Brésil éliminé par la Norvège : la presse fracasse Ancelotti et Neymar
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Pour la première fois depuis 1990, le Brésil quitte la Coupe du Monde dès les huitièmes de finale, battu par la Norvège (1-2) et la presse auriverde, unanime, éreinte Carlo Ancelotti, "entraîneur le mieux payé du monde" mais "catastrophique", et Neymar, qualifié de "joueur fantôme", tandis que le mythe de la Seleção s'effondre sous le poids d'une possession de balle historiquement faible (35%) et d'un jeu vidé de toute identité.

Le coup de sifflet final sonne comme un glas. Sur la pelouse du MetLife Stadium, Neymar s'effondre, en larmes. À quelques mètres de lui, Erling Haaland lève les bras au ciel, vainqueur. Le contraste est saisissant. Le géant nordique vient d'enterrer le géant sud-américain.

2-1. La Norvège en quarts de finale. Le Brésil à la maison.

Pour la première fois depuis 1990, la Seleção quitte la Coupe du Monde dès les huitièmes de finale. Pire encore : elle n'a même pas existé. Avec 35 % de possession de balle, son plus faible total depuis 1966. Le Brésil n'a pas perdu un match. Il a perdu son âme.

Dans les heures qui suivent, la presse brésilienne ne fait pas dans la dentelle. « Carlo Ancelotti est mort en serrant Neymar dans ses bras », écrit le journaliste Arnaldo Ribeiro sur UOL. « On se souviendra davantage de la piètre performance du Brésil que du beau match de la Norvège », tranche O Globo. « L'entraîneur le mieux payé du monde a échoué lors de son premier grand test », assène O Estado de São Paulo.

Une seule question flotte, acide, au-dessus du pays du football : comment en est-on arrivé là ?

Le match : un naufrage annoncé

Dimanche 5 juillet 2026. MetLife Stadium, New Jersey. 82 000 spectateurs. Une affiche de rêve : le Brésil, quintuple champion du monde, face à la Norvège, la nation d'Erling Haaland.

Dès la 14e minute, le cauchemar commence. Bruno Guimarães, désigné tireur de penalty par Carlo Ancelotti, voit sa tentative repoussée par le gardien norvégien Örjan Nyland. Un raté historique : c'est la première fois qu'un joueur brésilien manque un penalty en match à élimination directe en Coupe du Monde depuis Zico en 1986.

Le Brésil ne s'en remettra jamais.

La Norvège punit. Haaland, d'une tête puissante, puis d'un missile des 25 mètres, inscrit un doublé. Neymar, entré en jeu à la 67e minute, réduit l'écart sur penalty dans le temps additionnel. Un geste de fierté. Un sursaut d'orgueil. Mais bien trop tard.

35 % de possession de balle. Le Brésil n'a jamais été aussi peu maître du jeu depuis 1966. Une statistique qui dit tout du vide sidéral dans lequel a évolué la Seleção.

La presse brésilienne : une exécution en règle

Les Unes des journaux brésiliens sont sans pitié. Chaque média choisit son coupable.

O Globo : « La piètre performance »

« À l'avenir, on se souviendra davantage de la piètre performance du Brésil que du beau match de la Norvège », résume le quotidien carioca. Un constat amer : le Brésil a été tellement mauvais qu'il a effacé la performance de son adversaire.

Estado de São Paulo : « L'entraîneur le mieux payé »

Le quotidien pauliste rappelle un chiffre qui fait mal : Carlo Ancelotti est l'entraîneur le mieux payé de la Coupe du Monde, avec un salaire estimé à environ 778 800 francs suisses par mois. Son bilan ? Un échec. « L'entraîneur le mieux payé de la Coupe du monde a échoué lors de son premier grand test avec la Seleção », assène le média.

Globoesporte : « Neymar, joueur fantôme »

La critique la plus cinglante vient de Globoesporte. Le site sportif accuse Ancelotti d'avoir « cédé à la pression populaire » en faisant entrer Neymar et Endrick simultanément. La suite est un réquisitoire :

« Le Brésil s'est alors mis à jouer à dix, avec un joueur fantôme. Mais Ancelotti allait faire pire : il a laissé le joueur fantôme sur le terrain et a repositionné Endrick à droite. »

Neymar, qui n'a marqué que sur penalty, est décrit comme un « égocentrique notoire », dont le geste de narguer le gardien Nyland après son but résume symboliquement « la fin d'une ère mélancolique ».

UOL : « Ancelotti catastrophique »

Le média en ligne UOL enfonce le clou. « Carlo Ancelotti a été catastrophique lors d'un match crucial », écrit-il. « En faisant entrer Endrick et Neymar, il a cédé à la pression populaire et il a ruiné l'équipe. Il fut le protagoniste d'une Coupe du monde désastreuse. Il n'a pas su faire jouer le Brésil au football. »

Le journaliste Arnaldo Ribeiro résume l'état d'esprit général dans une formule qui restera : « Carlo Ancelotti est mort en serrant Neymar dans ses bras ».

Ronaldo Nazário : la légende charge la légende

Dans ce concert de critiques, une voix pèse plus lourd que les autres : celle de Ronaldo Nazário, double champion du monde en 1994 et 2002, considéré comme l'un des plus grands attaquants de l'histoire.

L'ancien Fenômeno ne mâche pas ses mots :

« Cette élimination est due aux décisions prises sur le banc. Carlo Ancelotti est l'un des meilleurs entraîneurs de l'histoire du football, mais ce soir, il a commis trop d'erreurs. Je ne comprends toujours pas pourquoi João Pedro n'était pas dans le groupe. »

Un tacle en règle. D'un ancien roi à un entraîneur qui n'a pas su être à la hauteur du mythe.

4.4. Le « penaltygate » : Vinicius dans la tourmente

Une autre polémique enflamme le Brésil : pourquoi Bruno Guimarães a-t-il tiré le penalty à la place de Vinicius Junior ?

Le Madrilène, auteur de quatre buts dans la compétition, s'est justifié après le match :

« Le coach décide à l'avance qui va tirer. Il a choisi Bruno. Je n'ai jamais été vaniteux, je n'ai jamais voulu être le meilleur buteur de la compétition et c'est pour cela que c'est Bruno qui a tiré. Il tire mieux les penalties que moi, et c'est pour ça que le coach l'a choisi. »

Il ajoute, sur la défensive : « Je ne me suis jamais caché. Beaucoup de gens vont dire que je n'ai pas voulu, mais je ne me suis jamais caché. »

Ancelotti, de son côté, explique avoir désigné un ordre de tireurs : « d'abord à Neymar, puis Raphinha, Bruno Guimarães et Gabriel Martinelli ». Une explication qui ne convainc personne.

Le mythe n'est plus

Au-delà des individualités, c'est tout un système qui est remis en cause. Le Brésil, quintuple champion du monde, n'a plus gagné de Coupe du Monde depuis 2002. Vingt-quatre ans de disette. Six éliminations de rang face à des nations européennes.

Le journal O Globo a dressé une nécrologie statistique : quatre entraîneurs en quatre ans, 96 joueurs convoqués en quatre ans, une instabilité chronique.

Comme le résume Eurosport :

« La Seleção confirme qu'elle n'appartient plus à une élite. Pire, elle n'a plus de style à elle et de cracks alléchants. Son déclin s'étire et ses ténors s'épuisent. »

Le « jogo bonito » a disparu. L'âme de la Seleção s'est évaporée. Le Brésil est devenu une équipe comme les autres moins bien, même.

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