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© Camer.be : Paul Moutila
- 02 Jun 2026 11:27:21
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IRAN :: Pourquoi les monarchies du Golfe pourraient payer la paix
Alors que les frappes militaires s’intensifient dans le détroit d’Ormuz, les négociations de paix butent sur une question non nucléaire : les réparations de guerre iraniennes, estimées à 270 milliards de dollars et une solution inattendue émerge : faire payer les monarchies du Golfe.
Le nucléaire ? C’était hier.
Aujourd’hui, ce qui bloque la paix entre les États-Unis et l’Iran, ce n’est ni l’enrichissement d’uranium, ni la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. C’est l’argent. Et pas n’importe quel argent : des réparations de guerre.
Les Iraniens exigent une reconnaissance financière de leur « victoire ». Les Américains refusent catégoriquement. Résultat : les bombardements continuent, les hors-bord iraniens brûlent, et une idée folle circule dans les chancelleries que ce soient les pétromonarchies arabes, alliées de Washington, qui mettent la main au portefeuille.
Pendant ce temps, le détroit d’Ormuz, artère vitale du pétrole mondial, devient le théâtre d’une guerre en trois phases. Et nous venons d’entrer dans la plus dangereuse : la phase financière.
Un blocage inattendu
On pensait que tout se jouerait sur les centrifugeuses iraniennes ou sur les missiles balistiques. Mais les négociateurs, réunis au Qatar, ont laissé fuiter une tout autre réalité : le point de friction numéro un, ce sont les réparations de guerre.
L’Iran considère avoir remporté une victoire stratégique face aux États-Unis et à Israël, notamment en tenant tête au blocus et aux frappes « défensives » selon le Pentagone menées à plus de 11 000 kilomètres de Washington.
« Les États-Unis bombardent des positions iraniennes dans le détroit d’Ormuz et appellent cela de la défense. À 11 263 kilomètres de chez eux. Posez-vous la question : qui défend quoi ? »
Analyse d’un expert géopolitique sous couvert d’anonymat.
Quatre militaires iraniens ont été tués aux commandes de hors-bord, selon des sources non officielles. L’Iran ne l’oublie pas.
La proposition sino-pakistanaise
Pékin et Islamabad ont avancé une idée surprenante : faire payer les réparations… par les États arabes du Golfe, plutôt que directement par les États-Unis.
Pourquoi ? Parce que ces monarchies (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Bahreïn, Koweït, Qatar) disposent de près de 6 000 milliards de dollars de fonds souverains. Et qu’elles sont, elles aussi, vulnérables à une fermeture du détroit d’Ormuz.
Officiellement, cette proposition circule encore à titre exploratoire. Mais elle a le mérite d’exister et d’irriter profondément Washington.
24 milliards libérés, puis la paix ?
L’Iran a posé ses conditions claires : libération de 24 milliards de dollars de fonds gelés dans les banques étrangères dont 6 milliards au Qatar, et des milliards en Corée du Sud, au Japon, en Inde, en Chine.
Selon un mémorandum d’accord non signé, la moitié (12 milliards) serait débloquée dès l’annonce d’un accord, le reste dans les 60 jours suivants.
Problème : les États-Unis refusent d’admettre qu’il s’agisse de « réparations ». Trump veut une solution qui ne ressemble pas à un aveu de défaite.
Les trois phases de la guerre du détroit
Nos confrères de l’agence Tass ont décrit un basculement inquiétant :
- Phase militaire : frappes, hors-bord, missiles. Toujours en cours.
- Phase géoéconomique : paralysie des hydrocarbures, engrais, hélium, acide sulfurique tout ce qui traverse Ormuz.
- Phase financière : l’Iran menace désormais les câbles Internet sous-marins qui relient l’Asie aux pétromonarchies. Une interruption pourrait provoquer une crise mondiale comparable à 2008, selon Tass.
« Nous ne sommes plus dans la guerre navale classique. Nous sommes dans la guerre des tuyaux et des fibres optiques. »
Les acteurs cachés de la "phase financière"
Deux noms émergent dans les coulisses de l’administration Trump :
Steve Feinberg secrétaire adjoint à la Guerre, patron du fonds d’investissement Cerberus Capital Management, qualifié par certains de « fonds vautour ». Sa vision : la guerre comme « une grosse affaire ».
Kevin Warsh nouveau gouverneur de la Réserve fédérale, gendre de Ronald Lauder, président du Congrès juif mondial et héritier d’Estée Lauder. Un profil éminemment politique et financier.
Ces nominations indiquent que la guerre a désormais une dimension économique assumée par Washington.
Des réparations à 270 milliards ?
L’Iran évoquerait un chiffre colossal : 270 milliards de dollars de réparations. Une somme sans commune mesure avec les 2 milliards d’actifs gelés directement aux États-Unis, ou les 120 milliards de dépôts saisis dans le monde entier.
Face à ce refus américain, une autre hypothèse circule : les États-Unis pourraient imputer ces réparations à cinq des six monarchies du Golfe Oman serait épargnée, en raison de son rôle de médiateur.
Et maintenant ?
Les négociateurs iraniens (Mohammad Ghalibaf, chef du Parlement réélu, et Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères) sont à Doha pour renforcer leur « défense financière ». L’objectif : récupérer les revenus pétroliers et les réserves bloquées.
Trump, lui, a convoqué une réunion « chorégraphique » à Camp David la résidence présidentielle où se prennent les décisions dramatiques.
La fenêtre de tir pour un accord semble se rétrécir. Mais l’arme iranienne la plus redoutable n’est ni un missile, ni un drone. C’est le levier financier : les 24 milliards bloqués, les 120 milliards sous sanctions, et les 6 000 milliards des voisins arabes.
La paix aura un prix. Reste à savoir qui le paiera.
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