45 millions volés à l'Unité d'intervention : deux policiers révoqués
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BURKINA FASO :: 45 millions volés à l'Unité d'intervention : deux policiers révoqués

Le Conseil des ministres burkinabè, présidé par le Capitaine Ibrahim Traoré, a révoqué deux agents de la Police nationale accusés d'avoir détourné 45 216 000 FCFA destinés à l'Unité Mobile d'Intervention basée à Koin, dans la région des Bankui.

L'argent était destiné aux hommes qui risquent leur vie sur le terrain. À ceux qui, chaque jour, affrontent l'insécurité pour protéger les populations. L'argent des primes d'opération, des primes d'alimentation, des équipements. L'argent de la survie des combattants.

Mais cet argent n'est jamais arrivé à destination.

Deux policiers, un lieutenant et un sergent-chef, en poste à la Direction régionale de la Police nationale des Bankui, ont été reconnus coupables de l'avoir détourné. 45 216 000 FCFA. Une somme colossale. Une trahison. Le 18 juin 2026, le Conseil des ministres a tranché : révocation définitive. Le couperet est tombé.

Le signal est clair. Au Burkina Faso, toucher à l'argent de la sécurité, c'est toucher à la Nation. Et la Nation ne pardonne pas.

Un conseil des ministres sous le signe de la rigueur

Ce jeudi 18 juin 2026, le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a présidé l'hebdomadaire Conseil des ministres à Ouagadougou. Parmi les décisions adoptées, une a retenu l'attention : la révocation de deux agents de la Police nationale pour des faits de détournement de deniers publics.

Selon le ministre porte-parole du gouvernement, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, le Conseil a examiné et adopté plusieurs dossiers pour « la bonne marche de la Nation ». Mais c'est au titre du ministère de la Sécurité que la décision la plus lourde de conséquences a été prise.

Les faits : 45 216 000 FCFA détournés

Le rapport présenté par le ministre de la Sécurité, le Commissaire divisionnaire de Police Mahamadou Sana, est sans équivoque. Le montant total détourné s'élève à 45 216 000 FCFA. Cette somme avait une destination bien précise et hautement sensible : la prise en charge des opérations de l'Unité Mobile d'Intervention de la Police Nationale (UMIPN) basée à Koin, dans la région des Bankui.

L'Unité Mobile d'Intervention est une structure clé dans la lutte contre l'insécurité. Ses hommes sont déployés sur le terrain, souvent dans des conditions difficiles. L'argent détourné devait servir à financer leurs opérations, leurs primes, leur alimentation, leur équipement.

Les auteurs : deux gradés en position de confiance

Les deux agents révoqués occupaient des postes stratégiques au sein de la Direction régionale de la Police nationale des Bankui:

- Le Lieutenant de police Tiao B. Nicolas (matricule 90 605 X), Chef du service administratif et financier.
- Le Sergent-chef de police Ilboudo Pawentoré Marcelin (matricule 309 147 H), Responsable de la logistique au sein du même service.

Ces deux fonctionnaires, en position de force, ont profité de leurs responsabilités managériales et financières pour soustraire des ressources indispensables aux hommes engagés sur le terrain. Le gouvernement a estimé que cette trahison ne pouvait rester impunie.

La sanction : révocation définitive

Le Conseil des ministres a entériné la révocation en application des dispositions de la loi 027-2018 portant statut du cadre de la Police nationale et du décret N° 2019-0406 portant règlement de discipline générale de la Police Nationale.

La décision est définitive. Les deux agents sont radiés des effectifs de la Police nationale. Ils ne pourront plus jamais exercer au sein de l'institution.

Un signal fort : l'argent des combattants est une ligne rouge

Au-delà de la simple sanction, cette décision du Conseil des ministres revêt un caractère politique et moral puissant. Toucher à l'argent destiné aux opérations, et plus particulièrement aux primes d'opération et d'alimentation des hommes déployés au front, constitue désormais une trahison directe de l'effort de guerre.

Le ministre Mahamadou Sana a d'ailleurs tenu à marteler une mise en garde ferme à l'issue du Conseil:

« Toute personne qui se rendra coupable de détournement, particulièrement sur les sommes destinées à la prise en charge des primes d'opération et d'alimentation des hommes qui sont déployés sur le théâtre des opérations, subira les mêmes sanctions. »

Un contexte de mobilisation nationale

Cette décision intervient dans un contexte particulier. Le Burkina Faso est engagé dans une lutte acharnée contre l'insécurité. Les forces de défense et de sécurité sont en première ligne. Leur moral, leur équipement, leurs conditions de vie sont des enjeux cruciaux pour l'efficacité des opérations.

En frappant durement deux policiers accusés d'avoir détourné l'argent destiné à leurs camarades, le gouvernement envoie un message clair : la rigueur et la transparence ne sont pas des options, ce sont des obligations.

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