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© Camer.be : Toto Jacques
- 26 Jun 2026 12:30:11
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Zébé : barricades et colère autour des frais de transport Cameroun-Tchad :: CAMEROON
Jeudi 25 juin 2026, la localité frontalière de Zébé, dans l'arrondissement de Yagoua, a été paralysée par des barricades érigées par de jeunes porteurs mécontents. À l'origine de la crise : l'application de nouveaux tarifs de transport sur l'axe reliant le Cameroun au Tchad, dénoncés par les chauffeurs tchadiens et ayant privé d'activité toute une frange de la population locale.
La Route nationale N°12, artère vitale reliant le Cameroun au Tchad, s'est transformée en champ de bataille.
Jeudi 25 juin, la circulation a été brutalement interrompue à Zébé, localité frontalière de l'extrême-nord du Cameroun. Des barricades érigées par de jeunes porteurs ont paralysé le trafic sur cet axe stratégique, théâtre d'échanges économiques intenses entre les deux pays.
À l'origine de cette explosion de colère : une guerre des taxes qui oppose transporteurs camerounais et tchadiens, et qui menace aujourd'hui les moyens de subsistance de toute une communauté.
« Dès que mon camion arrive ici à Zébé, je débourse plus de 100 000 francs CFA pour les modalités de tous les services », témoigne un transporteur. Un fardeau que les chauffeurs tchadiens refusent désormais de porter.
Le préfet du Mayo-Danay, Garba Bakary, s'est rendu sur place pour tenter de désamorcer la crise. Les barricades ont été levées. Mais le dialogue, lui, ne fait que commencer.
Un conflit aux origines multiples
Le mouvement de contestation qui a secoué Zébé jeudi trouve ses racines dans l'application de nouveaux tarifs imposés aux camions assurant le transport de marchandises entre Zébé et Bongor, la ville tchadienne située de l'autre côté du pont sur le Logone.
Selon des sources locales, cette mesure, initiée par les syndicats des transporteurs camerounais, a suscité une vive réprobation chez les chauffeurs tchadiens. Plusieurs d'entre eux auraient refusé d'effectuer des chargements avant de rebrousser chemin, paralysant ainsi l'activité économique de la zone.
Des jeunes privés de travail
Cette situation a eu des répercussions immédiates sur les jeunes porteurs de Zébé, dont l'activité constitue l'une des principales sources de revenus depuis l'ouverture du pont sur le Logone. Privés de travail, ces derniers ont exprimé leur mécontentement en érigeant des barricades sur la voie publique, perturbant ainsi la circulation pendant plusieurs heures.
Pour ces jeunes, la crise n'est pas qu'une question de principes. C'est une question de survie. Sans camions à charger, pas de revenus. Sans revenus, pas de quoi nourrir leurs familles.
La position des syndicats : une question de réciprocité
Du côté des syndicats, les responsables justifient cette décision par un souci de réciprocité. Ils dénoncent notamment les frais auxquels seraient soumis les transporteurs camerounais au Tchad, affirmant qu'un camion camerounais, même à vide, est contraint de s'acquitter de diverses taxes lors de son passage à Bongor.
Une situation jugée discriminatoire par les transporteurs camerounais, qui estiment que leurs homologues tchadiens devraient également contribuer aux frais de passage sur le territoire camerounais.
L'intervention du préfet
Informé de la situation, le préfet du département du Mayo-Danay, Garba Bakary, s'est rendu sur les lieux afin de rétablir le dialogue entre les différentes parties. Son intervention a permis la levée des barricades et le retour progressif au calme.
Le préfet Garba Bakary, qui avait déjà été confronté à des tensions dans la région, a su faire preuve de diplomatie pour désamorcer une situation qui menaçait de dégénérer.
Une réunion de crise prévue ce vendredi
Une réunion de concertation regroupant les autorités administratives, les représentants des transporteurs ainsi que les différents acteurs concernés est prévue ce vendredi à la préfecture de Yagoua.
Elle devrait permettre d'examiner les revendications formulées et d'envisager des solutions susceptibles de préserver les intérêts économiques des populations tout en garantissant la fluidité des échanges transfrontaliers.
Un corridor stratégique pour la région
L'axe Yagoua–Bongor est bien plus qu'une simple route. C'est un corridor stratégique pour les échanges entre le Cameroun et le Tchad, deux pays dont les économies sont étroitement liées.
Le pont sur le Logone, inauguré en septembre 2025, a considérablement facilité les échanges entre les deux rives. Mais il a également créé de nouvelles dépendances économiques, comme en témoigne la situation des jeunes porteurs de Zébé, dont l'activité est directement liée au trafic transfrontalier.
Des tensions récurrentes
Les tensions entre transporteurs camerounais et tchadiens ne sont pas nouvelles. Les barrières tarifaires, les procédures administratives à rallonge et les restrictions non tarifaires sont monnaie courante sur cet axe.
Un forum tripartite Tchad-Cameroun-RCA s'est d'ailleurs tenu en mai 2026 à N'Djamena pour tenter de fluidifier le corridor régional. Mais les recommandations issues de ces rencontres peinent à être appliquées sur le terrain.
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