espagnol est la langue de travail quotidienne depuis ses années au Real Madrid, se trouve en difficulté face à une question posée en anglais. Il demande, simplement, qu'on lui pose la question en espagnol. Refus. Vinicius s'exécute, visiblement mal à l'aise.
Enfin, Frenkie de Jong. Le milieu néerlandais du FC Barcelone, parfaitement à l'aise en espagnol après des années en Catalogne, a montré sa disposition à répondre dans cette langue lorsqu'un journaliste l'interroge ainsi. La consigne tombe, implacable : anglais uniquement.
Quelle est cette règle exactement ?
La FIFA impose lors des conférences de presse officielles des Coupes du Monde l'utilisation de ses langues officielles dans un cadre contrôlé. En pratique, lors des mixed zones et conférences post-match, la gestion linguistique revient aux coordinateurs médias accrédités, qui appliquent des directives visant à standardiser les échanges pour faciliter la retransmission internationale.
Le problème ? Cette standardisation s'opère massivement au profit de l'anglais au détriment de l'espagnol, langue maternelle ou de travail de dizaines de stars mondiales, et langue native de plus de 500 millions de personnes dans le monde.
Le paradoxe FIFA
L'organisation de Gianni Infantino ne cesse de proclamer que le football est universel, inclusif, transculturel. Elle vend l'image d'un sport qui abolit les frontières.
Mais quand Vinicius Jr l'un des deux ou trois meilleurs joueurs du monde, figure de la lutte contre le racisme dans le football doit se débattre en anglais alors qu'il pourrait s'exprimer brillamment en espagnol, quelque chose sonne faux.
Quand Hakimi, ambassadeur naturel entre cultures, est interrompu alors qu'il tente de faciliter la communication, quelque chose sonne faux.
Quand De Jong, formé au FC Barcelone, doit renoncer à la langue dans laquelle il pense le football depuis des années, quelque chose sonne faux.
Ce que disent les chiffres
L'espagnol est la deuxième langue la plus parlée au monde avec environ 560 millions de locuteurs natifs. C'est aussi la langue des deux derniers champions du monde (France mise à part), de la Liga, de la MLS en forte croissance hispanique, et d'une portion majeure du public mondial de ce Mondial 2026 organisé notamment aux États-Unis, au Mexique et au Canada.
Interdire l'espagnol en conférence de presse d'une Coupe du Monde jouée en partie au Mexique et aux États-Unis pays comptant plus de 40 millions de locuteurs hispanophones relève d'une contradiction institutionnelle difficile à défendre.
Et après ?
La pression monte sur les réseaux sociaux. Des journalistes, des joueurs, des supporters de plusieurs continents expriment leur incompréhension. La FIFA n'a pas encore répondu publiquement à la controverse.
Ce qui est certain : dans un tournoi construit sur le marketing de la diversité, la règle de la langue unique est devenue une épine. Et elle risque de s'enfoncer davantage à mesure que le tournoi avance.
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