PDC : Omgba Mbida propose un État régionalisé
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Cameroun - PDC : Omgba Mbida propose un État régionalisé

Simon Pierre Omgba Mbida, nouveau président du PDC, propose un « État unitaire régionalisé » lors d'un meeting historique à Sa'a. Décentralisation, proximité, transparence : le programme du PDC pour les municipales 2026.

Fils d'André-Marie Mbida, le nouveau président général du PDC est revenu sur la terre qui a vu naître le parti il y a 70 ans pour dévoiler un projet de refondation de l'État camerounais, articulé autour de la subsidiarité et de la proximité et pour lancer la conquête des élections locales de 2026.

Il y a 70 ans, ce n'était pas n'importe où. C'était ici, dans la Lékié, que le Parti des Démocrates Camerounais (PDC) a montré qu'il savait servir le Cameroun. En 1956, Sa'a portait Eugène Nogo à l'Assemblée. En 1957, elle donnait Médard Ngaba au gouvernement du premier Premier ministre, André-Marie Mbida.

Aujourd'hui, le PDC revient. Pas pour demander. Pour rendre hommage. Et pour repartir au travail.

Devant une foule recueillie, Simon Pierre Omgba Mbida, diplomate de carrière élu président général du PDC le 13 juin dernier, a dévoilé un projet qui pourrait bien bousculer l'ordre établi : transformer le Cameroun en État unitaire régionalisé. Une révolution tranquille, mais une révolution quand même.

« Ce qui peut être correctement décidé à Sa'a ne doit pas attendre Yaoundé. »

Une terre d'histoire, un parti qui renaît

Il y a des territoires qui portent en eux la mémoire d'une nation. Sa'a est de ceux-là.

C'est ici, dans le département de la Lékié, qu'André-Marie Mbida, premier Premier ministre du Cameroun indépendant, a puisé ses racines. C'est ici que le PDC, fondé en 1958, a envoyé ses premiers élus à l'Assemblée. C'est ici qu'Eugène Nogo, Médard Ngaba et Castor Ossendé Afana ont écrit les premières pages de l'histoire politique camerounaise.

« Sa'a a donc été une terre de cadres. Une terre de responsabilité. Une terre PDC. Sa'a est une terre d'histoire politique grandiose. »

Le 26 juillet 2026, Simon Pierre Omgba Mbida, fils d'André-Marie Mbida, est venu s'incliner devant cette mémoire. Devant la famille Nogo. Devant la famille Ngaba. Devant la famille Ossendé Afana. Devant les chefs et les élites de Sa'a qui gardent vivante cette mémoire.

« Assez ! » : le PDC dit stop à l'immobilisme

Mais ce discours n'était pas seulement un hommage. C'était un acte politique.

Depuis le 12 octobre 2025, le Cameroun attend indéfiniment un gouvernement. Les jeunes n'ont pas d'avenir. Pendant ce temps, les réseaux et les clans se disputent.

« Le PDC dit : Assez ! »

Simon Pierre Omgba Mbida, 59 ans, ministre plénipotentiaire de carrière, a été élu à la tête du PDC le 13 juin 2026 lors d'un congrès qui a marqué la refondation du parti après plus de 30 ans de léthargie. L'objectif est clair : reconquérir une présence locale et redevenir un acteur qui compte.

L'État unitaire régionalisé : la proposition qui change tout

Au cœur du projet du PDC : une réforme constitutionnelle majeure.

« Nous proposons de transformer le Cameroun en État unitaire régionalisé. »

Simon Pierre Omgba Mbida a immédiatement dissipé un malentendu : « Nous ne voulons pas diviser le Cameroun. Nous ne proposons pas plusieurs États. Nous voulons une seule République, une seule Constitution, une seule citoyenneté, une seule souveraineté, une seule armée, une seule diplomatie, une seule monnaie. »

Mais il veut aussi que le pouvoir soit exercé au niveau le plus proche du citoyen. C'est le principe de subsidiarité.

« Ce qui peut être correctement décidé à Sa'a ne doit pas attendre Yaoundé. »

Concrètement, le PDC organise quatre échelons État, région, département et commune avec des compétences constitutionnellement définies et des ressources correspondant aux responsabilités exercées.

L'école, la santé, les routes : qui fait quoi ?

La proposition du PDC est d'une clarté rare.

Pour l'école :
- La commune s'occupe des maternelles et primaires
- Le département gère les collèges
- La région prend en charge les lycées, la formation professionnelle et les universités régionales
- L'État conserve l'enseignement supérieur stratégique et les normes nationales

Pour la santé :
- La commune assure les soins de proximité
- Le département gère les hôpitaux départementaux
- La région pilote les hôpitaux régionaux et les spécialités
- L'État conserve les hôpitaux de référence nationale et les politiques de santé publique

Pour les routes :
- La commune entretient les routes communales et la voirie urbaine
- Le département gère les routes départementales
- La région assure les axes et transports régionaux
- L'État conserve les routes nationales et les autoroutes

Et surtout, chaque kilomètre de route devra être clairement classé. « Parce que lorsqu'une route se dégrade, vous devez savoir à quelle porte frapper. »

L'argent : « Une compétence sans argent est une imposture »

Le PDC ne s'arrête pas aux compétences. Il parle d'argent.

« Une compétence sans argent est une imposture. »

Depuis des années, on transfère des responsabilités aux collectivités sans leur donner les moyens. « Cela doit cesser. »

Le PDC prévoit donc :
- Des ressources fiscales propres
- Des quotes-parts garanties d'impôts nationaux
- Une péréquation automatique entre territoires
- Une compensation intégrale de toute compétence transférée

« Celui qui reçoit une compétence reçoit les moyens de l'exercer. »

Mais la mairie de Sa'a doit aussi rendre des comptes

Simon Pierre Omgba Mbida a été tout aussi clair sur les responsabilités locales.

« Il serait trop facile de tout mettre sur le compte de Yaoundé. »

Oui, le système actuel limite les communes. Oui, elles manquent souvent de ressources. Oui, l'organisation institutionnelle est mauvaise. Mais cela ne signifie pas que les mairies ont toujours utilisé correctement les moyens dont elles disposaient.

« Une commune doit également savoir gérer. »

Les trois piliers du contrat municipal du PDC

Le PDC propose un contrat municipal articulé autour de trois piliers.

Premier pilier : vérité, transparence et proximité
- Audit complet de la commune, village par village
- Publication d'un « budget citoyen » en langage compréhensible
- Digitalisation progressive des recettes

Deuxième pilier : garantir les services essentiels
- Eau : réparer avant de construire
- Éclairage public : priorité aux zones d'obscurité
- Voirie et assainissement : programme permanent d'entretien
- Écoles : programmation pluriannuelle des réhabilitations
- Santé : appui aux services de premier recours
- État civil : opérations mobiles dans les zones éloignées

Troisième pilier : produire et transformer davantage à Sa'a
- Carte des bassins de production
- Hiérarchisation des routes communales selon l'utilité collective
- Marchés propres, accessibles et sécurisés
- Guichet communal d'ingénierie et d'accompagnement économique
- Audit du patrimoine communal

« Avant de dire que nous n'avons rien, il faut commencer par savoir ce que nous avons. »

« La commune n'appartient à aucun parti »

Simon Pierre Omgba Mbida a terminé son discours sur un principe politique essentiel.

« Sa'a n'appartient pas au parti au pouvoir. Sa'a n'appartiendra pas davantage au PDC. Sa'a appartient à ses citoyens. »

Une mairie n'est pas le siège local d'un parti politique. Le budget communal n'est pas l'argent d'un maire. Un marché communal n'est pas une récompense à distribuer. Une route n'est pas le cadeau d'un élu.

« La même chapelle politique dirige cette commune depuis longtemps. Quel est le résultat ? Pas combien de réunions. Pas combien de cérémonies. Pas combien d'affiches. Pas combien de promesses. Quel est le résultat concret dans la vie de l'habitant de Sa'a ? »

« Sa'a debout ! PDC debout ! Cameroun debout ! »

Le discours s'est achevé sur trois mots hérités d'André-Marie Mbida : JUSTICE. VÉRITÉ. DIGNITÉ.

Et sur un slogan que la foule a repris en chœur :

« Sa'a debout ! PDC debout ! Cameroun debout ! »

Pour Simon Pierre Omgba Mbida et le PDC, la bataille ne fait que commencer. Les élections municipales et législatives de 2026 seront le premier test. L'objectif territorial prioritaire est le département de la Lékié. Et le message est clair : le PDC n'est pas un parti du passé. C'est un parti qui veut écrire l'avenir.

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