Baloum : le chef, son fils et sept complices présumés en garde à vue
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Le chef supérieur de Baloum, Noussi Pokam Charly Constant, son fils et sept autres personnes ont été placés en garde à vue administrative à la prison centrale de Bafoussam, soupçonnés d’avoir participé au lynchage et à l’immolation de deux jeunes hommes accusés sans preuve de vol de tôles.

Il avait 20 ans. Ou 32 ans, selon les sources. Peu importe le chiffre. Ce qui compte, c’est qu’il était vivant. Qu’il avait un nom : Steve Achille Diffo Sijamo. Qu’il avait un métier : chaudronnier-soudeur. Qu’il avait une voix. Et que cette voix a crié « Je n’ai rien volé ! » jusqu’à ce que les flammes l’étouffent.

C’était le 5 juin 2026, dans le petit village de Baloum, arrondissement de Penka-Michel, région de l’Ouest du Cameroun. Accusé par des villageois d’avoir dérobé des tôles en aluminium, Steve a été traîné jusqu’à la chefferie, ligoté, roué de coups, puis brûlé vif sous le regard de celui qui était censé protéger sa communauté : le chef supérieur Noussi Pokam Charly Constant.

Un ami, Bostel Kemta, a connu le même sort. Deux vies consumées. Un silence assourdissant. Puis, une vidéo. Et le Cameroun qui se réveille.

Le drame : un supplice sous autorité coutumière

Baloum est un village comme tant d’autres dans l’Ouest Cameroun. Une chefferie, des cases, des champs, une école. Rien ne laissait présager que ce lieu deviendrait, le 5 juin 2026, la scène d’un crime d’une violence inouïe.

Ce jour-là, Steve Achille Diffo Sijamo et son ami Bostel Kemta se rendent à Baloum. Le premier est chaudronnier, le second réside dans le village. Ils ont un projet : effectuer des travaux de chaudronnerie dans la maison familiale de Bostel. Mais quatre individus interpellent Steve, le ligotent et le conduisent à la chefferie pour un tribunal coutumier improvisé.

L’accusation ? Vol de tôles en aluminium sur les toitures des écoles et dans les lieux sacrés du village. Aucune preuve. Aucune plainte déposée. Juste une rumeur, puis une foule.

Une vidéo d’une minute trente, authentifiée par plusieurs sources et largement diffusée sur les réseaux sociaux, montre l’innommable : Steve, ligoté, assis à même le sol, face à celui que sa mère identifie comme le chef de village, Noussi Pokam Charly Constant. Le chef conduit lui-même une sorte d’interrogatoire. Le jeune homme nie. Il supplie. Il crie qu’il n’a rien volé. Mais personne n’écoute.

Des pneus sont empilés. De l’essence est versée. Une flamme est allumée. Steve Diffo meurt dans la cour de la chefferie, sous les yeux du chef. Bostel Kemta subit le même sort.

La fuite, la traque et la reddition

Dans les jours qui suivent, le Cameroun découvre l’horreur. Les vidéos deviennent virales. L’indignation est immense. Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de la Menoua, à Dschang, émet le 15 juin 2026 un mandat d’amener national contre le chef de Baloum.

Noussi Pokam Charly Constant, né le 18 août 1971 à Baloum, entre en cavale. Pendant douze jours, il est activement recherché. Mais le mercredi 17 juin 2026, il se rend aux autorités judiciaires. Une décision qui interroge : acte de repentir ou stratégie de défense ?

L’intervention du gouverneur et les arrestations

Le gouverneur de la région de l’Ouest, Augustine Awa Fonka, prend l’affaire en main. Le 19 juin 2026, il signe un arrêté ordonnant la garde à vue administrative du chef traditionnel, de son fils et de plusieurs autres personnes soupçonnées d’implication dans le double meurtre.

Dans la nuit du 17 au 18 juin 2026, cinq nouveaux suspects sont interpellés par les éléments de la gendarmerie nationale. Le compte passe à neuf.

Neuf personnes écrouées à Bafoussam

Les neuf suspects, désormais détenus à la prison centrale de Bafoussam, sont:

1. Noussi Pokam Charly Constant – chef supérieur de Baloum
2. Noussi Wamba Loïc – fils du chef
3. Fonkoua Bryan
4. Numbe Alban
5. Foka Kengni
6. Tazifoe Tegang
7. Paguy Victor
8. Djoni Jordan
9. Fotsi Alain

Ils sont placés en garde à vue administrative pour une durée de 15 jours, éventuellement renouvelable. À ce stade, ils bénéficient de la présomption d’innocence.

Les chefs d’accusation

La plainte déposée le 12 juin 2026 auprès du procureur de la République près les tribunaux de la Mifi à Bafoussam vise directement le chef traditionnel et ses complices. Les chefs d’accusation sont lourds:

- Assassinat et complicité d’assassinat
- Séquestration et torture
- Association de malfaiteurs
- Non-assistance à personne en danger
- Destruction de preuves
- Outrage à cadavre

Une procédure judiciaire en attente

Aucune procédure judiciaire officielle n’a encore été annoncée par le procureur de la République. Les investigations se poursuivent afin d’établir les responsabilités exactes de chacun.

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