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© Camer.be : Toto Jacques
- 26 Jul 2026 15:08:09
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Cameroun - Croqueuse de Diamants ferme ses activités d'injection
Sous pression de l'Ordre des médecins, Manuella Nimpa, alias Croqueuse de Diamants, annonce l'arrêt définitif de ses injections esthétiques au Cameroun.
Visée par une plainte de l'Ordre National des Médecins et récemment interpellée, l'influenceuse camerounaise Manuella Nimpa, alias « La Croqueuse de Diamants », annonce dans une lettre ouverte la fermeture définitive de ses activités d'injection esthétique.
Il y a une semaine encore, ses vidéos de « body filler » cumulaient des milliers de vues. Aujourd'hui, c'est une lettre d'excuses qui circule sous son nom. Entre-temps : une plainte, une descente de gendarmerie, une garde à vue. Le parcours de la « Croqueuse de Diamants » vient de basculer et avec lui, tout un pan de l'économie camerounaise de l'esthétique clandestine.
Une affaire qui couvait depuis des mois
La pratique du « body filler » l'injection de produits de comblement pour modifier le volume de certaines parties du corps, notamment les fesses, les hanches ou le visage s'est multipliée ces dernières années au Cameroun, portée par la visibilité des réseaux sociaux. Le ministère de la Santé publique avait déjà alerté sur la multiplication de ces offres, rappelant que ces actes relèvent strictement du domaine médical et ne peuvent être pratiqués que par des professionnels qualifiés, dans des structures sanitaires autorisées.
Les faits : une plainte, une arrestation, une garde à vue
Le 16 juillet 2026, le président de l'Ordre National des Médecins du Cameroun (ONMC), le Dr Rodolphe Fonkoua, annonce dans une note officielle avoir déposé plainte contre deux personnalités publiques : Kingsly Nembo, accusé de se présenter illicitement comme « docteur », et Manuella Nimpa, mise en cause pour la réalisation d'actes esthétiques invasifs notamment des injections de produits de comblement en dehors de tout cadre légal. Le lendemain, 17 juillet, l'influenceuse est interpellée à son domicile du quartier Makepe, à Douala, par des éléments de la gendarmerie, selon plusieurs médias camerounais concordants. Les deux dossiers ont depuis été transmis aux autorités compétentes, chargées de conduire l'enquête et d'établir les responsabilités.
Le tournant : une lettre ouverte et un mea culpa public
C'est dans ce contexte de pression judiciaire et médiatique que Manuella Nimpa a choisi de s'exprimer publiquement, dans une lettre ouverte adressée aux autorités et au peuple camerounais. Elle y reconnaît la gravité de la situation : « Depuis plusieurs jours, je me retrouve au cœur d'une vive polémique liée à mes activités dans le domaine de l'esthétique. Les réactions suscitées par cette affaire […] m'ont amenée à une profonde réflexion », écrit-elle.
L'annonce centrale de cette lettre est sans ambiguïté : « J'annonce ce jour la fermeture définitive de toutes mes activités liées aux injections esthétiques et à toute pratique susceptible d'être assimilée à un acte médical », affirme-t-elle, précisant agir « par respect pour les institutions de la République » et pour l'Ordre National des Médecins.
Elle y présente également des excuses formelles : « Mon intention n'a jamais été de mettre en danger la santé de qui que ce soit ni de manquer de respect aux lois de notre pays », écrit-elle, avant de solliciter la « clémence » des autorités et de ses compatriotes.
Ce que cela change concrètement
Cette annonce de fermeture volontaire n'efface pas la procédure judiciaire en cours. Les plaintes déposées par l'ONMC ont été transmises à la justice, qui reste seule compétente pour qualifier d'éventuelles infractions et déterminer les suites à donner au dossier. La cessation d'activité, si elle est réelle et durable, pourra être prise en compte par les autorités, mais elle ne constitue pas juridiquement un classement de l'affaire. Il convient donc de distinguer clairement l'engagement moral pris dans la lettre ouverte sur lequel aucune vérification indépendante n'a pu être établie à ce stade de l'issue judiciaire, qui reste à ce jour incertaine.
Enjeux : un signal envoyé à toute une industrie
Au-delà du cas individuel, cette affaire agit comme un signal d'alarme pour tout un secteur informel de l'esthétique invasive au Cameroun. Le ministère de la Santé publique avait déjà rappelé, dans un communiqué, que ces injections relèvent d'actes médicaux stricto sensu et exposent leurs pratiquants non habilités à des poursuites, tandis que leurs clientes s'exposent à des risques sanitaires réels : infections, nécroses, complications vasculaires des risques documentés dans plusieurs pays de la sous-région confrontés au même phénomène.
Perspective : la justice aura le dernier mot
La suite de cette affaire dépendra désormais de l'enquête judiciaire ouverte à la suite des plaintes de l'ONMC. Reste à savoir si l'engagement pris par Manuella Nimpa sera suivi d'effets concrets et durables, et si d'autres influenceurs opérant dans ce secteur non régulé suivront un chemin similaire, sous l'effet de la pression désormais exercée conjointement par le ministère de la Santé et l'Ordre des médecins.
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