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© Camer.be : Paul Moutila
- 27 Jul 2025 11:24:24
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CAMEROUN :: Présidentielle 2025 : pourquoi le recours du MANIDEM sera balayé par le Conseil constitutionnel :: CAMEROON
Le rejet prévisible du recours du MANIDEM devant le Conseil constitutionnel camerounais n’est pas un incident isolé. Il s'inscrit dans une longue tradition de partialité des institutions camerounaises, où le droit est souvent mis de côté au profit d'intérêts politiques étroits. Le 26 juillet 2023, ELECAM a rendu publique la liste des treize candidats retenus pour l’élection présidentielle prévue en octobre 2025. Un document pourtant déjà largement diffusé sur les réseaux sociaux deux jours auparavant, notamment par un journaliste notoirement proche du pouvoir, sans réaction officielle.
Dans cette liste, l'absence de Maurice Kamto, principal opposant au régime, a confirmé les craintes d’une exclusion politique ciblée. Officiellement, c’est une double candidature du MANIDEM qui aurait motivé la disqualification. Pourtant, le RDPC, parti au pouvoir, a présenté deux candidatures sans susciter la moindre contestation juridique. L'incohérence dans l'application des règles électorales révèle une volonté manifeste d’écarter certains concurrents jugés dangereux pour l’ordre établi.
Le recours du MANIDEM auprès du Conseil constitutionnel ne devrait guère faire illusion. Cette institution, censée être le garant de la légalité du processus électoral, s’est habituée à se déclarer « incompétente » chaque fois qu’il s’agit de prendre une décision qui pourrait remettre en question la stratégie du pouvoir. Elle n’a jamais exigé, par exemple, la publication de la liste électorale nationale, pourtant essentielle pour garantir la transparence du scrutin.
Lorsque viendra le moment de proclamer la victoire de Paul Biya, cette même institution retrouvera soudainement sa compétence constitutionnelle, légitimant un processus biaisé de bout en bout. La logique est simple : fermer les yeux quand le droit dérange, les rouvrir pour certifier des résultats prédéterminés. Ce double standard détruit peu à peu la légitimité démocratique d’un système électoral en panne de confiance citoyenne.
En bloquant des candidatures comme celle de Kamto sur des bases contestables, les autorités judiciaires et administratives renforcent un climat de défiance. Elles sapent la crédibilité de l’élection à venir, accentuant la fracture entre un pouvoir figé et une jeunesse qui réclame transparence, équité et respect du droit.
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