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© Camer.be : Shanda Tonme
- 09 Jun 2026 10:00:27
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CAMEROUN :: LES MARCHES ETHNO-TRIBALES : Entre récriminations absolutistes, et réflexions nationalistes :: CAMEROON
L’URGENCE DE LA PAROLE SAGE. Malheur à celui qui dans la galaxie des diversités composites consacrées du Cameroun, s’hasarde à parler trop vite, face à quelques mouvements d’humeur, prends le marteau, le bâton, la machette, la chicotte ou le caillou, pour s’élancer contre quelques compatriotes battant le pavé en signe de protestations, de dénonciations, de plaintes pare qu’ils ont un message à délivrer.
En toute chose dans des familles lourdes de soupçons et larges de couleurs, la patience, le recul et la réserve sont nécessaires voire indispensables. Ne parlez pas des marches SAWA, Béti, Bamiléké ou Kirdi et autres, parlez d’une autre face du Cameroun qui se lève pour elle-même, une face qui mérite le respect, réflexion et compréhension, car sans elle, point de Cameroun, point d’unité nationale et point de paix, de coexistence consensuelle et de gouvernance apaisée.
J’ai grandi à Douala, à Deido, sur les berges du Wouri, et par moments, je me découvre encore plus Sawa que mes camarades d’enfance, tant je suis devenu au fil des ans, attaché à des valeurs, à une culture, à des symboles qui magnifiaient et magnifient toujours et à jamais, le peuple vrai, le peuple de l’eau, le peuple du Wouri, le peuple dans lequel j’ai vécu les meilleurs moments de ma croissance d’homme.
On reparle des marches Sawa, et j’entends des cris d’orfèvre de partout, je découvre des rejets, des insultes, des injures, des adjectifs qui ne signifient rien de bon. Des mamans, toute en noir, marchant et chantant. Cela m’a fendu le cœur. Je ne parlerai jamais de sauvages ou d’attardés comme certains, je parlerai de vie et de vivacité, de douleurs et de remords, de quête d’affection et de souci de préservation des identités, des valeurs. J’ai reçu de nombreux appels, tous m’interpellant en ces termes : Mais Shanda, où est le LAAKAM ? Que fait ou que dit le LAAKAM. Pourquoi tu ne dis rien ? Zoétélé d’était il y a quelques jours, mais il y a toujours des bamilékés à Zoétélé et la vie continue.
Il faut une parole sage, une position claire, une expression de la pensée qui corresponde à l’honnêteté à la fois matérielle, anthropologique et éthique. Aujourd’hui ce n’est pas hier, et hier ne sera jamais aujourd’hui. Chaque fois que je séjourne à Douala, je longe des rues où je ne retrouve plus aucune grande famille de mon enfance, d’Akwa à Deido, de Déido à plus loin, à Makepè, Boanabéri et ailleurs. Mais que s’est-il passé ? Cela aussi, essayons de comprendre, et cela aussi, prenons en compte avant de développer des critiques acerbes. Je viens de passer plusieurs jours à Douala, et je pose une seule question : qui est monsieur NGUEFACK, lequel est devenu le véritable propriétaire de la ville de Douala, ministre de la terre et du ciel, qui fait la pluie et le beau temps ? Cela aussi, mérite d’avoir une réponse.
Si je peux donner un conseil utile, c’est de se taire et de réfléchir, de se mettre à la place des autres. LAAKAM n’a jamais signifié la dépravation des autres, et ne sera jamais une association de promotion des conquêtes des espaces, des tombes, des concessions et des lieux de culte des autres peuples par la ruse, le mercantilisme, l’avidité et l’insolence de l’argent. Ce qui se passe aujourd’hui, et ce qui nous pose un grave problème, c’est le dépouillement, et cela est incontestable, de certaines communautés du pays au moyen des grandes fortunes, hélas avec la complicité, la complaisance, l’insouciance, la négligence ou la cruauté cupide à la fois, de certains hauts fonctionnaires.
La critique est facile, mais la réalité rattrape toujours les sceptiques et les censeurs absolutistes. Ces vieilles mamans qui marchent, n’auront bientôt plus d’endroit pour être enterrées et c’est la vérité. Je veux accepter qu’il y a des abus, de graves abus, des voleurs et des bandits, des mécréants, des voyous et des irresponsables qui exploitant la faiblesse ou la cupidité des gouvernants, ne tiennent pas leur parole dans les transactions foncières. Mais chassez le gouvernement, et il restera le Cameroun face à lui-même, car avant l’Etat et ses institutions de toute nature, la nation, les peuples, les valeurs, coutumes et traditions existaient. C’est ici le vrai débat. Sans la préservation des intérêts de tous et sans la prise en compte de toutes les valeurs, de la vie de tous, point de nation et point de paix. NON, NON et NON. Ne jetez pas la pierre contre les marcheurs, asseyez-vous, asseyons-nous et parlons, réfléchissons, sagement, ensemble./.
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