Décès du Colonel Kalkaba Malboum
CAMEROUN :: SOCIETE

CAMEROUN :: Décès du Colonel Kalkaba Malboum :: CAMEROON

Avec le décès du Colonel Hamad Kalkaba Malboum, survenu ce 13 mai 2026, c’est un destin exceptionnel qui s’achève, celui d’un homme qui aura porté très haut les couleurs de son pays, aussi bien dans l’armée, dans le sport, que dans un domaine plus discret mais tout aussi remarquable : la musique.

Né le 11 novembre 1950 à Kawadji, près de Kousséri, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, Hamad Kalkaba Malboum incarnait cette génération d’hommes bâtis par l’effort, la discipline et l’audace. 

Parti de son petit village natal, il a su, à force de travail, d’esprit d’innovation et d’une volonté hors du commun, poursuivre avec succès ses deux grandes passions : le service de la nation et la culture.

Sa carrière militaire l’a conduit jusqu’au grade de Colonel au sein de l’armée camerounaise. Parallèlement, il s’est imposé comme l’un des plus grands dirigeants sportifs africains de son époque. Président du Comité National Olympique et Sportif du Cameroun depuis 1998, président de la Confédération Africaine d’Athlétisme, puis vice-président de l’Association Internationale des Fédérations d’Athlétisme (devenue aujourd’hui World Athletics ) il aura contribué au rayonnement du sport camerounais et africain sur les plus grandes scènes internationales.

Derrière l’homme d’institutions et de responsabilités vivait aussi un artiste passionné, une facette moins connue du grand public, mais pourtant essentielle pour comprendre l’homme qu’il était.

Dans les années 1970, alors que souffle un vent de modernité sur les musiques africaines, Hamad Kalkaba Malboum participe à une aventure musicale avant-gardiste aux côtés de musiciens tels que Ze Bella, Elamau ou André Destin Ndenga au sein du mythique groupe The Golden Sounds. 

Ensemble, ils entreprennent un travail audacieux : moderniser les rythmes traditionnels camerounais grâce aux synthétiseurs, aux guitares électriques et aux boîtes à rythmes, tout en restant profondément enracinés dans les identités culturelles de leurs régions respectives.

Hamad Kalkaba excelle alors dans l’exploration des sonorités du Nord-Cameroun. Dès 1971, le groupe sort le 45 tours Nord-Cameroun Rhythms, avec notamment les titres Lamido et Astadjam Dada Sare, composés par lui. 

D’autres chansons comme Touflé ou Fou Sé Allah témoignent également de cette créativité rare, mêlant traditions sahéliennes, rythmes populaires et modernité musicale.
Des décennies plus tard, en 2017, le label Analog Africa redonne vie à cette œuvre en rééditant Hamad Kalkaba and The Golden Sounds 1974-1975, permettant à une nouvelle génération de découvrir la richesse artistique de cet homme que beaucoup ne connaissaient qu’à travers ses fonctions officielles.

Aujourd’hui, en lui rendant hommage, il est important de se souvenir non seulement du haut responsable sportif et du militaire respecté, mais aussi du musicien visionnaire qu’il fut.

Son parcours est celui d’un fils du Sahel qui, sans jamais renier son identité, aura su faire dialoguer tradition et modernité, engagement et créativité, discipline et art.

Que sa mémoire demeure vivante.

Et que ses œuvres, dans les stades comme dans les mélodies, continuent de résonner longtemps encore.

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp 

Lire aussi dans la rubrique SOCIETE

Les + récents

partenaire

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo


L'actualité en vidéo